CHAPITRE SEIZIÈME
fins de dessert. En admettant qu’on se borne à vendre ce vin à raison de 80 francs l’hectolitre , il rentrera en Corse 8 millions de francs.
Mais ce n’est pas tout encore, la Corse devrait exporter des fromages de plusieurs qualités. L’éducation mieux comprise du bétail accélérera le moment où , comme la Sardaigne , elle tirera d’immenses bénéfices de cette industrie agricole.
Le coton, l’indigo, la cochenille, le houblon, la garance, etc., réussissent bien. Ces cultures peuvent devenir très-lucratives; mais jusqu’à présent on s’est contenté de faire des essais. Si un jour la production devient importante, l’écoulement en sera d’autant plus facile que la France, étant dans la nécessité de s’approvisionner sur les marchés de l’étranger, ne demandera rien tant que de recourir aux produits de la Corse, produits qu’on pourra offrir au commerce aux mêmes conditions que les producteurs étrangers.
L’exploitation des richesses forestières de la Corse a lieu sur plusieurs points. Déjà on embarque pour Marseille et pour l’Italie de grandes quantités de bois de menuiserie et de constructions navales. Toutefois ces exploitations ne sont que partielles. Le jour où une exploitation générale sera arrêtée en principe, ce jourlà le département de la Corse exportera annuellement au moins 150, 000 mètres cubes de bois de première qualité , sans que les forêts domaniales et communales diminuent de leur valeur, sans qu’elles soient dégarnies au préjudice de l’avenir.
L’exploitation des marbres que nous connaissons ajoutera encore à l’importance du commerce de ce pays. Les marbres sont beaux. Les produits de ce
genre n’abondent pas en France, puisqu’elle est obligée d’en importer pour plus de 10 millions; par conséquent nous avons lieu d’espérer qu’un jour viendra où on recourra aux marbres de notre île pour décorer les monuments publics et privés qui se multiplient à mesure que le goût s’épure et devient plus exigeant.
Les usines et ateliers qu’on établira bientôt au centre des exploitations fourniront pour l’exportation une immense quantité d’articles de marbrerie, tels que cheminées, autels, colonnes, tombeaux, tables, socles, baignoires, fontaines, bassins, pendules, bénitiers, balustres, vases, escaliers, mortiers, dalles, carreaux, panneaux, etc.
Par l’exploitation des marbres on aboutira à un autre succès. On fabriquera une grande quantité de chaux qu’il sera facile d’exporter sur le continent.
Donc, ce n’est pas seulement en développant la production industrielle et en donnant du travail aux classes laborieuses que la compagnie marbrière de la Corse se liera aux intérêts économiques du pays , elle s’y rattachera au titre tout particulier d’institution éminemment agricole.
Enfin, si l’induslrie prend un grand essor, comme tout semble l’annoncer, nous verrons alors la Corse verser sur le continent de nombreux produits de ses usines, de ses chantiers de construction, de scs manufactures, etc. Nous la verrons rivaliser avec les pays où l’industrie est pour ainsi dire monopolisée depuis des siècles.
Ces résultats nous sourient; ils peuvent être obtenus facilement. Nous démontrerons plus loin à quels moyens