‹ La Côte d'ArgentChapitre 8 sur 18 · ENS · texte numérisé non relu

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L'étude des registres d'observation, au sémaphore du Verdon, donne pour Soulac :

HYERES Vents Sud-Est, Est, Nord-Est.

Printemps.. Vents Nord-Ouest, Ouest, Sud-Est. HONTE Vents Nord-Ouest, Nord, Sud-Est.

Automne ... Vents Sud-Ouest, Sud-Est, Sud.

Nous pouvons, d’après les observations ci-dessus et les graphiques ci-contre, établir, de la façon suivante, un tableau de régime annuel :

SOUIC re re O.-N.-0. Vents See

Arcachon. ...7. N.-0. »

Barrie etre N.-O. »

On voit donc que sur la Côte d'Argent soufflent surtout des vents du large, caractéristiques du climat marin; vents très fréquents ettrès violents saris doute, mais qui sont toujours atténués par l'immense forêt de pins du littoral du Sud-Ouest atlantique sur laquelle ils viennent se briser.

Pression atmosphérique. — Nous savons que l'atmosphère exerce une pression sur tous les corps, que cette pression est à la fois fonction de la longitude et de la latitude; il est donc normal que, vu leur situation géographique, les diverses régions de la France jouissent d’une pression atmosphérique assez élevée. D’autré part, la pression étant également fonction de l'altitude, puisqu'elle diminue à mesure que l’on s'élève dans l'atmosphère (on évalue l’abaissement de la colonne mercurielle du baromètre à 1 millimètre pour une différence de niveau de 16 mètres), il est naturel que la pression atmosphérique atteigne son maximum au niveau de la mer.

La Côte d'Argent, par suite de sa position géographique entre 45° et 42 Nord, jouit donc d'une pression barométrique assez élevée, cette pression étant en moyenne de 764 millimètres (pression moyenne au niveau de la mer 763 millimètres).

Il ne faut pas oublier toutefois que les perturbations atmosphériques sont souvent causes d’oscillations accidentelles du

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baromètre. Ces oscillations sont rares sur la Côte d'Argent, qui se trouve un peu éloignée de la ligne des mauvais temps et protégée, en outre, par la saillie de la péninsule hispanique ; aussi les oscillations s’y font-elles lentement, sans brusquerie.

Nous pouvons donc conclure & la stabilité de la pression atmosphérique de la Côte d'Argent.

. B. Caractères chimiques.

L'étude caractéristique du climat marin atlantique est déjà vieille. Ce fut Miquel qui, en 1884, dans la Semaine médicale, traita le premier cette question scientifiquement en étudiant « les organismes microscopiques de l'air delà mer ». Après lui, Cazin, O0. Hameau, Hayem, Laiesque, Rivière, apportlèrent des observations plus précises, obtenues au cours de laborieuses recherches. Duphil, enfin, dans sa remarquable thèse sur L'air d'Arcachon, thèse qu'il soutint en 1900 devant la Faculté de Médecine et de Pharmacie de Bordeaux, apporte des renseignements précieux, soigneusement mis au point, concernant les caractères chimiques du littoral atlantique du Sud-Ouest.

La Côte d'Argent, nous l'avons déjà fait remarquer, est bordée à peu près continuellement, de Royan à Hendaye, par une immense forêt de pins centenaires aux émanations balsamiques. Dans l'air, étudié chimiquement, on trouve du chlorure de sodium, de l'ozone, de l'iode et de la térébenthine.

Nous allons étudier séparément chacun de ces agents chimiques.

Chlorure de sodium. — On connait les bienfaits thérapeutiques d'un séjour prolongé au bord de la mer: nombre d'auteurs les attribuent uniquement à la présence du sel marin, ce qui nous semble quelque peu exagéré, l'ozone, l'iode et la térében thine ayant également une influence manifeste sur les résultats thalassothérapiques.

‘ Demange et Calmeltes, partisans de la spécificité de l'atmosphère marine due à la présence du chlorure de sodium, pré-

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tendent que « rien ne saurait égaler le séjour au bord de la mer, où le malade respire à pleins poumons et constamment une atmosphère chargée de sel ».

Cette théorie vraiment trop exclusive rencontre de nombreux adversaires. Nous ne parlerons que pour mémoire des savants comme Le Roy de Méricourd, Assegoud et Morogues, qui, eux, vont jusqu’à nier la présence du sel marin dans l'air; or, cette présence a été admise de tout temps et est, er effet, indiscutable. Nous nous attacherons davantage, par contre, aux opinions émises par Cazin et Lalesque.

Cazin, après avoir constaté que les urines des baigneurs et même des personnes simplement soumises à l'influence de l'air marin contiennent du chlorure de sodium, considère de toute évidence l'absorption du chlorure par les voies respiratoires, qui va « dans le sang augmenter la masse des sels neutres du sérum et favorise le conflit de l’oxygène avec les globules rouges du sang ».

Lalesque (comme Daremberg et Casse) jugea d'abord négligeables les effets physiologiques du chlorure. « L'action de ces substances au bord de la mer n’est ni bonne ni mauvaise; elle n'existe pas, écrivait-il ». Les travaux analytiques de Gautier et de Duphil ayant paru depuis lors et ayant démontré indiscutablement la présence du sel dans l'air marin (22 mill. pour Gauthier, 15 mill. pour Duphil), Lalesque estime que le chlorure de sodium existe bien, mais simplement à l’élat mécanique transporté par les embruns que le vent saisit à la crête des lames et porte sur la zone littorale. « Le chlorure de sodium, dit-il, n'existe dans l’air que transformé par la goutte d'eau de mer d’un poids spécifique tel, qu'elle ne saurait être déplacée que par un mouvement actif, le vent ».

Sans nier la vérité de cette assertion, comme le dit le docteur Quintrie, nous affirmons, d’après les travaux de Duphil et de Gauthier, la présence du sel marin non seulement dans l’air de la côte, mais encore dans celui des forêts avoisinantes.

En effet, « l'air ne plane pas seulement sur le littoral, mais la brise le pousse dans l'intérieur; on jouit incontestablement

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