‹ La Corse et son avenirChapitre 255 sur 256 · CHAPITRE VINGT-QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-QUATRIÈME

tout dit; mais nous pensons avoir mis les esprits sur la voie du perfectionnement. Nous résumons ces considérations, déjà détaillées dans nolro préface, pour montrer au lecteur toute l’honorabilité du but que nous nous sommes proposé.

Nous avons donné le tableau de la Corse ; nous avons décrit les nobles sentiments du peuple qui l’habite, son héroïsme, son amour de la liberté et par conséquent des institutions libérales et du progrès; nous avons énuméré les guerres et les dissensions qui l’ont empêché de suivre activement la marche de la civilisation ; nous avons exposé l’état actuel des différentes cultures, et ce qu’elles pourraient devenir si la science industrielle, les ressources qu’elle crée, les institutions qu’elle enfante, l’entouraient et lui prêtaient leur concours. Nous avons passé en revue tous les genres d’industrie agricole. La nomenclature des végétaux de première nécessité est riche et présente des sujets de qualité supérieure, nous l’avons constaté : les céréales, les vignes , l’olivier, le mûrier, le coton , la canne à sucre, le sorgho, etc., etc., ne demandent que des mains habiles et des capitaux pour donner les produits les plus beaux et les plus abondants.

Les prairies, en les améliorant, en les développant, peuvent nourrir les plus belles races d’animaux. Les forêts peuvent fournir les plus beaux bois pour la construction et la marine. Le sol recèle des trésors minéralogiques inépuisables pour l’art et l’industrie.

Mais tout cela attend l’exploitation ; tout cela gît enfoui, inutile, ignoré, richesse perdue.

Le Français court au bout du monde porter sa pioche, lorsque la veine, lorsque le filon est si près !

MG

La Corse, on l’a vu dans notre livre, est un entrepôt naturel entre la France et les pays méditerranéens ; elle peut devenir un point avancé important au point de vue des guerres maritimes ; enfin les intérêts les plus puissants, les plus fortes destinées sont attachés à cette île qu’on néglige , qu’on oublie pour ainsi dire ! Nous renouvelons donc notre appel à l’industrie, à la spéculation, à la science économique ! Les esprits se lancent vers des entreprises hasardeuses ; on porte l’argent et le génie de la France dans des pays étrangers; des colons partent pour des îles inexplorées; les capitalistes sollicitent des concessions chez des nations lointaines, et le gouvernement protège ou encourage ce mouvement. La France colonise l’Afrique, féconde l’Océanie, exploite l’Amérique; elle crée des chemins de fer en Espagne, en Russie; et la Corse, cette partie intégrante d’elle-même , cette fille aînée de la mère patrie , reste là pauvre , en regorgeant de biens, désolée, avec une luxuriante végétation ! Le Corse, debout sur ses falaises, peut voir l’industrie qu’il implore passer à toute vapeur devant ses côtes , et aller au loin , vers des contrées pourtant moins hospitalières, porter le mouvement, la vie, la fécondation, la prospérité, le bonheur. Mon Dieu ! oui; le premier vaisseau, portant dans ses flancs un grand capitaliste et nn industriel habile , qui s’arrêtera sur nos côtes , aura découvert la Corse ! et la Corse est à quarante heures de Paris.

Cet état de notre département a préoccupé déjà les esprits les plus éminents. MM. Blanqui, Mérimée, Mool, Charles Dupin, Robiquet, etc. , ont écrit de magnifiques pages en faveur de notre île.

Les administrations se sont émues; le gouvernement

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