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tempérés, stables et réguliers. Cette stabilité et cette régularité y «alleignent même leur valeur maximum » (Lalesque), alors que le littoral méditerranéen « échappe sous le rapport de l’uniformité climatique aux caractères habituels du climat marin » (Arnould). .
Humidité. — Quelle que soit la température, même par les journées les plus chaudes, une forte évaporation se produit toujours à la surface des mers, ainsi qu’à la surface de la terre, par suite de l'humidité du sol. Ces vapeurs d’eau se répandent alors dans l'atmosphère qui, par suite, en contient donc une énorme quantité, et elles s'y présentent sous deux formes différentes, soit invisible, c'est alors la vapeur d'eau proprement dite, soit au contraire visible, et on la désigne sous le nom de pluie ou de brouillard, d’après le volume des gouttes d’eau qui la composent.
Quelle que soit, d’ailleurs, la forme sous laquelle Ia vapeur d’eau se trouve dans l'atmosphère, elle joue toujours un rôle considérable : celui d’un « manteau protecteur » qui évite les trop grandes oscillations thermiques, les trop brusques changements de température dont le médecin doit tenir grand compte pour l'envoi de ses malades dans une stalion ou sur un littoral déterminés. Par elle sont atténués « la trop grande intensité des rayons solaires, de même que le rayonnement, c’est-à-dire la restitution calorique que font vers les espaces célestes la . terre et les corps qui la peuplent » (Lalesque).
L'humidité d’un climat dépend donc de la proportion plus ou moins grande de vapeur d'eau que l'air y renferme; l’atmosphère, comme nous le faisions remarquer plus haut, ayant toujours en suspension — quel que soit le temps — une certaine quantité de vapeur d’eau.
L'humidité relative, c'est-à-dire l’état hygrométrique de Pair, se traduit par un nombre entier, compris entre 0 et 100. Le chiffre 100 indiquant que l’air est saturé d'humidité, la fraction de saturation sera donc exprimée en centièmes.
Le professeur Jaccoud a reconnu qu'à 55, 60, 65 p- 100 {c’est-
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à-dire lorsque l’air contient 85, 60, 65 p- 100 de la quantité de vapeur d'eau qui serait nécessaire pour le saturer à la même température) un climat peut être dit sec ou tempéré. « C’est entre 10 et 80 p. 100, ajoute-t-il, qu'il faut chercher les limites désirables de l'humidité relative moyenne : elle est trop faible au-dessous, elle est excessive au delà ».
Hermann Weber, postérieurement, a classé les climats de la façon suivante :
Très sec : de 0 à 55 p. 100.
Sécheresse moyenne : de 55 à 75 p. 100.
Humidité moyenne : de 75 à 90 p. 100.
Très humide : de 90 à 100 p. 100.
Or, pour le littoral de la Côte d'Argent, il résulte des relevés réunis par le docteur Quintrie pour Soulac et des recherches du docteur Lalesque pour le littoral atlantique du Sud-Ouest, que les moyennes saisonnières et mensuelles oscillent :
Pour Soulac..... entre 10 et 80 p.100; moy. annuelle 77 p. 100 Pour Arcachon .. entre 69,7 et 84,3 p. 100; moy. annuelle 76 p. 100 Pour Biarritz... entre 71,6 et 77,9 p. 100; moy. annuelle 74,9 p. 100
Soulac et Arcachon relèvent donc de l'humidité moyenne ; Biarritz seul se trouve dans la catégorie de sécheresse moyenne, « mais dans des conditions négligeables, fait remarquer, avec raison, le docteur Lalesque, puisqu'elle se trouve à la limite supérieure de cette catégorie, et qu'il ne s’agit que de fractions d'unité ». l
En tout cas, ces trois stalions relèvent sans aucun doute de l'état hygrométrique désirable, situé par le professeur Jaccoud entre 70 et 80 p. 100, état hygrométrique quenous qualifierons, avec le ‘docteur Lalesque, d'état hygrométrique thérapeutique.
Pluies. — S'il importe de connaître la chaleur et l'humidité, il est tout aussi nécessaire d'étudier soigneusement le régime des pluies qui est un de ses éléments les plus importants. Ce régime est très variable et sa formule est très difficile à établir,
car, de deux climats, le moins mouillé n’est pas forcément le Verdier 2
meilleur. « Il tombe, en effet, plus d’eau, dit Corrigan, dans une forte pluie d'orage d’une demi-heure dans une chaude et claire région du Midi, qu'il n'en tombe en deux jours de brume et de petite pluie dans une région de brouillard, privée de soleil ».
On comprend aisément que; dans ces conditions, on préfère à la station où la moyenne udométrique est faible, mais où les pluies sont de longue durée, une station à régime pluvieux plus élevé, mais à pluies de courte durée.
Pour établir la formule du régime pluvieux, on table d’après les jours de pluie; aussi cette formule est-elle forcément inexacte, car parmi les jours de pluie sont compris tous les Jours où le pluviomètre indique une quantité d’eau, même minime. Ainsi que le dit Angot, les nombres donnés sous la rubrique « jours de pluie » comprennent toute l’eau qui est tombée, sous quelque forme que ce soit, « souvent même cette eau provient tout simplement d’un dépôt de rosée » (Rayet).
Élisée Reclus, établissant la carte des pluies, a divisé la France en sept zones. La Côte d'Argent appartient à la troisième zone.
Cela ne doit point surprendre, car nous savons qu'en dehors des grandes lois générales, la présence à proximité d’une étendue d’eau, le relief montagneux du sol, le voisinage des forêts et l'exposition au vent du large ne font qu'augmenter l'abondance de l’eau. Or, toutes ces conditions se trouvent réunies sur le lit-
toral antlantique du Sud-Ouest.
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Moyennes saisonnières.
Automne | Hiver | Printemps | Eté
me | me | ns | m/m m/m m/m m/m
SOUCI Re 0 369,7 234,1 108,3 440,7
Relevés de M. F. Courly pour :
ARCachon 2... \ 283,9 210,6 163,6 155,7 Biarritz. 409,7 289,3 220,8 268,8
ATCGaChOne =. 300,7 215,4 182,1 | 164,6 BIATTIIZ Re. rare 347,3 254,0 237,2 228,9
Moyennes mensuelles.
EN EUN = EMNST) SU ENlENVe= hante
a NES MAIRE IS tip RE es EURE
= | = ANNE UE ms | mms | mms | | out | mms | mumeuxe | mes es | ess | onu i m/m |m/m |m/m |m/rm | m/m |m/w | m/m|m/m|w/m | m/m |m/m|m/m SOURCE, + dent 54,9 | 90,4 | 89,5 | 31,1 | 25,7 | 51,5 | 49,0 | 29,3] 62,4] 79,31133,11157,3
Relevés de M. F. Courly pour :
Î| Arcachon ee rore 68,3 | 60,2 | 82,1] 59,9 | 39,2 | 64,5 | 46,1 | 45,7| 63,9]108,2| 84,7| 91,0 Bat It A Cecrer 92,6 AU 93,7 | 62,0 | 75,1 | 58,3 [100,31110,2/162,1|136,11111,5
Relevés du D' Lalesque pour :
! Arcachon ........ 76,5 | 54,8 | 61,5 | 65,4 | 55,2 | 53,3 | 55,6 | 55,7] 62,5/135,01103,2| 84,1 Biarritz... 90,8 | 66,0 | 81,6 | 86,2 | 69,4 | 79,4 | 65,4 | 84,11 73,3/151,9/122,1| 97,2
Une fois ces données obtenues, il importerait de connaître les variations diurnes de la pluie, laquelle présente deux éléments essentiels : la fréquence de la pluie et l'intensité. Malheureusement « la variation diurne de l'intensité de la pluie à été peu
étudiée en général » (Angot).
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On sait «toutefois que la position maritime ou continentale parait jouer un grand rôle dans les variations diurnes de la pluie » (Lalesque). Or, pour la Côte d'Argent, nos études nous ont permis d'établir que :
1° la pluie tombe surtout par averses, par intervalles, au cours desquels apparaît le soleil, et rarement, au contraire, durant toute la Journée ;
2° les chutes d’eau ont lieu généralement dans là matinée, aux premières heures du jour, jusque vers neuf heures, avec ensuite une journée radieuse ;
3° la pluie nocturne est une particularité du golfe de Gascogue, de telle sorte que les pluies sont le plus souvent terminées lorsqu’apparait l'aube.
« Ge régime des pluies nocturnes du golfe de Gascogne n’est pas un des moindres attraits caractéristiques de la climatologie. On sait, eneffet, que la pluie élève et rend uniforme la température ; or les pluies nocturnes ont, au même titre que les pluies diurnes, ce double caractère de relèvement et d’uniformisation. Tout d’abord, elles relèvent la température par l'apport de calorique. D'autre part, en voilant Le ciel, pendant la nuit, les nuages pluvieux diminuent la perte de calorique, en arrêtant le rayonnement vers les espaces célestes. D'où chaleur reçue, sensiblement augmentée; chaleur perdue, réduite à son minimum » (Lalesque).
Il découle naturellement de tous ces faits et de l'étude précédente sur l'humidité que le climat de la Côte d'Argent est un climat d'humidité moyenne à état hygrométrique stable.
Vents. — Les vents, suivant leur direction, établissent de grandes différences de température entre les diverses zones littorales. Cette direction des vents est fonction de la topographie, «la configuration des côtes et des mers agissant sur la circulation ». Ainsi qu'on pourra s’en rendre compte, d’après les observations et les roses des vents ci-après, la direction des vents est à peu près la même pour le littoral atlantique du Sud- Ouest.