‹ La Corse et son avenirChapitre 150 sur 256 · CHAPITRE QUATORZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATORZIÈME

En 1851, il revint au mois de juin. Celle fois les bains furent pris d’abord à une très-douce température , 25 degrés. Ils furent bien supportés. Au bout d’un mois , la sensibilité revenait à la peau , la marche semblait s’effectuer un peu. Enhardi par ce résultat, le malade se soumit aux douches descendantes. 11 en prit vingt-deux et cinquante bains. Le résultat ne trompa pas son attente empressée. Le 1er novembre il pouvait s’en aller, marchant sans béquilles et ne conservant presque plus aucune trace de son ancienne affection. Les bains n’ont commencé à agir sur les organes locomoteurs que quand l’épanchement cérébral a été entièrement résorbé et que la pulpe cérébrale a perdu sa susceptibilité et sa disposition aux congestions nouvelles. »

En présence de pareils exemples, on est obligé de proclamer hautement que les eaux de Guagno sont d’une efficacité remarquable.

Les bains de Guagno sont ouverts le 1" juin et se ferment le 30 septembre. Pour les militaires, il y a deux saisons. La première commence le 1" juin et expire le 30 juillet. La deuxième s’ouvre le lwaoût et se ferme fin septembre. Pendant ces quatre mois les , bains de Guagno présentent l’aspect le plus animé et offrent le charme le plus attrayant aux visiteurs qui nffluent de tous les points de la Corse, les uns pour guérir leurs maux, les autres pour jouir des plaisirs séduisants que l’on trouve à Guagno.

Les promenades dans l’intérieur d’une forêt magnifique , les excursions sur des montagnes gigantesques qui rappellent si bien celles de la Suisse, les danses deux

et trois fois par semaine, les jeux, la pèche aux truites, enfin les enchantements d’une société élégante et choisie, sont autant d’attraits qui n’échappent à personne et qui attirent aux eaux do Guagno, dès leur ouverture, l’élite de la société de la Corse. Peu de fonctionnaires publics négligent de faire une petite apparition dans ces beaux parages où l’œil contemple à la fois les ravissants panoramas d’un pays qu’on dirait sorti hier des mains de Dieu, et l’étincelante beauté d’un ciel pur, favorisé à tous égards. Aussi tout le monde aime ce séjour enchanteur, tout le monde fait des vœux pour la prospérité de cette branche industrielle de la Corse.

Peut-être nous trompons-nous, mais nous avons un pressentiment qu’un jour (et ce jour n’est peut-être pas éloigné) les eaux de Guagno jouiront d’une réputation européenne. Déjà ces eaux sont connues de toute l’armée française. Que de braves soldats sont venus à Guagno avec le désespoir dans l’àme et en proie aux douleurs les plus mortelles suite de maladies ou de blessures graves, et s’en sont retournés le cœur satisfait, l’esprit tranquille après avoir été complètement guéris 1 Mais ce n’est pas tout encore : si lés eaux de Guagno possèdent des vertus curatives d’un grand mérite , si elles ont la faculté de rétablir les santés délabrées et de donner la vie aux membres morts, si, eu un mot, elles rendent d’immenses services à l’humanité souffrante, leur importance se fait également sentir sous le double point de vue de la civilisation et des intérêts matériels.

L’hôpital militaire surtout est de la plus grande utilité, car il est reconnu aujourd’hui que C£t établissement facilite et développe les germes d’une prospérité

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