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le champion de ‘la thalassothérapie chez les tuberculéux » (A. Gaussel).
Les travaux de M. Lalesque, les remarquables rapports de MM. L: Guinon, de H. Barbin, les discussions auxquelles tous donnèrent lieu ont établi l'efficacité de la thalassothérapie, en climal marin atténué, lout au moins. Seules quelques divergences persistent encore quant aux conditions météorologiques qui doivent présider à sa mise en pratique.
Alors que cerlains médecins veulent s'en tenir à la technique par laquelle débutèrent nos confrères arcachonnais, Lalesque d’abord, Fertal ensuite, c’est-à-dire ne ‘mettre le tuberculeux en cure marine que par temps calme et chaud, M. Lalesque soutient qu'au Bassin d'Arcachon, sub cœlo nostro, le malade, vite entraîné, peut et doit pratiquer la cure de barque par presque tous les temps.
«En étudiant, ditil, la technique de la phtisiothérapie marine (technique à laquelle j'attache une importance capitale), J'ai dû m'inquiéter de l’état de l’atmosphère. Mais, ai-je dit, il ne faudrait pas croire que la promenade en mer exige du calme et de la chaleur. Les malades s'aguerrissen( vite et ne renoncent pas facilement à leur promenade uautique habituelle et j'ai cité le cas de plusieurs malades, cavitaires apyréliques, poursuivant, sans incident, leur cure sur mer des heures entières, par des journées de grands froids et de grands vents. Là, encore, les malades nous entrainent et les faits nous convainquent. À l’origine, nous exigions le calme et la chaleur de l'atmosphère, maintenant le froid et Le vent ne nous arrêtent plus. Que de malades nous déclarent se mieux trouver de la cure sur mer et la préférer les jours de vent! Ils respirent plus profondément, plus agréablement, loussent moins, trouvent plus d’appétit. Mes confrères vous diront, cornme moi, que certains de nos malades sont sortis en barque par des jours de forte houle, de fort vent, et ce, à notre surprise. C'est en présence de pareils faits que j'ai dit : Le vent est sans inconvénient. Aussi ce qui précède fera-t-il comprendre pourquoi je me sépare de Guinon lorsqu'il pense que la cure de bassin ou de bateau ne devient
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possible, pour la majorité des malades, qu'en mars ou avril, suivant les années. En hiver, sauf les jours de tempête, la cure marine se poursuit avec la même facilité et le même succès »
À l'appui de cette manière de voir, M. Lalesque nous fournit deux nouvelles observations inédites.
OBSERVATION [ (résumée).
Tuberculose pleuro-pulmonaire. Hémoptysie. Cure marine intensive. Guérison récente.
Femme 32 ans. Mère morte de tuberculose pulmonaire, 1l y a cinq ans. Menstruation régulière. Grossesse et accouchement normaux à l'âge de 24 ans.
En mai 1914, congestion pulmonaire fébrile avec hémoptysie abondante, pendant trois jours consécutifs. Pleurite droite. Sueurs nocturnes. Amaigrissement sensible.
Arrivée à Arcachon, le 1% septembre 1914. Poids, 58 kilogrammes.
Sommet droit condensé, sans râles. Plaque de frottements légers dans la région sous-épineuse du même côté. Peu de toux, au réveil.
Apyrexie.
Dès le 15 septembre, c'est-à-dire quinze jours après l'arrivée, début de la cure marine, poursuivie quotidiennement à bord du bateau à vapeur qui fait le service régulier d'Arcachon au Cap Ferret par Piquey, L'Herbe, la villa Algérienne. Cure en repos, la malade étendue en chaise longue.
Du 15 septembre 1914 à fin mars 1915, soit pendant six mois et demi, la cure sur mer n’a été interrompue queles seuls et rares jours où le vent soufflant en tempête imposait au vapeur la cessation momentanée de son service.
De cette cure de barque, intensive, la malade a retiré une augmentation de poids de 10 kilogrammes (passant de 88 à 68); le retour des forces; la disparition des signes pleuraux: le retour très sensible, très marqué de la perméabilité pulmonaire. La non- -interruption de la cure, sauf aux jours indiqués, dit assez qu'aucun accident ou même incident morbide ne survint pendant ce laps de temps.
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En octobre 1916, retour à Arcachon, et séjour jusqu'à fin décembre de la même année : retour motivé non par raison de santé, qui s'est maintenue bonne, mais pour des raisons d'ordre familial. Pendant ce nouveau séjour, la malade, que les hommes du bord surnommèrent « L'Amirale », reprit sa sortie quotidienne dans les mêmes conditions qu'antérieurement.
Revue le 20 décembre 1917, on constata le maintien actuel de la guérison.
OBSERVATION II (résumée).
Tuberculose pulmonaire hémoptysique au deuxième stade anatomique. Cure marine intensive. Amélicration.
Femme 26 ans. Un frère mort tuberculeux.
Une grossesse normale. Un enfant. :
Arrivée en juin 1911. Habitat en forêt.
Atleinte de tuberculose diagnostiquée dans le courant de l’année 1910 ; fébrile (38°2 à 38°8, le soir, rectale); petites hémoptysies presque régulières au moment des époques non supprimées. Expectoration muco-purulente peu abondante, bacillaire. Signes de ramollissement limité à la fosse sous-claviculaire et sus-épineuse gauches. Amaigrissement : 45 kil. 300.
Fin août 1911. Depuis l'arrivée, pas d'hémoptysie, ni d'expectoration sanglante, cessalion de la fièvre, diminution des expectorations. État subfébrile (37°6 à 3709). Gain : 4 kil, 700.
Du début de septembre 1911 à la fin de mai 1912 (époque du départ), la malade, tout en habitant Ja forêt, est soumise à la cure en voilier, de une heure à trois ou six heures du soir selon la période de l’année; et toute la journée (de neuf heures à six heures du soir) pendant la belle saison {avril-mai). Elle sort par certains temps, non de tempête proprement dite, mais de fort vent, de grosse houle et souvent un peu contre le gré du marin : en un mot, par mauvais temps.
Résultat : Aucun incident morbide. Disparition totale de la fièvre. Rares expectorations non bacillaires (trois examens différents) survenant tous les cinq où six jours le matin. Disparition des craque-
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ments humides et des bruits anormaux remplacés par ceux: d'une transformation fibreuse. Menstruation parfaite. Augmentation totale : 12 kilos. La malade fait, sans fatigue et sans relèvement thermique, des marches d'une heure et d’une heure et demie.
Un an plus tard (fin octobre 1913), l'amélioration ne s'élait pas démenlie. Perdue de vue depuis lors.
Ge serait une grave erreur de croire que seuls les malades atteints d’affections de l'appareil respiratoire peuvent bénéficier . de la cure d'air sur le liltoral du Sud-Ouest atlantique. Les enfants anémiés par une longue maladie, ou dont la croissance est relardée par une « hérédité inquiétante » (Gaudry et Marchand), y sont améliorés et guéris.
L'idée de traiter les neurasthéniques et les nerveux par la mer est également très ancienne.« Les anciens, dit Ebneter Gilchrist, regardaient la navigation comme le remède à ce mal, aussi bien qu'à plusieurs autres incommodités qui accompagnent toujours les affections des gens nerveux : telles sont les douleurs d'estomac et la distension de ce viscère, la digestion difficile, le manque d’appétit ou l'appétit dépravé », De nos Jours, la question du traitement marin de la neurasthénie est très discutée, mais nous estimons, avec les docteurs Régis et Legrand, que les neurasthénies à forme dépressive sont heureusement influencées par la climatothérapie océanienne. L'insomnie, le surmenage, l’hypocondrie, le spleen, y sont très souvent amélorés.
La chlorose et la chloro-anémie relèvent également de la cure marine. Sous son influence, le sang devient plus riche en hémoglobine et en hématies, les troubles menstruels disparaissent, l'appétit reparait. |
Les maladies infectieuses graves : typhoïde, pneumonie, etc., laissent les malades affaiblis, déprimés. Grâce à la mer, leur convalescence est plus rapide, leurs forces reviennent rapidement et leurs organes fonctionnent à nouveau normalement.
Les brightiques non entachés d'arthritisme y trouvent. de longues rémissions à leurs souffrances: les utérines lymphati-
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ques et les utérines arthritiques lymphatiques dans leur enfance, à l'exception des utérines neuro-arthriliques, bénéficient du climat de la Côte d'Argent.
Le cœur est également tributaire du climat marin. M. Huchard, qui pensait autrefois qu'on devait défendre la mer aux cardiaques, reconnaissait au Congrès de climatothérapie de Nice, en 1904, les effets salutaires du séjour au bord de la mer. « J'ai constaté, disait-il, que les malades atteints de lésion mitrale peuvent indéfiniment se prolonger en venant chaque année faire dans notre climat leur cure climatique hivernale, tandis que des malades qui, après un ou deux ans de cure, cessent de venir passer l'hiver dans nos stations hivernales et restent enfermés dans les grands centres, meurent rapidement ». Le professeur Renaut ajoutait : « Avec Huchard, je soutiendrai toujours que telle condition qui assurera le calme et la régularité des circulations périphériques sera la condition moyenne ou de maintien ou de restauration de la fonctionnalité normale du système cardio-vasculaire entier ».
Outre les auteurs précités, M. Lalesque apporte, en faveur de la cure marine des cardiopathes, l'appui de sa parfaite connaissance et de sa longue expérience du climat marin atlantique. Il soutenait, en 1905, par la publication de trois faits, l'efficacité de cette thérapeutique. Deux de ses malades obtinrent une guérison fonctionnelle permettant la reprise de la vie commune et l'existence des sujets de leur âge : guérison suivie pendant dix ans chez l’un et un an chez l’autre.
Le premier de ces sujels n’a pas été perdu de vue. « Il est médecin, nous écrit M. Lalesque, exerce activement notre profession dans une petite ville d'Anjou. La guérison, ou tout au moins l'équilibre cardiaque, remonte à vingt-deux ans ». Aussi, en 1910,le même auteur écrivait-il : « Aux cardiopathies valvulaires, à lésions compensées, la cure marine est excellente, d'accord sur ce point avec Fiessinger, Huchard, Renaut, Sardou, Le Piez, Balesire, Daremberg.
Si l'indication, en climat marin atténué (tel celui d'Arcachon), convient mieux aux cardiopathies plus ou moins compensées,
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elle ne saurait cependant se restreindre de façon absolue à ces cas.
L'observation inédite qui suit en fait foi; nous la devons à M. le D' Lalesque,