CHAPITRE TROISIÈME
par la mer de Toscane, au midi par la mer de Sardaigne , à l’occident par la mer de France.
Eloignée des côtes françaises de 180 kilomètres, de celle de Livourne de 85 , de celles de Sardaigne de 10, des côtes d’Espagne de 450 et de celles d’Afrique de 460, la Corse a dans sa plus grande longueur 183 kilomètres et dans sa plus grande largeur 84. Sa superficie est de 874,741 hectares.
Une chaîne de montagnes , parfaitement disposée en trois directions principales : du nord-est au sud-ouest, du nord-ouest au sud-est, et du nord au sud, forme deux versants principaux, ou plutôt partage la Corse en partie méridionale, dont la principale ville est Ajaccio, et en partie septentrionale, dont Dastia est la capitale. De cette chaîne partent de nombreux fleuves et torrents tels que : le Golo, le Fiumolto, le Bivincô, l’Alezani, le Tavignano, la Bravona, le Fiumorho, le Travo , l’Abatesco , la Solenzara, la Sainte-Lucie , l’Oso, le Stabiaccio, sur la côte de l’est; l’Ortello, sur la côte du sud-ouest; le Liamone, la Sagone, le Porto, le Fango, le Valinco, le Taravo, le Prunelli, sur la côte de l’ouest, et enfin la Ficarella, le Secco, le Regino, l’Aliso, l’Ostriconi, sur la côte du nord-ouest.
Afin que le lecteur puisse avoir une idée complète des montagnes qui alimentent toutes ces rivières, nous donnons ici leur hauteur, qui est ainsi évaluée :
Mont Rotoudo
Mont Sacadinc
— d'Oro
Conia
— Cinlo
Grosso
— Padro
San-Piedro
— Artica
Stello
— Renosa
Mantclluccio ....
— Traunato
d’Allicione
— Ladronccllc . .
Cério
Le sol est accidenté; mais ces irrégularités, loin de manquer de charmes, plaisent à l’œil contemplateur, et offrent à l’industrie mille ressources diverses. Ici la terre se hérisse de rochers granitiques ; des pics solitaires se couronnent de neiges éternelles; de beaux lacs , dont les plus célèbres sont ceux de Creno et d’Ino, nourrissent des truites. « Le premier, dit l’histoy> rien Jacobi, a un aspect sombre, imposant, mysté- » rieux. Un bruit sourd retentit autour du réservoir; » c’est l’effet du choc des eaux qui y pénètrent à travers » les rochers. La profondeur du Creno , sur lequel les » indigènes ont des légendes superstitieuses mais poé- » tiques, n’a jamais pu, dit-on, être mesprée, et paraît » vraiment prodigieuse. A peu de distance, au nord- » ouest du Creno, se trouve l’Ino. L’emplacement de » ce lac ressemble à un entonnoir renversé ; on y arrive si en gravissant des rochers arides, mais l’accès n’en 55 est pourtant pas très-difficile. Un panorama des plus 55 magnifiques se déroule aussitôt aux regards du visi- 55 leur de l’Ino. L’ile se déploie devant lui sous un ciel 55 pur et serein. Il éprouve alors une espèce de ravisse- » ment; le bruit des eaux qui s’élancent en cascade » du bassin qui est à scs pieds, et où se jouent des -55 myriades de truites argentées, attire son attention, si et il distingue sans peine le lit d’une des principales 55 rivières de l’ile. C’est le Golo, qui prend sa source » dans l’Ino, arrose le pays au nord-est, grossit con- « sidérablement dans sa course rapide, et débouche enfin » dans la plaine où s’élevait jadis une cité bâtie par 55 Marius, qui lui donna son nom. Les deux autres riviè- 5i res les plus importantes partent du Creno. D’un côté, 55 IcTavignano, qui, traversant l’ile du couchant à l’est,