‹ La Corse et son avenirChapitre 80 sur 256 · CHAPITRE CINQUIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIEME

France ne trouve partout que des partisans énergiques et dévoués. Au reste, cette île est aujourd’hui une province française ; ses intérêts et ses besoins sont devenus ceux de la métropole. A son tour elle grandira. Oui , elle grandira; mais, pour assurer sa grandeur, il faut faire des sacrifices, il faut assainir tous les terrains marécageux '. Cette tâche accomplie, la nation aura fait là une véritable conquête , beaucoup plus importanle que celles qui résultent de la plupart de nos guerres, où tant de sang et de trésors répandus ne réalisent souvent aucun avantage, n’accroissent pas les ressources nationales, et laissent, après d’énormes dépenses, les combattants, également épuisés, renfermés dans les mêmes limites.

Les travailleurs pour pousser vivement les opérations ne manqueraient pas, car il serait facile d’en faire venir d’Italie un grand nombre ; et quant aux travaux d’assainissement, on aurait l’avantage de les exécuter pendant l’hiver, époque à laquelle l’air est aussi pur dans les plaines orientales que partout ailleurs.

Reste maintenant à enseigner aux agriculteurs l’utilité qu’il y a à appliquer le système du drainage. En Corse, à part les grandes plaines, plusieurs parcelles de terrain auraient grandement besoin d’être drainées. Nous engageons les propriétaires des champs humides et froids à faire le sacrifice de quelques centaines de francs pour sécher leurs terrains par le moyen que nous allons enseigner.

1 « Le conseil général sollicite avec instance l'assainissement tics ma- • rais de la Corse et l'achèvement (les dessèchements déjà entrepris. » (Session de 185G. )

« D’après M. de Dombasle, le drainage n’est autre » chose que l’établissement, dans la couche inférieure » du sol , de conduits ou tuyaux le plus ordinairement » de terre cuite, assez rapprochés pour donner issue » à toutes les eaux souterraines. »

Un autre agriculteur distingué, M. le comte de Pennautier, nous apprend que le but du drainage est d’assainir les terres humides et froides , dans lesquelles la végétation ne peut s’accomplir avec facilité, et où les récoltes sont presque milles.

Le drainage est utile :

1° En terrains granitiques (terrains reposant sur roches dures);

2° En terres arables, argileuses, imperméables;

3° En prés situés dans ces diverses natures de sol et qui produisent du jonc.

On reconnaît qu’une terre a besoin d’être drainée à la nature de sa végétation, après de grandes pluies ou pendant de grandes chaleurs, après la pluie lorsque l’eau séjourne dans les sillons, quand la terre s’attache après les souliers ou que l’eau reste dans le passage tracé par des chevaux ou des bestiaux.

Après les grandes chaleurs , quand la terre se fendille; partout où après de grandes pluies, l’on aperçoit une portion du sol plus humide que le restant de la terre; partout où le bâton enfoncé dans le sol à 40 ou 50 centimètres de profondeur, l’eau se rencontre au fond du trou ; partout enfin où se trouvent ce que nous appelons des mouillcrs ou des mouillards.

Le drainage consiste à établir au-dessous du sol une suite de fossés ou drains de 1 mètre à 1 mètre 30 de profondeur, ou l’on dispose des tuyaux bout à bout qui

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