‹ La Corse et son avenirChapitre 64 sur 256 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

» d’une foule de boutons qui, en s’épanouissant, pro- » duisent du coton à cacher toute la plante, et à ne » plus présenter à l’œil qu’une niasse de flocons coni- » ques d’une éclatante blancheur *. » D’ailleurs le climat et le sol sont très-propices à ce genre de culture.

Garance. On a fait également des essais sur la culture de la garance , et le succès a parfaitement répondu à l’attente de ceux qui en ont fait l’expérience.

Jardins potagers. Les jardins potagers sont assez nombreux en Corse ; toutes les familles en général en entretiennent pour avoir toute l’année des plantes et des légumes verts. Les produits de cette culture sont abondants, variés et de bonne qualité. Les pommes de terre, les betteraves, les oignons, les poireaux, le céleri, le cresson, les épinards, la chicorée, le cerfeuil , la laitue , l’oseille , le persil , les haricots , les fèves, les melons, les pois, les citrouilles, les asperges, les artichauts, les choux, les pommes d’amour, etc., réussissent parfaitement partout et presque sans fumier.

Prairies naturelles. Les prairies naturelles sont peu nombreuses, et jusqu’à ce jour on s’occupe peu de créer des prairies artificielles. Lç besoin est pourtant très-preBsant; le défaut de nourriture suffisante condamne les animaux à un état de maigreur et de dépérissement auquel il est utile de remédier dans le plus bref délai; car l’avenir de l’agriculture se lie intimement à la prospérité , à l’augmentation des animaux domestiques. Nous verrons plus loin quelles sont les productions animales de l’île de Corse , leur carac-

1 A. Vanuoci, Tableau topographigue et médical de T lie de Corse, page 20.

1ère, leur qualité, et les moyens à employer pour améliorer ou perfectionner les races. Disons pour le moment qu’on trouve en Corse la plupart des quadrupèdes utiles de l’Europe.

Abeilles. Les abeilles donnent de beaux produits , principalement à Asco et à Castifao, dont le miel est renommé. On ne cultive pas comme on le devrait cet insecte précieux. I)u temps de la puissance romaine, il était bien plus répandu et bien mieux soigné; la preuve en est la quantité immense de cire qu’on levait, comme impôt de guerre, après des révoltes comprimées.

« Les ruches, dit Paléologue , sont en bois, grossi sièrement confectionnées, et abandonnées dans le » coin d’un bois , où elles restent peudant toutes les » saisons. On les visite doux ou trois fois dans l’été » pour prendre le miel par le moyen de la fumée. — « On en trouve peu, surtout à l’automne, car les grandes » sécheresses de l’été, qui brûlent tout, ne permettent » pas aux abeilles de travailler; très-souvent il en meurt » même une grande quantité. — L’arbousier ou fraise » en arbre, qui fleurit ici en automme , est la plante r> qui procure aux abeilles de quoi emmagasiner à » l’arrière-saison. — Le miel fait au printemps est » bon , mais celui de l’automne est amer. »

Forêts. En finissant l’exposé simple et court de l’état actuel de l’agriculture en Corse, il est juste de parler aussi de ces vastes forêts qui couronnent les montagnes jusque sur les sommets les plus élevés. Elles sont très-nombreuses : celles d’Aitonc, de Vizzavona, de Rospa , de Jardine, de Valdoniclio, sont les plus belles, cl contiennent des arbres de la plus grande beauté,

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