‹ La Corse et son avenirChapitre 180 sur 256 · CHAPITRE QITXZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QITXZIÈME

portation cesserait , et la compagnie profiterait des bénéfices que réalisent de nos jours plusieurs fabricants du continent.

Sdcrehie. C’est presque exclusivement dans les départements septentrionaux de la France que la culture de la betterave s’est propagée. La Corse y est évidemment propre, surtout dans les riches terrains d’alluvion de la plaine orientale, dont nous réclamons avec instance l’assainissement. Il est à notre connaissance qu’uno compagnie placée sous le patronage de hauts dignitaires de l’empire va se constituer avec un capital considérable pour l’exploitation d’une fabrique de sucre de betterave. Peut-être pourra-t-on utiliser plus tard la canne à sucre, dont les essais ont si bien réussi au jardin des plantes d’Ajaccio, il serait également possible de tirer parti de la figue de Barbarie , qui contient de la matière sucrée en grande quantité, et qui croît jusqu’à présent, sans profit pour personne, sur les rochers les plus arides.

L’exemple de la compagnie qui va se former, et qui est appelée à un grand avenir, aura infailliblement une heureuse iniluence sur l’industrie sucrière en Corse.

Manupactube df, toiles. C’est de Lyon, de Rouen et antres villes que viennent presque toutes les toiles consommées en Corse, où l’on ne fabrique que des toiles de qualité inférieure. 11 est permis de promettre un succès éclatant à toute compagnie qui établirait une manufacture de toiles en grand au centre de la Corse, par exemple à Corle. Elle aurait à sa disposition des quantités considérables de chanvre et de lin de premier choix, avec lesquels on pourrait obtenir les plus fines étoffes. La consommation intérieure offrirait un

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débouché certain, et la Corse s’enrichirait en s’affranchissant d'un tribut qu’elle paye au continent.

Parfumerie. M. Rlanqui a dit :

u Les plantes aromatiques du pays sont douées des propriétés les plus énergiques; dans certaines vallées l’air parait saturé de leurs émanations, et l’on rencontre des tubéreuses de trente centimètres qui se balancent sur des tiges de quatre à cinq pieds, comme sous la zone torride. C’est là que l’industrie des parfumeurs devrait établir ses grands ateliers de fabrication d’huiles essentielles, qui assurent à la seule ville de Grasse un revenu aunuel de plusieurs millions. »

Après un pareil témoignage, il est suffisamment démontré que les industriels qui établiraient des laboratoires pour la distillation des essences et des huiles aromatiques obtiendraient des produits supérieurs, et rivaliseraient avec les célèbres manufactures de Grasse.

Moulins a huile. Nous avons dit que l’huile produite en Corse était souvent trouble et avait une saveur qui la faisait repousser des tables. Et pourquoi? Uniquement parce que les méthodes d’extraction sont mauvaises. Si l’on avait des huileries à vapeur montées sur un grand pied, avec tous les perfectionnements récemment introduits dans cette industrie, on donnerait aux huiles corses une pureté, une limpidité et un goût qui les placeraient bientôt au même rang que les huiles d’Aix. Ce serait une spéculation des plus avantageuses que celle d’une huilerie telle que nous l’indiquons, car l’huile ne coûte guère en Corse qu’un franc le kilogramme, tandis qu’elle se vend deux et même quatre francs sur le continent.

Minoterie. Moulins a blé. La Corse importe plus de

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deux millions de kilogrammes de farine. Le blé est porté à Marseille et revient surchargé de dépenses d’aller et retour, ainsi que de frais de courtage et de commission. Déjà on a établi quelques minoteries qui tendent à se perfectionner, et que nous ne saurions trop encourager dans leurs utiles tentatives. Il serait essentiel de multiplier ces essais, de mettre à profit les nombreux cours d’eau qui sillonnent la Corse, et d’employer le puissant agent de la vapeur. Il y aurait économie pour le pays et bénéfice pour les industriels. Nous ne saurions aussi trop recommander aux propriétaires de moulins de perfectionner leurs meules, qui sont tellement défectueuses, qu’avec des blés de la plus belle qualité on n’obtient que des farines de qualité secondaire.

Charbonnage. Celte industrie acquiert de jour en jour plus d’importance. Déjà, nous l’avons dit, on exporte à Marseille une grande quantité de charbon. Une quantité non moins considérable alimente les usines nouvellement créées. L’exploitation forestière de la Corse doit nécessairement acquérir un jour de vastes proportions , et ce jour n’est pas éloigné. La fabrication du charbon s’accroîtra dans une égale mesure, puisqu’on sera intéressé à tirer parti des branches obtenues par l’élagage.

Salines. Voici ce que dit M. Gueymard :

« Il existe au fond du beau golfe de Porto-Vecchio, au sud et au nord-est du bourg de ce nom, des salines qui furent établies en 1795 par J. P. Iloccasera, un des plus riches propriétaires de cette partie de l’île.

» Les eaux du golfe se rendent , par l’effet de la marée, dans un premier réservoir longitudinal. On a

établi des vannes pour y inlroduire les eaux lors de la marée montante, et pour les retenir lors de la marée descendante. Cette marée , souvent nulle , s’élève quelquefois jusqu’à la hauteur de trois pieds.

» Les eaux du bassin longitudinal se distribuent dans les premiers réservoirs, puis successivement dans les seconds et troisièmes , au fur et à mesure de l’évaporation spontanée. C’est dans la série des troisièmes réservoirs que se fait le sel.

» On ouvre la campagne dans le mois de mars ; on nettoie les réservoirs ou casclles ; on bat la terre quand elle n’est pas ferme. On introduit les eaux de la mer vers le 15 avril, et la dernière récolte se fait en septembre, quelquefois en octobre. La série des trois réservoirs donne souvent trois récoltes de sel : la première est la plus blanche, la seconde la meilleure pour les usages domestiques, et la dernière la moins estimée. On les mélange quelquefois pour n’avoir qu’une seule qualité, n

La Corse importe une grande quantité de sel. Il serait donc indispensable d’établir des salines sur plusieurs points des côtes orientales et occidentales , qui se prêtent admirablement à celle industrie. Le sel, qui n’entre maintenant que dans la consommation alimentaire, pourrait être utilisé tant pour l’engraissement des bestiaux que pour l’amendement des terres, sur lesquelles tous les agronomes ont signalé son action énergique.

Pêcheries. Les côtes de la Corse sont très-poissonneuses , et il y a à Ajaccio des bancs d’huitres qui ne sont pas exploités. Les pêcheurs sont en petit nombre ; ce sont des étrangers, et particulièrement des Napoli-

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