CHAPITRE TROISIÈME. lli
La ville est bien bâtie , et sa physionomie annonce que les habitants sont dans l’aisance. Son élévation audessus du niveau de la mer est d’environ 60 mètres, et l’on y arrive par une rampe passablement roide. Cette position bizarre sur une haute roche penchée sur la mer , la beauté du port , les merveilleuses grottes marines qui se trouvent aux environs, l’ensemble des fortifications, font de Bonifacio une petite ville charmante et très-curieuse à visiter.
Le canton de Bonifacio est riche. Le territoire abonde principalement en oliviers, et les jardins potagers y sont admirablement cultivés. Sa proximité de l’ile de Sardaigne assurera un jour à Bonifacio un immense avenir. ,
Porto-Vecchio. Porto-Vecchio, cbef-lieu de canton, situé à 79 kilomètres de Sartène et à 26 de Bonifacio, a été une ville remarquable autrefois; mais aujourd’hui c’est un simple village de 2, 117 habitants. Porto-Vecchio possède un golfe magnifique que la nature semble avoir disposé pour être le centre d’un commerce étendu. Ses environs sont magnifiques et son territoire est d’une grande fertilité ; mais le mauvais air, mal' aria, éloigne les indigènes des plaines productives.
Nous croyons avoir donné, dans ce court exposé, une idée assez juste des principales villes de l’ilc; occuponsnous donc de la Corse au point de vue de la climatologie.
Climat.
Cette question n’étant pas de notre compétence , nous sommes obligé de recourir aux lumières de ceux
qui sont plus versés que nous dans la science météorologique.
Tout le monde sait que le climat de la Corse est un des meilleurs de l’Europe , et que sous ce rapport elle n’a rien à envier à Nice, à l’Italie et à l’Espagne, qui sont les contrées les plus à la mode parmi le monde des touristes et des malades. « Mon patriotisme » souffre, dit le docteur Donné, actuellement recteur, » (feuilleton des Débats du 15 janvier 1852), lorsque je » vois la France, par mode ou par ignorance, aller » chercher hors d’elle-même ce qu’elle possède, et » demander à des pays étrangers des avantages que ses » diverses contrées lui offrent à un degré égal ou supé- « rieur. Je ne parle ici que des avantages de climat et » de saisons, des ressources naturelles, hygiéniques et » médicales que l’on peut trouver sur le sol de la » France, et que, par routine, on va chercher autre » part.
n Quel plus beau climat que celui de la Corse, et » d’Ajaccio en particulier! 11 faut aller jusqu’aux îles » de la Grèce pour trouver une température aussi douce, » un hiver aussi clément, un été aussi tempéré; c’est » déjà le ciel d’Afrique avec un soleil moins ardent , n mais non moins pur.
» Quel plus beau lieu ! quelle plus délicieuse plage! » quel air plus tiède pour faire concurrence à Nice! » Et celte terre nous appartient et nous y sommes n chez nous, et en faisant la fortune de ce pays nous » enrichissons nos concitoyens ! »
F. C. Marmocchi, auteur d’une géographie de la Corse , s’exprime ainsi :
« 11 y a en Corse trois climats bien distincts ,