CHAPITRE QUATRIÈME
Oranger, citronnier. La culture de l’oranger et du citronnier est assez avancée dans la Marona, le Nebbio, la Casinca, à Ajaccio et dans la Balagne. Ces pays exportent une grande quantité d’oranges et de citrons. Ces arbres réussissent à merveille dans toutes les vallées qui avoisinent la côte; leurs fruits sont exquis et d’une qualité justement appréciée. Les oranges de Barbiccaïa (Ajaccio), d’Aregna (Balagne), et d’Also di Prato, sont d’une douceur, d’une finesse, d’une supériorité incontestables.
Cédratier. Cet arbre réussit et prospère d’une manière exceptionnelle sur la côte occidentale du cap Corse. La culture de ces plantes précieuses est diflicile et très-coûteuse ; mais elle paye généreusement les fatigues et les avances : plus de 200, 000 francs entrent annuellement dans les villages de Nonza, de Berrotoli et de Centuri. Ce dernier est le pays classique de celle culture.
Arbres fruitiers. Le cerisier, l’amandier, le prunier, le figuier, le pêcher, l’abricotier, le pommier, le poirier, le jujubier, le noyer, le grenadier, le néflier, deviennent également magnifiques, sont répandus sur presque toutes les parties de la Corse, et produisent des fruits exquis par leur douceur, rares par leur proportion , par leur beauté.
Mûrier. Le mûrier réussit admirablement en Corse mais les plantations se font un peu lentement, et jusqu’à ce jour le nombre de ces arbres est limité. Cepen-
1 i Vi sono , dite Filippini, qualche arbori di gelsi , mediante i quali > vi si fa qualche poca acte di ottima bontà, c vi se ne potriu far in grau • uiianlilà, se i pacsani si volcsscro ai fat Icare , c piaulai- dei supra detli ? arbori, cssciidovi a cio luoghi atlissimi. > ( Isluria di Corsica, lib. I, p. 100.)
dant on a commencé à élever des vers à soie à Ajaccio , à Bastia, à Calvi, à Corte et à Sartène; les essais ont été couronnés d’un plein succès. Actuellement la production des cocons est à peu près de 10,000 kilogrammes , qui sont vendus à raison de 5 à 6 francs le kilogramme. La soie qu’on a obtenue a été trouvée de très-bonne qualité, et la vente a été très -avantageuse. Mais cette culture n’est pas encore productive, car on n’a pas encore établi des magnaneries importantes pour l’éducation des versa soie. Cette culture enrichira plus lard File de Corse.
Lin, chanvre. Le lin et le chanvre sont des plantes industrielles qui prospèrent bien en Corse; cette culture est généralement négligée ; c’est pourquoi la production n’est pas même assez considérable pour fournir aux besoins du pays. Cependant on a fait des expériences à l'ancienne ferme de Vadina et ailleurs sur la culture du chanvre, et cette plante a acquis 15 pieds de hauteur et 4 à 5 lignes d’épaisseur. Ce genre de culture peut devenir aussi une source de richesse pour le pays.
Tabac. La culture du tabac est assez avancée dans les communes de Lctia, Soccia, Guagno et Murzzo; la qualité des tabacs qu’on y cultive est très-grossière. L’espèce répandue dans l’île est nommée par les botanistes nicotiana nistica. Certaines localités bien situées jouissent de tous les avantages propres à assurer le succès de la grande espèce.
Coton. Le coton croit spontanément dans les makis, et les essais qui ont été tentés jusqu’ici ont abouti à des résultats très-heureux. « La plante, dit Marmocchi, » y croit à la hauteur de 2 ou 3 pieds; elle s’y couvre