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GOUVERNEUR GÉNÉRAL

ANCIEN LIEUTENANT-GOUVERNEUR DE LA CÔTE d'iVOIRE

Témoignage de mon respectueux dévouement.

Dans mon ouvrage sur la Pacification de la Côte d'Ivoire je formulais Tespoir que, parmi mes collaborateurs, certains voudraient bien consacrer à ce pays, si intéressant à tant de titres, les rares loisirs que leur laissent leurs fonctions, pour compléter et surtout coordonner et réviser, les connaissances acquises, mais éparses dans une foule de publications.

L'histoire du passé a été minutieusement exposée dans une notice établie par mon éminent prédécesseur et qu'il a insérée dans son livre Dix ans à la Côte d'Ivoire. Et pour ces quinze dernières années, on peut se reporter à ma Pacification.

Mais aucun ouvrage d'ensemble n'existe sur la géographie physique et humaine, sur l'organisation des voies de communication, sur la situation administrative et financière, sur le développement commercial, agricole et industriel, sur l'œuvre sociale.

La lacune est aujourd'hui comblée en ce qui concerne la géographie physique et humaine, grâce à M. G. Joseph, Administrateur des Colonies, dont je suis très heureux de présenter le travail au public.

M. G. Joseph était particulièrement qualifié pour entreprendre un pareil ouvrage. Ce n'est pas seulement un Administrateur brillant, d'une rare maturité d'esprit, de jugement sûr et droit, aux connaissances étendues ; il a fait de fortes études scientifiques que l'exil colonial n'a pas interrompues. Depuis son arrivée à la Côte d'Ivoire, il avait recueilli maintes observations, mis au point diverses questions, et ses études firent l'objet d'un grand nombre de publications dans le Bulletin du Comité de l'Afrique française toujours si hospitalier aux jeunes écrivains coloniaux et dans celui de la Société d Anthropologie de Paris.

Le but que s'est proposé, cette fois, M G. Joseph c'est, comme il le dit lui-même « de coordonner les indications recueillies jusqu'à présent sur la Colonie, de sauver de l'oubli d'utiles renseignements géographiques, contenus dans les rapports et les monographies régionales, d'en faire un travail d'ensemble résumant nos connaissances actuelles sur le pays et ses habitants ». Ce but il l'a parfaitement rempli.

Son livre est à la fois précis et complet sans rien d'oiseux ni d'inutile. Il ne contient pas une affirmation qui n'ait été contrôlée. M. Joseph a apporté la rigueur d'investigation d'une méthode scientifique qui faisait défaut à bien de ses devanciers. Son style est sobre et clair et lorsqu'il traite de sujets qui prêtent davantage à la fantaisie telle la géographie urbaine, il devient, sans effort, élégant et enjoué, plein de couleur et de puissance descriptive.

Il expose en premier lieu la géographie physique (météorologie, hydrographie, orographie, faune, végétation, répartition de la population) ; il traite ensuite du pays et de ses

habitants (peuples, ethnographie descriptive, préhistoire, milieu indigène) ; enfin dans une série de monographies, vivantes et documentées, il nous décrit les principales villes de la Colonie, et cette dernière partie de son livre ne sera pas la moins goûtée du lecteur.

Je souhaite que l'exemple de M. G. Joseph soit suivi. Il n'a pas seulement accru ses titres scientifiques et d'écrivain, il a rendu à tous ceux qui s'intéressent à notre colonie, et même à ceux qui l'administrent ou l'habitent, le service inappréciable de mettre à leur disposition, un ouvrage, où ils trouveront de suite les renseignements qu'ils n'auraient pu obtenir sans même être assurés de leur exactitude qu'au prix de recherches longues et rebutantes, dans des publications éparses, aux exemplaires parfois disparus de la circulation. Nous devons le remercier de l'efPort qu'il a fourni à cette occasion, en dehors d'une tâche quotidienne cependant très lourde ; et je me fais avec plaisir l'interprète des coloniaux vis-à-vis d^un collaborateur si digne de l'estime et de Taffection que je lui porte.

G. Angoulvant.

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