‹ La Corse et son avenirChapitre 202 sur 256 · CHAPITRE DIX-SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-SEPTIÈME

D’après cet exposé el celle démonstration , on ne peut que louer les idées élevées de M. Conli. Comme lui nous ne voyons pas quelle difficulté sérieuse pourrait rencontrer l’application de son système dans les conditions où il est présenté aujourd’hui. L’opinion d’un grand nombre d’hommes compétents, les discussions de la presse , ne nous laissent aucun doute à cet égard. Ajoutons que le petit mouvement de reprise qu’on signale dans les affaires sur divers points de la Corse, et le nouvel essor que l’agriculture et l’industrie sont appelées à prendre dans un avenir prochain , ne feraient qu’accroître l’utilité de la banque agricole et commerciale.

Jusqu’ici nous avons traité chaque question séparément, et réclamé pour la Corse les institutions strictement nécessaires dans chaque spécialité; mais ne serait-il pas possible de répondre à tous les besoins par une vaste organisation qui assurerait le crédit à l’industrie comme à l’agriculture, et réaliserait simultanément le progrès dans toutes les branches avec une force irrésistible? Ne serait-il pas possible, disonsnous, de créer une institution à la fois financière, industrielle et agricole capable de frapper un grand coup , de remuer profondément les populations , de faire jaillir la lumière au milieu des ténèbres ?

Nous apprenons avec une grande satisfaction que des hommes sérieusement préoccupés des intérêts nationaux ont élaboré un projet tendant à l’établissement

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d’une compagnie générale corse^ — Celle compagnie serait constituée sur des bases analogues à celles de la compagnie hollandaise et de la compagnie anglaise des Indes orientales; elle produira inévitablement des résultats identiques.

Cette compagnie aurait pour but d’exploiter les forêts de la Corse et toutes les branches d’industrie qui s’y rattachent, de faciliter le commerce par l’escompte, de commanditer les entreprises nouvelles, d’acquérir ou de souscrire des obligations ou actions dans les mines, chemins de fer, etc.; d’aider à la création ou à la fusion des sociétés anonymes, de prêter sur hypothèques, d’encourager l’agriculture par des avances; elle consacrerait plusieurs millions à l’établissement d’un chantier à Ajaccio, etc.

La compagnie proposée aurait des succursales nonseulement dans les principales villes de la Corse, mais encore à Marseille et à Paris.

D’après le projet, la compagnie générale corse serait administrée par un gouverneur, dont la nomination est réservée à l’Empereur, etc.

L’importance de l’administration suffit pour donner une idée de la grandeur du plan dont on s’occupe.

Napoléon disait à l’île d’Elbe : « Si j’ai un regret, » c’est de n’avoir rien fait pour mon île natale. »

Il pourrait se justifier en alléguant les intérêts majeurs dont il avait été constamment préoccupé, et les embarras d’une guerre presque sans interruption. La paix vint sans apporter d’améliorations à la Corse , qui végéta jusqu’en 1830. Quand le drapeau tricolore eut clé arboré de nouveau, le gouvernement de Louis-Philippe tourna un moment les yeux vers cette île si digne

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