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Et il se pencha un peu vers moi comme pour mieux lire da: s ma pensée. J’hésitai, mais à la fin, je répondis franchement :
—Qui, monsieur Charles !
Il me regarda encore, longuement, puis soudain, deux grosses larmes troublèrent ses yeux noirs. Je n’avais encore jamais vu pleurer un homme et je considérais naïvement les pleurs comme des armes défensives, un privilège de notre âge ! Et puis, Charles Roux était bien le dernier homme au monde que j'eusse Cru Capable de pleurer! À cause de cela, et aussi parce que je sentais toute l'injustice de ma conduite, j'éclatai en sanglots. Il m'apparut alors très nettement que Charles n’était pas un fou, mais quelque chose d’autre, que, toutefois, je ne démélais pas très bien. Je comprends aujourd'hui que c'était un être déclassé par quelque malheur secret et en plus, un affamé de savoir, un rêveur incorrigible égaré au milieu de simples gens tout occupés à vivre, eux et leurs enfants, incapables de le comprendre parce que totale- : ment indifférents à la poussière du passé et aux fantasmagories de l'avenir.
À 4 Je demandai pardon à Charles, nous fimes Ÿ la paix sur l’appui de la fenêtre, sous l’œil des hirondelles, et, de ce temps, nous fûmes amis.
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