‹ La Côte d'ArgentChapitre 13 sur 18 · CEST ER · texte numérisé non relu

CEST ER

comme aux appareils une moindre susceptibilité, modifiant les modalités nutritives comme les activités fonctionnelles de l'organisme; en un mot, faisant d'enfants malingres des individualités transformées, des constitutions et des tempéraments renouvelés ».

2° La Côte d'Argent. Station d'hiver. — Longtemps, les médecins ne s’inquiétèrent que de l'élément température pour le choix des stations d'hiver. Puis, le professeur Jaccoud ayant fait connaître les résultats thérapeutiques obtenus chez les tuberculeux par le séjour dans la montagne, ce fut l'ère de la cure d’allitude. De cette époque, où les résultats merveilleux furent uniquement attribués à la pureté de l'air et à la pression barométrique, date l’éclosion des stations comme Vernet-les- Bains en France, Davos en Suisse. Le traitement imposé alors se rapprochant beaucoup de celui employé par miss Florence Nightingale pour la guérison de Benett (de Menton) (« s'étendre de longues heures au grand air etsuivre un régime plantureux »), quelques médecins se demandèrent si les résultats obtenus ne provenaient pas autant de la méthode employée que de l'altitude même. Ils expérimentèrent alors ce traitement dans quelquesunes de nos stations françaises et, vu les succès obtenus, ils en arrivèrent à cette conclusion, que la tuberculose pulmonaire chronique guérit aussi bien à la mer qu'à la montagne. Mais il ne suffit pas seulement que l'air soit tiède et pur, il faut encore s'occuper de la stabilité thermique, de la stabilité hygrométrique et de la stabilité de la pression atmosphérique. Ce sont là les qualités essentielles d’une station d'hiver.

Or,nous l'avons vu, la Côte d'Argent réunit toutes ces qualités. Les moyennes de température montrent que son climat est tempéré et stable, puisqu'il n'y « pas d'écarts sérieux de température. Sans doute, l'état hygrométrique est un peu élevé, mais le sol étant sablonneux et, par suite, très perméable, il n'y à pas d'humidité, d'où stabilité hygrométrique. De plus, les vents sont tamisés et arrêtés par la grande forêt de pins ; donc, absence de poussières et stabilité atmosphérique (le baromètre n’accusant

Louer

Jamais de basses dépressions), enfin, l'air est d’une pureté absolue.

La Côte d'Argent ayant loutes les qualités requises d’une Station d'hiver, nombreux sont donc les malades appelés à bénéficier d’une cure d'air sur le littoral. à

« En première ligne, comme le dit le docteur Quintrie, tous

les affaiblis pulmonaires, tous les prédisposés, par suite d’affectons tuberculigènes, à la tuberculose; en un mot, tous les candidats à la tuberculose. Les pleurésies séreuses, à petit épanchement, sans grande réaction fébrile: les pleurésies qui ne sont ni rhumatismales, ni sous la dépendance d'aucune diathèse, celles qui, selon le mot pittoresque de Landouzy, « ne font pas leurs preuves » et qui laissent les malades affaiblis, amaigris. Les pleurésies purulentes avec vomique ou empyème, qu'elles soient de nature streplococcique, pnéumococcique ou bacillaire, y verront se tarir leurs clapiers. La rougeole et la coqueluche, ces deux affections tuberculigènes par excellence chez les enfants, surtout quand elles éclatent sur un terrain préparé par l'hérédité ou une alimentation défectueuse de la première enfance, bénéficieront au premier chef d’une saison sur la Côte d'Argent : tout particulièrement, si la rougeole a été compliquée de broncho-pneumonie à résolution lente et tardive, si la coqueluche s’éternise en des quintes qui favorisent l’infection du poumon, et qu'un changement d'air seul réussit à jJuguler ».

Les affaiblis pulmonaires, quels qu'ils soient, ne sont pas les seuls à bénéficier de la cure d'air. Les uberculeux eux-mêmes peuvent y être traités et le mal est toujours envayé, sinon guéri. Sans doute, il ne faut point attendre que les tubercules en soient à la période de fonte secondaire, que les malades aient des cavernes et soient fébricilants, mais au début « lorsqu'une auscultation attentive révèle seulement une différence dans l'inspiration des deux côtés, un peu de rudesse, une légère exagéralion des vibrations vocales avec diminution de son, alors que les hémoptysies sont rares et l’état fébrile peu marqué », alors la cure d'air produit des résultats inespérés.

Verdier 3

Page 1