‹ La Corse et son avenirChapitre 169 sur 256 · CHAPITRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUINZIÈME

laissera l’exploitation de ces forêts, les chars, après avoir déposé leur bois à la mer, remonteraient à vide, tandis qu’en créant dans le voisinage des forêts, soit des forges catalanes, soit des hauts fourneaux, ces usines se trouveraient alimentées de minerai presque sans aucun excédant de dépense de transport , et sensiblement au même prix que si elles se trouvaient situées sur le bord de la mer. II est vrai qu’en rapprochant ainsi ces forges des forêts, on augmentera de tout leur produit la masse des transports descendants; malgré cette circonstance , nous croyons qu’il y a , à bien calculer, grand avantage à créer les usines près des forêts.

Force motrice. La force motrice des torrents est un des éléments les plus importants de la construction des usines; c’est là une de ces trivialités que nous aurions honte d’écrire, si nous ne nous étions aperçu que des acquisitions fort considérables avaient été faites sur quelques points de la Corse , sans que les acquéreurs eussent seulement songé à cette considération. Ainsi , en 1840, une somme de 200,000 francs a été consacrée à l’achat de forêts de chênes verts, dans une des vallées du sud, en vue d’y créer un certain nombre de forges, et l’on a découvert plus tard que la faiblesse habituelle du cours d’eau, que ses intermittences, ne permettraient probablement pas à ces usines de travailler six mois par an. Nous recommandons en conséquence aux industriels de bien étudier la nature des cours d’eau, généralement fort capricieux, qui sillonnent le sol de la Corse. Les chutes sont nombreuses et fortes, malheureusement le volume d’eau est très-variable pour un même point, et il importe énormément

de connailrc sa valeur minima au moins par approximation, pour le point où l’on se proposerait d’établir des forges. Xous trouvons à ce sujet , dans l’ouvrage de M. Robiquet, quelques jaugeages approximatifs opérés par M. Hucherot, conducteur des ponts et chaussées. Nous les transcrivons ici, en y ajoutant d’autres mesures également approximatives, prises par M. Richard, ingénieur.

Nous marquons d’un H les résultats de M. Hucherot, et d’un R ceux de M. Richard.

Valeur approximative du volume d'eau débité par quelques torrents de la Corse à diverses époques.

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