CHAPITRE TROISIÈME
des écoles chrétiennes , des pensionnats et plusieurs établissements dirigés par des congrégations religieuses.
Il y a à Ajaccio, Bastia et l’Ile-Rousse , des bureaux de douane.
Villes principales.
Nous croyons que onze villes seulement méritent une description détaillée de tout ce qu’elles offrent de curieux, d’attrayant et de digne de remarque. Nous aurions voulu pouvoir être assez heureux pour décrire les trente -cinq villes florissantes dont nous parle Pline, et qui ont malheureusement subi le triste sort des contrées envahies par un ennemi toujours prêt au pillage et à l’incendie ; mais puisque ces villes n’existent plus pour nous qu’en état de souvenir amer et de fait historique, renfermons-nous dans un cercle étroit, et passons sous silence les petites villes, villages, dont la description n’aurait qu’un intérêt fort médiocre aux yeux du lecteur. Nous voulons pourtant dépeindre avec fidélité et exactitude les villes d’Ajaccio, Bastia, Corte, Calvi, Sartène, l’Ile-Rousse, Saint-Florent, Vico, Cervione, Bonifacio et Porto -Vecchio , car toutes, à des degrés différents, méritent d’attirer notre attention, celle des voyageurs, des touristes et des malades.
Ajaccio. Ancienne et jolie ville maritime. Chef-lieu du département. Place de guerre de deuxième classe. Tribunal de première instance et de commerce. Académie. Collège communal. Evêché. Société d’agricul-
ture. Population : 12,109 habitants. Cet arrondissement est borné, au nord, par l’arrondissement de Calvi, à l’ouest et au sud, par la mer Méditerranée, au sudest, par l’arrondissement de Sartène , à l’est et au nordest, par celui de Corle. L’origine de celte ville n’est rien moins que fabuleuse; quant à nous, nous dirons seulement, sans remonter trop haut, qu’elle a joué un rôle très-important sous la domination de Gênes et de Pise , et que , grâce à l’avantage de sa position , elle a pris un accroissement considérable , et promet de devenir grande, populeuse, commerçante et industrielle.
Coquettement assise sur une langue de terre ; baignée de deux côtés par une mer d’une limpidité remarquable que l’œil ne se lasse de contempler avec ravissement ; entourée de toutes parts d’une campagne riche, bien cultivée , où la verdure lu plus tendre n’a pas à craindre les frimas et les neiges; chauffée par un soleil d'Italie qui rend si vivace la végétation dans ce pays , la ville d’Ajaccio, peu connue et peu appréciée, mérite cependant d’attirer l’attention des touristes et des malades. Sa position est admirable; elle offre un tableau des plus pittoresques ; ses rues sont larges , régulières et bordées de belles maisons; son Cours, ouvert sur le prolongement de la rue de Bastia, est large, très-animé, et des orangers magnifiques, plantés tout le long, font oublier les tilleuls, les ormes et les marronniers des promenades ombragées du continent ; ses places sont belles et spacieuses, surtout celles du Diamant, du Quai et de Miot, qui attirent constamment une foule de promeneurs, et où les charmantes Ajacciennes viennent étaler leurs élégantes toilettes. Quelques monuments publics ne