CHAPITRE VINGT-QUATRIÈME
a introduit quelques améliorations, on a commencé à ouvrir des routes; M. Montois, préfet de la Corse, qui veut bien nous honorer de son amitié, frappé lui-même des grands avantages naturels dont notre département est doué, veut employer tous les efforts de sa haute intelligence à transformer le beau pays qu’il administre.
En un mot, féconder les marais, améliorer les races, introduire de nouvelles cultures, fonder des banques, frayer des routes, déblayer les ports, activer l’essor de l’industrie, instruire le peuple, lui donner de l’émulation et de l’espérance, peupler les déserts, voilà la lâche à remplir. A la réalisation de tout ceci s’attachent les deux grands mobiles qui remuent le plus les hommes : la gloire et l’intérêt.
Dans les œuvres de cette nature il y a un vaste champ pour les travaux du génie, et à leur suite, pour récompense certaine, le souvenir toujours vivant des générations dont on a préparé le bonheur; témoignage qui vaut bien, pour les grands cœurs, un froid monument d’airain que ne décerne même pas toujours aux plus méritants la justice des hommes ; ou bien encore quelques pages dans l’histoire que n’écrit pas, par malheur, dans tous les temps, l’auguste vérité.
Que notre voix soit donc entendue , que la transformation s’opère tout entière, et cette prophétie de J. J. Rousseau s’accomplira de nouveau :
« J’ai quelque pressentiment qu’un jour cette petite île étonnera l’Europe. »