‹ La Corse et son avenirChapitre 168 sur 256 · CHAPITRE QtTXZIKME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QtTXZIKME

Nous savons aussi qu’elle possède des mines susceptibles d’être exploitées avec avantage; par conséquent nous sommes autorisé à espérer qu’aujourd’hui que l’élan est donné , l’industrie métallurgique en Corse s’étendra tous les jours de plus en plus, soit que l’on tire le minerai de l’île d’Elbe, soit qu’on le tire des mines indigènes.

Cette industrie étant appelée à un grand développement, nous pensons qu’il est utile de présenter quelques réflexions relatives à la situation des usines à créer et à la force motrice des torrents.

Situation des usines. Le bon sens indique que l’usine doit être, placée de telle sorte que la somme dépensée pour les transports soit la moindre possible, et bien qu’il soit évident qu’on ne puisse satisfaire cette condition qu’en se rapprochant le plus possible des forêts, quelques-uns prétendent, cependant, que l’usine devrait être nécessairement construite près du rivage. Entrons dans l’hypothèse de ceux-ci ; supposons comme eux l’existence d’un haut fourneau et de ses aflinerics placés sur le rivage ; supposons aussi une usine toute semblable établie près des bois , comme nous le proposons, et pour simplifier la question, évaluons h une journée de marche la distance qui sépare les bois du rivage.

Nous savons que pour produire 100 kilog. de fer

» des chênes verts, sinon du charbon, après qu’on en aura tiré des t pièces de charronnage et manches d'outils.

* Le charbon de chêne vert est d’ailleurs de très -bonne qualité ; et » pour les usages métallurgiques, on le mélangera toujours avec avau- » tage a celui qu’on obtiendra des débris des jpins lariccio et des pins R maritimes qui , avec les chênes verts , forment les essences dominantes » en Corse. *

par la méthode indirecte, il faut environ 400 kilog. de charbon et 220 kilog. de minerai. L’usine placée sur le rivage ne payera donc aucun transport par terre pour son minerai ni pour conduire son produit à la mer ; mais chaque quintal métrique de fer exigera quatre journées de mulet et coûtera environ 1 0 francs ; or , le lendemain , les quatre mulets remonteront à vide, et ce travail négatif coûtera encore une somme égale, car en industrie le temps se paye aussi bien que la force vive.

L’usine située près des bois, au contraire, dépensera en transports par terre , savoir : deux journées et un cinquième pour le port de 220 kilogrammes de minerai, et le lendemain l’un des mulets descendra à vide, et l’autre portera au rivage le quintal de fer produit par les 220 kilogrammes de minerai, de sorte que l’usine située près des bois n’aura dépensé en transports que moitié environ de celle qui est située sur le rivage, et dans l’hypothèse où se placent les partisans du système contraire , elle aura fait sur celle-ci une économie annuelle de 12,000 francs.

Sans doute les choses ne se passeront pas tout à fait ainsi , mais cet exemple nous a paru propre à démontrer d’une manière sensible que ce n’était point nécessairement près du rivage , mais bien nécessairement près du combustible, près des forêts, que les forges devront être construites.

Il ne nous semble pas possible que la fabrication du fer puisse être séparée du commerce des bois, s’il s’opère sur une vaste échelle; car il est à remarquer que si l’on renonçait à utiliser sur place , à la fabrication du fer par exemple, les énormes débris que

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