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CHAPITRE VINGT ET UNIÈME

Faire connaître quelle est l’influence et quelles sont les fonctions de cette institution est chose utile, au moment où l’idée des comices agricoles est entrée en Corse dans sa phase de réalisation.

Un comice agricole est une association de propriétaires , d’agronomes et de cultivateurs , ayant pour mission de recueillir, d’éclairer, de propager la connaissance des découvertes , des essais , des perfectionnements qui tendent à améliorer les systèmes de culture. C’est elle qui indique également les débouchés ouverts et qui peuvent s’ouvrir à la production du sol ; c’est elle qui imprime, soit par des recommandations, soit par l’exemple , soit par l’encouragement , la direction la plus avantageuse aux travaux agricoles ; c’est elle enfin qui active le progrès de toutes les branches de l’agriculture et qui soumet au gouvernement des. vœux sur tout ce qui a égard aux besoins des contrées ; tels sont en substance les principaux avantages que présente cette institution.

Il est facile de comprendre par cette courte analyse quel rôle important les comices ont à remplir dans les départements où ils sont en exercice, tant au point de vue individuel qu’au point de vue de l’intérêt général.

Dès que la loi de 1851 a été votée, la création de comices agricoles en Corse était obligatoire , indispensable. L’administration, heureusement inspirée, l’a compris ainsi, et a su doter nos contrées d’une institution qui est déjà pour elles un véritable bienfait. Cinq comices agricoles sont institués parmi nous, et fonctionnent à Ajaccio, à Bastia, à Corte, à Calvi et à Sartène, depuis 1853.

Grâce au puissant concours de ces associations, les

agriculteurs de la Corse, nous l’espérons du moins, secoueront peu à peu leur indolence et prêteront leur attention à toutes les choses qui les intéressent de trèsprès. Le département de la Corse, nous l’avons déjà trop répété , est un centre agricole ; c’est cependant le plus arriéré en agriculture. La routine y domine impérieusement et s’impose à toutes les cultures, qui restent dans un état rétrograde déploré par les esprits sérieux. Nous recommandons donc aux comices de lutter sans relâche contre la pratique aveugle et les traditions inintelligentes.

Déjà ils se sont efforcés de déraciner les préjugés héréditaires qui dévorent comme autant d’herbes gourmandes et parasites notre sol encore vierge. Les bons exemples qu’ils donnent, les méthodes nouvelles qu’ils introduisent, les perfectionnements dont ils se font les propagateurs, les récompenses qu’ils décernent au progrès agricole, sont autant de motifs qui nous autorisent à espérer une heureuse révolution dans les habitudes locales.

Le terroir de la Corse souffre du manque d’eau , et voit souvent ses récoltes avorter faute de quelques gouttes de pluie. C’est en vain que la presse locale réclame , depuis nombre d’années , le bienfait de l’irrigation1; les comices et le conseil général, réunissant en faisceau les réclamations isolées des campagnes, pourraient leur donner bientôt une force collective et

1 Le canal d'irrigation de la Casinca a déjà rendu d'immenses services à l’agriculture de ces contrées; il a coûté 49,513 francs.

< Contribuisce alla ferlilità délia Corsira l'abbondanza delf acqua, che « vi sorge. Dovuoque si vada o per le valli, o per i monti de ill’ Isola si » trovano in poca distanza fontane, rnscrlb, c fiumi di acqua limpida, » e fresca. i (Liniperani, Istoria delta Corsica, p. 7 )

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