CHAPITRE PREMIER
Étude du climat de ia Côte d'Argent.
On désigne sous le nom de climat « l’ensemble des variations atmosphériques qui affectent nos organes d’une façon sensible » (Galtier-Boissière). L'étude d'un climat, pour être complète, comprend donc, comme le dit le docteur Quintrie dans son article (rès documenté sur La cure marine à Soulac-sur-Mer (article qui nous fut d'une grande utilité pour la préparation de cet ouvrage), la connaissance d’un ensemble de caractères qui, seuls, permettent d’en tirer des applications pratiques.
Ces caractères sont de trois ordres : physiques, chimiques et biologiques. | |
Parmi les caractères physiques, nous trouvons la chaleur, l'humidité, la pression atmosphérique et les vents; quant aux caractères chimiques et biologiques, ils consistent simplement en l'étude des organismes microscopiques de l'air.
A. Caractères physiques.
Chaleur. — Quel que soit le climat d’une région, nous savons que la stabilité thermique est le point capital au point de vue de la préservation des affections respiratoires dont l'origine réside dans les brusques alternatives de froid et de chaud. Nous savons également que les climats sont modifiés par la température des courants marins et par l'humidité due à l’évaporation considérable qui s'opère à la surface des mers; que le drainage d’un sous-sol humide accroît la température en supprimant les
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brouillards; que les arbres enfin, en arrêtant les vents, en augmentant l'humidité de l'atmosphère, diminuent la différence entre la température du jour et celle de la nuit.
Il importe donc, pour bien établir l'élément chaleur, qui classe une région en chaude, froide ou tempérée, de connaître exactement la moyenne thermique par année, par saison, par mois, ainsi que les variations au cours d’une même journée, qui indiquent la constance et l’uniformité relatives de la température.
L'étude analytique des observations météorologiques inhérentes à la Côte d'Argent va nous permettre d'établir exactement l'élément chaleur. Ces observations proviennent de relevés recueillis dans des conditions expérimentales identiques puisque les stations qui les ont fournis dépendent toutes du Buréau central météorologique de France.
Les documents relalifs à Soulac, que nous avons étudiés, portent sur une période de trois ans et proviennent du phare de la Pointe-de-Grave.
N'ayant pu nous procurer les observations météorologiques nécessaires concernant Arcachon et Biarritz, nous avons dû emprunter, pour ces deux stations, les relevés du docteur Lalesque qui portent sur une période de douze ans (La mer et les tuberculeux) et ceux de M. F. Courty, astronome à l'Observatoire de Floirac, qui portent sur une période de six ans (Rapport sur la climatologie du littoral atlantique français au Congrès de climalothérapie d'Arcachon, en 1905).
Ces relevés proviennent des stations ci-dessous :
Soulac : Phare de la Pointe-de-Grave. Altitude 9 mètres. Arcachon : Sémaphore du cap Ferret. Altitude 10 mètres (F. Courty).
» Commission météorologique. Altitude 28 mètres (Lalesque). :
Biarritz : Sémaphore. Altitude 29 mètres (F. Courty et Lalesque).
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Moyennes annuelles. — La quantité moyenne annuelle de chaleur reçue dans les lrois stations ci-dessus se trouve indiquée dans le tableau suivant :
1914 1915 1916 DODIACr rater ee 1209 1208 1208 \ Relevés de F, Courty pour : Relevés du docteur Lalesque pour : ATCAChON TE eee : 13°56 12096 Bianniizreteee ee 14019 ! 13080
On voit par ces chiffres que les trois stations prises comme stations lypes jouissent d’une température constante d’une année à l’autre, très sensiblement rapprochée de celle des stations de la côte méditerranéenne, si l’on sait, d'autre part, qu’à Nice, par exemple, la moyenne annuelle est de 14°.
Cependant, malgré leur intérêt, les relevés ci-dessus ne suffisent pas pour déterminer avec exactitude la valeur thermique du littoral de la Côte d'Argent. Nous devons étudier encore — comme nous J'indiquons plus haut — les moyennes saisonnières, mensuelles el diurnes.
Moyennes saisonnières. — Ainsi que le constate à juste titre le docteur Lalesque dans son remarquable ouvrage sur La mer et les tuberculeux, la connaissance des moyennes saisonnières est autrement importante que celles relatives à l’année entière, surtout au point de vue de la climatologie médicale. En effet, le médecin qui expatrie son malade vers telle ou telle région littorale, pour un temps plus ou moins long, doit connaître la formule thermologique saisonnière de la station sur laquelle il a fixé son choix. Cette formule thermologique est, en effet, une des raisons — mais non la seule — de ce choix. Nos recherches nous ont donné les résultats suivants :