‹ La Corse et son avenirChapitre 181 sur 256 · CHAPITRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUINZIÈME

tains, qui viennent mettre à contribution les richesses ichthyologiques de la Corse. 11 en résulte la plus triste décadence de la marine de cabotage. Sous l’impulsion d’une compagnie puissante, qui organiserait une flottille de bateaux de pêche , la Corse serait en état de fournir à Marseille toutes les variétés de poissons de la Méditerranée.

«Malheureusement, dit M. Conti1, ce n’est pas la seule source de richesse qui reste improductive parmi nous. Il existe dans le golfe de cette ville des bancs d’huîtres dont les quulités sont supérieures à celles si estimées de Cancalc et de Marcnnes; ils pourraient être l’objet d’un trufic facile et considérable avec Marseille, qui fait venir ses huîtres de Paris ; et nous n’avons pas même de dragues pour les pêcher; et c’est à peine si de loin en loin les habitants de la ville ont la faveur d’en goûter.

« Il en est de même pour le thon et les sardines, qui abondent dans nos parages; nous n’avons pour les pêcher ni madragues ni filets, tandis que les ports de la Provence emploient 1000 à 1200 barques à ces pêches, dont le produit est expédié en tonneaux, en boîtes, en bouteilles, dans l’intérieur de la France, aux colonies, aux États-Unis, en Espagne, en Italie et dans le Levant. »

La même compagnie pourrait aussi mettre à exécutiou pourla pêche du corail l’arrêté consulaire delSOP. Le corail abonde sur les côtes , comme nous l’avons

1 Discours prononcé le 30 janvier 1853, à l’occasion de l'inauguration • du comice de l’arrondissement d’Ajaccio.

1 Cet arrêté portait qu’une manufacture de corail allait être établie à Ajaccio, en vue d'encourager cette pèche. Les dispositions de cet arrêté ne furent jamais mises à exécution.

démontre par l’estimation du produit d’un certain nombre de bateaux en une seule année. Ce produit est employé dans la bijouterie de toutes les nations, et il est évident qu’en y consacrant des capitaux assez importants, on recueillerait d’immenses bénéfices.

Telles sont les industries que nous voudrions voir introduire ou perfectionner en Corse. Nous en avons sans doute oublié d’autres; mais l’extension de celles que nous avons mentionnées suffirait pour assurer la prospérité de notre pays, y développer une activité féconde, y détruire l’oisiveté, et produire des résultats favorables au bien-être et à la civilisation. Ce n’est point pour la Corse seule que nous plaidons, la France tout entière profilerait largement de l’exploitation des trésors d’un département riche d’avenir et trop longtemps méconnu.

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