SORTIR
Produits et dépouilles
d animaux.
franc*, cent.
francs, ccnt.
franc*, cent.
Viande de porc salée
Fromages de Sardaigne \ .
100 kil.
100 kil.
Autre»
100 kil.
Idem.
Teintures et tannins.
Ecorce (seconde) du chéncliégc, brute ou non mou-
lue ♦
100 kil.
Prohibée \
Feuilles de myrte
100 kil.
Exempt.
Exempt.
Tissus de lin ou de chanvre.
Dentelles
La valeur.
Autres
Idem.
Moitié des droits portes au tarif général pour tous les articles compris sur cette dénomination.
Tissus de fleuret
1 kil.
1 La tarification spéciale dont il est ici question n'est applicable qu'aux fromages venant de j’île de Sardaigne même. — Ceux qui sont importés de toute autre partie des Etats sardes sont assujettis à la taxe générale qui affecte , à l'entrée en Corse , les fromages étrangers.
2 Aux termes de l’ordonnance du 20 juin 1842 et de la loi du 9 juin 1845, la prohibition de sortie établie à l’égard de la seconde écorce du chêne -liège n'atteint pas les expéditions qui sont dirigées de l'ile de Corse sur les ports de l'Algérie soumis à la domination française ; mais, comme l'a explique la circidairc n° 1921, ces expéditions ne peuvent avoir lieu que sous la garantie d'un acquil-à-caution , afin qu’on puisse s'assurer que les écorces ainsi exportées ont accompli leur destination , c'est-à-dire quelles n’ont pas été conduites ailleurs que dans l’un des ports de nos possessions en Afrique en faveur desquels il est dérogé à la prohibition.
Ce que le commerce pourrait être en Corne.
D’après les tableaux qui précèdent, il est facile de reconnaître que , sous le rapport du mouvement commercial , la Corse est de beaucoup en arrière.
L’agriculture et l’industrie ayant fait peu de progrès , le commerce ne pouvait pas y prendre une plus grande extension. Cependant l’île de Corse alimente de ses produits non-sëulement les marchés de l’étranger, mais aussi ceux du continent français, malgré les entraves que nous avons à signaler.
Les produits que la Corse verse sur le marché de Marseille sont les huiles, les châtaignes, les oranges, les merles, les bois, les fers, etc.
La quantité des marchandises importées en Corse, venant de France et ne figurant pas dans les tableaux des matières importées, sont assez considérables.
On peut évaluer à trois millions et demi le chiffre des exportations, et à environ neuf millions le montant des importations.
M. Conli a établi ainsi, en 1853, le bilan de la Corse :
Recettes.
franc*.
Montant des exportations 3,147,000
Subsides accordés par l'Etat 4,418,000
Contributions et recouvrements divers. . . . 2,000,000
Total 9,565,000
Dépenses.
francs.
Importations 8,565,000
Salaires emportés par les l.ucquois 1,000,000
Totai 9,565,000
CHAPITRK SK1ZIKMK.
« La balance de ce bilan , dit-il , démontre donc que les sommes qui sortent de la Corse sont égales au montant de ses recettes; qu’il n’existe, par conséquent, aucun excédant qui puisse être employé à l’augmentation de ses produits. Cette augmentatiou serait au surplus en pure perte, puisque leur écoulement ne pourrait avoir lieu , faute de consommateurs au dedans, et à cause de leur cherté relative au dehors. C’est ce qui fait que la somme de jouissance réservée aux habitants de l’ile se borne à la faculté de vivre. »
Le régime douanier que la France a imposé a la Corse est sans contredit un obstacle qui paralyse l’essor du commerce. Nous avons vu qu’un certain nombre de marchandises venant de Corse sont considérées dans les ports français comme marchandises venant de l’étranger, et comme telles elles sont frappées des mêmes droits à l’entrée. Une pareille loi compromet inévitablement les intérêts matériels de l’ile de Corse.
Assimiler ce département dans ses relations avec la France à un pays étranger, c’est à nos yeux à la fois une injustice et une erreur.
Nous nous demandons comment il se peut que le législateur et l’homme d’iitat n’aient pas vu dans cet état de choses une anomalie qui s’accorde peu avec les idées de progrès sur lesquelles repose de nos jours l’édifice social ; nous sommes étonné qu’on ne soit pas encore suffisamment convaincu de l’opportuuilé de reviser complètement et sans restriction le système douanier exceptionnellement élaboré pour la Corse, et que personne ne se soit érigé en défenseur des intérêts d’un pays qui a droit d’être traité sur le pied de l’égalité, et non de l’exception.
Nous avons démontré l’importance qu’acquerront un jour en Corse l’agriculture et l’industrie. Les moyens pour y arriver sont nombreux, et aucun n’offre de difficultés sérieuses dans leur exécution; c’est pourquoi il est urgent d’aller à leur devant.
Les améliorations que nous sollicitons du gouvernement ne peuvent lui être importunes, car elles sont bien simples, et il nb faut pour les réaliser que l’intervention d’un homme d’Etat qui ait de la portée dans l’esprit, de la volonté dans le caractère, du patriotisme dans le cœur.
Celles que nous avons envisagées comme étant du domaine des particuliers ne sont au-dessus, comme nous l’avons constaté, ni de leurs ressources ni de leurs efforts ; ils n’ont qu’à les vouloir et à s’entendre pour arriver bientôt au but.
Parmi les moyens qui doivent concourir à l’œuvre civilisatrice de la Corse , il en est un bien puissant : c’est celui de la nécessité de doter ce département d’une loi de douane plus équitable, plus en rapport avec ses besoins.
Des raisons d’économie politique, fortifiées par des raisons d’un ordre plus élevé, réclament impérieusement la révision de celle qui régit aujourd’hui cette matière. Laisser dans l’oubli une telle question, c’est condamner une contrée française riche d’avenir à un
état d’immobilité regrettable; c’est vouloir y arrêter la marche régulière du progrès qui, en assurant la richesse et le bien-être de l’ile , servirait d’une manière aussi directe les destinées de la mère patrie.
Les transactions, les échanges sont seuls capables d’activer la production ; donc, travailler dans le but de