BANDIT
Vocero, ou plainte de sa sœur.
Je voudrais que ma voix Fût aussi forte que le tonnerre ,
Et quelle pût traverser Le défilé de Vizzavona ,
Pour faire connaître à tous Les grandes prouesses de Gallono.
Tons ceux de Luco de Nazza,
Tous s'étaient réunis A cette race barbare ,
Les soldats et les bandits (traîtres),
Et le matin de bonne heure Ils sont subitement partis.
Ils sont subitement partis Au son du chalumeau ;
Tous se sont réunis.
Les loups contre l’agneau ;
Et quand ils arrivèrent à la montagne , Ils te coupèrent la gorge.
citants funèbres t récités sur le cadavre! Quelle douce naïveté dans leurs chansons! Quels transports dans certaines poésies guerrières! On dirait que l’imagination méridionale des Corses se plaît k poétiser les choses les plus vulgaires. /
LA CORSE ET SOX AVEXiR.
Quamlu n’intcsi la nova , M’affaccài a ln purtcln ,
E dissi : • Chi nova c'è ?
— E mort u lu tô fratelu ; L'hànu tùmbu indu la «orra, N'hanu fattu lu macclu. ■
Quand s'en répandit la nouvelle.
Je me mis à la fenêtre ,
Eu m'écriant : ■ Quoi de nouveau * — Ton frère est mort ;
Ils l'ont tué dans la montagne ,
Ils l’ont égorgé. •
Nun li valse l'archibusciu , Nun ti valse la schiuppctta, Nun ti valse lu pugnàli , Nun ti valse la tarxetta, Nun ti valse ingermatura.
Ne razione binadctla.
A rien ne te servit l'arquebuse, A rien ne te servit le fusil ,
A rien ne te servit le poignard , A rien ne te servit le pistolet,
A rien ne te servit le charme , Ni l’oraison bénite.
A guardà le ti) ferite Mi s’accrcsci lu dulori ; Perché più num mi rispondi?
Forsc ti m'anca lu c’ori ?
Cani , cor di la snrella ,
Tu cambiatu liai di culori !
A regarder tes blessures S'accroît ma douleur;
Pourquoi ne me réponds-tu pas ?
Est-ce la force qui te manque ?
0 Canino! cœur de ta sœur, Comme tu as changé de couleur!
Lu mé largu di spalléra !
Lu mé minuta di vila !
Cumc te, nun ci n'éra; Paréi una mazza fiurita.
Cani , cor di la surella , T'banno privatu di vila !
0 mon large d'épaules !
Toi qui avais la taille dégagée ,
Nul ne t'était comparable;
Tu ressemblais à un rameau fleuri.
0 Canino ! cœur de ta sœur, ils t'ont privé de la vie !
A lu paesse di Nazza Eo ci vogliu piaula un prunu , Perché di la nostra razza Un ri passi più nisunu :
Perché un funu trè né quattra , Ma sett’ omini contr* unu.
Au pays de Nazza
Je veux planter une épine noire,
Pour que de notre race Nul ne passe désormais :
Car ce ne furent ni un, ni trois, ni quatre, Mais sept hommes contre un.
A lu pé di stu pnllùnu Ci ogliu piaula lu mé léttu, Parchi qui, u mé fratredrùnu, Ti tironu a mezzu péttu !
Bogliu lecbe lu bunétru ;
Bogliu armà schioppu e stilettu, Bogliu cinghie la carchéra , Bogliu cinghie la tarzetta ;
Cani , cor di la surella ,
Bogliu fà la tù vindetta!
Au pied de ce châtaignier Je veux établir mon lit.
Puisque ce fut là , 6 mon frère !
Qu’ils te tirèrent en pleine poitrine ! Je veux quitter la jupe ,
Je veux m’armer du fusil et du stylet. Je veux ceindre la cartouchière.
Je veux porter le pistolet ;
0 Canino i cœur de la sœur.
Je veux faire ta vendetta !