‹ La Corse et son avenirChapitre 239 sur 256 · CHAPITRE VINGT ET UNIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT ET UNIÈME

les formuler en vœux énergiques et réitérés, qui finiraient sans doute par donner une solution heureuse à celte question depuis si longtemps pendante.

«Pour donnera l’agriculture, aditM. Charles Abbatucci dans son allocution au conseil général de la Corse, une vie nouvelle et une nouvelle énergie, il est une question sur laquelle nous devons attirer l’attention des cultivateurs , de l’administration départementale et principalement du gouvernement. Nous ne devons pas reléguer dans l’oubli une opération de cette importance , qui , dans nos régions méridionales , s’élève aussi à la hauteur d’une question de premier ordre. Un bon système d’arrosage bien entendu , bien combiné , bien approprié aux besoins des différentes localités, ferait promptement couvrir de riches moissons, de gras pâturages, des contrées aujourd’hui désolées par la sécheresse. Les comices agricoles contribueront puissamhient à accélérer le mouvement dont j’ai parlé. »

Nous avons dit que les comices, pour propager et vulgariser l’adoption des meilleurs systèmes et des meilleures cultures, distribuent des récompenses et donnent des encouragements aux agriculteurs qui se distinguent d’une manière particulière.

Leurs ressources se composent :

1* Du produit des souscriptions des membres sociétaires ;

2° Des subventions qui sont allouées par le département et par l’Etat.

Des concours agricoles sont institués chaque anuée en Corse, et des prix sont décernés aux plus méritants. Jusqu’ici les expositions ont été assez belles et les résultats obtenus sont généralement satisfaisants. Avons-

nous besoin , du reste , d’ajouter que toutes ces grandes expositions auront une influence heureuse sur le développement de la richesse publique ?

Ne sont-ce pas elles qui feront sortir l’agriculture de l’isolement où elle était ? Ne sont-ce pas elles en même temps qui sont le grand moyen d’instruction et de propagande, le meilleur peut-être; car pour augmenter la production il faut instruire. Or, y a-t-il un moyen plus puissant d’éducation agricole que ce contact des hommes spéciaux et pratiques tendant au même but, réunis en présence des plus beaux types, des meilleurs instruments, des machines les plus nouvelles? L’Angleterre a très-bien senti tout le fruit qu’on pouvait tirer de ces communications, aussi elle les a rendues en quelque sorte périodiques.

Sur tous les points de ce royaume il y a des réunions d’agriculteurs , où ils viennent échanger leurs idées , soumettre leurs doutes à l’examen réfléchi de leurs confrères, exposer leurs méthodes nouvelles et raconter leurs succès ou leurs mécomptes. Une découverte nouvelle est faite ; elle est aussitôt expérimentée dans un meeting public, jugée, approuvée ou condamnée.

Pourquoi toutes les classes de la société française ne s’intéressent-elles pas aussi bien qu’en Angleterre aux destinées de l’agriculture? Malheureusement, tandis que la science agricole devrait être la science par excellence et former la base principale de l’éducation de la jeunesse rurale, nous voyons que presque partout celte science est négligée au détriment de nos champs , de notre agriculture.

Chacun veut devenir avocat ou médecin ; c’est déplo-

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