‹ La Corse et son avenirChapitre 254 sur 256 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Notre œuvre est terminée; nous la livrons à l’appréciation de nos concitoyens. Elle a été faite avec conscience, avec conviction; aucun intérêt personnel n’a présidé à l’accomplissement de la tâche que nous nous étions imposée. Un sentiment patriotique nous avait suggéré l’idée du livre que nous publions; le même sentiment nous a guidé et nous a soutenu pour le composer et l’écrire.

Nous avions jeté les yeux sur la terre où nous sommes né; nous l’avions vue, elle si féconde, si privilégiée par la nature , rester en arrière de tous les progrès. Nous avons voulu, au milieu de ce temps d’arrêt qu’elle semble marquer, donner notre impulsion, sifaiblequ’elle fût. Nous avons tâché de remplacer par l’ardeur la vigueur peut-être défaillante de nos efforts. Aussi avonsnous mis à l’exécution de notre œuvre non-seulement tout le peu d’intelligence et de savoir dont le ciel nous a doté, mais encore toute notre volonté, tout l’élan de notre cœur.

Nous avons étudié avec le soin le plus assidu la nature du terrain, la composition du sol, l’influence du climat, les conditions de situation géographique et politique; les relations commerciales et internationales,

le caractère de la population, ses tendances, ses aptitudes, ses désirs, ses croyances, ses sympathies. Nous avons cherché les sources les plus authentiques, les documents les moins contestables ; nous avons comparé notre pays à lui-même selon les différents âges, aux autres contrées selon les climats et les progrès moraux et matériels; nous nous sommes appliqué à étudier toutes les questions, à considérer tous les points de vue.

L’état de la Corse nous est apparu alors sous toutes ses faces. Nous avons vu beaucoup de richesses naturelles peu ou point exploitées. Tout le monde regarde notre île comme favorisée du ciel et des gouvernements. La première opinion est vraie certainement, mais la seconde est en plusieurs points erronée.

lia Corse, si féconde, est loin de posséder les institutions qui favoriseraient l’exploitation de ses richesses.

Notre travail a eu donc un triple objet : étudier l’état de la Corse ; trouver les moyens d’améliorer sa situation ; appeler l’attention du gouvernement et seconder, dans l’intérêt de cette ile, dans l’intérêt de toute la France, les améliorations que les Corses sont en droit d’obtenir.

Nous livrons ces études au gouvernement, au député, au conseil général, à toutes les autorités qui représentent ou administrent la Corse, à tous ceux enfin qui aiment à réfléchir sur les chances d’un meilleur avenir, et, comme nous, gémissent de voir un beau pays rester stationnaire et par cela même devenir de jour en jour plus misérable , en face des ressources que la nature lui a libéralement départies 1

Nous avons exposé quelques réformes à introduire, quelques institutions à fonder ; certes nous n’avons pas

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