CHAPITRE QUATRIÈME. 13T
fectionnement de cet art merveilleux. Nous devons aussi, pour que la terre continue à prodiguer ses trésors au gré du laboureur, et dans la porportion dos besoins du pays, l’améliorer sans cesse, l’engraisser quand elle est maigre, l’assainir quand elle est humide, l’arroser quand elle a soif, l’activer enfin quand elle est froide. C’est à ces seules conditions qu’on peut espérer une augmentation dans les produits agricoles.
Les populations augmentent de plus en plus : ne faut-il pas que l’agriculture prenne de l’extensiou en raison directe des besoins qui nous oppressent? Par conséquent les gouvernements ne sont-ils pas obligés de s’en intéresser d’une manière spéciale sous peine de périr eux-mêmes? car, comment gouverner des nations dont les besoins physiques ne sont pas satisfaits? Comment, disons-nous, les citoyens pourraient-ils se vouer aux travaux de l’intelligence si l’élément essentiel à leur vie matérielle n’est pas assuré? Il faut donc reconnaître qu’il y a nécessité absolue de créer des institutions qui puissent secourir efficacement l’agriculture et lui fournir ce levier important , si indispensable, qui lui fait défaut totalement dans certaines contrées de la France , ce levier que nous appellerons l’argent ou le crédit.
Et puisqu’on comprend l’importance du rôle qu’a joué de tout temps le laboureur avec le soc de sa charrue, sa faucille et sa bêche; puisqu’il est vrai que des écrivains anciens et modernes se sont montrés de chauds défenseurs de la cause de l’homme des champs ; puisqu’il est suffisamment établi que c’est la richesse agricole qui est la plus solide, la plus louable et la
plus utile dans ce siècle de fléaux , de peste et d’épidémies; puisque enfin l’agriculture donne naissance à la civilisation, élevons, nous aussi, notre voix pour prêcher en faveur de la Corse, où l’agriculture pourra devenir une source intarissable de fortune et de trésors; stimulons l’ardeur des habitants de ce pays, afin qu’ils mettent leur intelligence à profit ; et réclamons avec instance le concours actif de l'État, des capitalistes, pour les aider à accroître les productions de la terre dans des proportions considérables , en exécutant une partie des améliorations déjà réalisées dans des contrées plus avancées que la Corse.