Pluies
tants cours d'eau qui prennent leur source entre les 9°o et
lO^Sde latitude Nord pour aller se jeter dans le Golfe de
Guinée, lesquels subissent deux fortes crues annuelles provenant l'une de la grande saison des pluies du Sud, l'autre de la grande saison des pluies de la partie septentrionale de la Côte d'Ivoire. Au-dessus du 8" de latitude Nord, l'année peut être ainsi divisée :
Janvier-février : secs.
Mars, avril, mai, juin ; peu pluvieux.
Juillet, août, septembre : très pluvieux.
Octobre : assez pluvieux.
Novembre, décembre : très peu pluvieux.
11 est intéressant de noter la différence considérable des chutes d'eau à Bassani et à Binger\ille séparés d'une distance de 22 kil. 5 seulement à vol d'oiseau, mais situés le premier au bord de FOcéan, le second sur une éminence surplombant une lagune. Alors qu'en 1911 à Bassani il est tombé 3.001 mm. 3 d'eau il en est tombé 2.231 mm. à Bingerville, soit une différence très appréciable de 770 mm. 3. Mais tandis que la même année à Bassani le nombre des jours de pluie a été de 102 il s'est élevé à 127 à Bingerville.
Ces renseignements sur les deux principaux facteurs du climat (température et pluie) étant donnés, il convient d'examiner la division saisonnière de l'année laquelle, il faut bien le dire, ne peut être définie avec une exactitude bien rigoureuse.
A) Basse Côte
\o jjn \o.r décembre au 15 mai, grande saison sèche caractérisée par une moyenne de température supérieure à 2o<>,
chaude, orageuse mais peu pluvieiise, pénible pour TEuropéen.
2° Du 15 mai au 15 juillet, grande saison des pluies caractérisée par un abaissement constant de la température moyenne (1).
3° Du 15 juillet au l^*" octobre, petite saison sèche, la plus agréable pour l'Européen, la plus fraîche de l'année et pendant laquelle la moyenne de la température s'abaisse au-dessous de 25°.
40 D^ |er octobre au P'' décembre, petite saison des pluies, très pénible pour l'Européen surtout en novembre, marquée par l'accroissement de la température moyenne.
B) Partie septentrionale de la colonie comprise au-delà du 8^ de latitude Nord
\o Du jer novembre au 15 mars, la température nocturne est basse, la température du jour est très chaude ; les chutes d'eau sont insignifiantes. C'est la saison la plus saine pour l'Européen.
2° Du 15 mars au 15 mai, petite saison des pluies, la température nocturne commence à s'abaisser ; les pluies proviennent surtout de tornades. C'est la saison la plus difficilement supportée par l'Européen.
3^ Du 15 mai au 15 juillet, petite saison de transition, assez peu pluvieuse et pendant laquelle la moyenne de la température s'abaisse.
(1) En réalité les grandes pluies ont lieu durant un mois et demi occupant entièrement le mois de Juin.
4° Du 15 juillet au 1" novembre, grande saison des pluies. La moyenne de la température continue à s'abaisser jusqu'en août pour se relever assez brusquement ensuite (1).
Dans la partie centrale de la Côte d'Ivoire, au Baoulé, il y aurait une grande saison sèche de décembre à avril, malsaine pour 1 Européen, une grande saison des pluies d'avril à juillet, une petite saison sèche et chaude de juillet à septembre, enfin une petite saison des pluies en septembre et octobre (2).
IVébuloftité
Dans la basse côte et la région sylvestre, le ciel est constamment chargé de nuages, parfois entièrement couvert ; très rarement il est d'une pureté absolue et prend cette teinte indigo qui lui est commune sous les tropiques. A Bingerville, pendant le mois de janvier, quand souffle l'harmattan, la nébulosité atteint son minimum avec une moyenne de 4/>.
Etat du ciel (année 1911)
Grand-Bassam
Bingerville
Janvier . .
Février . .
Mars . . .
(1) Ces renseignements correspondent assez eiactement à ceux donnés par M. le Lieutenant Dourgoin dans la monographie du Cercle de Séguéla {La Côte d'Ivoire, 1906).
(2) Monographie du Baoulé {La Côte d'Ivoire, 1906).
GÉOGRAPHIE PHTSIQL'E
Avril . . .
Mai. . . .
Juin . . .
Juillet. . .
Août . . .
Septembre .
Octobre . .
Novembre . .
Décembre. .
Dans les parties centrale et septentrionale de la Côte d'Ivoire (savanes , le ciel se maintient clair jusqu'à deux heures de l'après-midi pendant les six mois de grande et petite saisons sèches ; sa limpidité est troublée le soir par de légers nuages.
Certaines brumes spéciales de la haute côte, s'observant notamment dans la région de Bondoukou, ne seraient en réalité constituées cpie par d'infinités de parcelles microscopiques de mica en suspension dans l'atmosphère qu'on peut recueilHr aisément sur une plaque de gélatine mouillée (1).
Houiidité atmosphérique
L'humidité atmosphérique est considérable dans la partie méridionale de la Côte d'Ivoire. A Binger\ille, l'hygromètre se maintient généralement au-dessus de 90 entre 10 heures du soir et 7 heures du matin pour descendre à 80 et 70 entre 11 heures du matin et 2 heures de l'après-midi, mais il s'abaisse rarement à 65, tandis qu'il monte fréquemment
(1) Mission scientifique au Souda?iyEenry Hubert.
jusqu'à 98 et atteindrait parfois le point de saturation (1). Toutefois, le 28 janvier 1911, l'hygromètre marquait un minimum de 51. Cet état de saturation de l'atmosphère qui contribue à rendre si pénible le séjour de l'Européen dans le pays, est cependant propice au développement de certaines plantes utiles à Tindiistrie tels que le palmier à huile, et le cacaoyer dont l'introduction dans la colonie remonte à quelques années.
Les observations faites à Bingerville du mois de novembre 1910 au mois d'octobre 1911 ont donné les résultats ciaprès :
7 heures
13 lieiires
18 heures
moyenne
Novembre 1910 . 91.8
Décembre
Janvier 191
Il . . 95
Février. .
Mars . .
Avril . .
Mai . .
Juin .
Juillet .
Août
Septembre
Octobre.
L'humidité
relative moyenne
de l'ann
ée est à Bic
e:erville
de 87, à Bassani de 84,4, à Toumodi de 75, à Koroko de 68. La moyenne mensuelle de l'humidité relative, cà 14 heures de l'après-midi, a été de 44 à Toumodi en janvier 1910.
(4) D'après les indications de l'enregistreur Hichard que ma commu niquéesM. l'Inspecteur d'agriculture Bervas.
Prcssioos barométriques
La courbe des pressions donnée par l'enregistreur est une sinusoïde d'une régularité telle qu'elle pourrait indiquer l'heure. Les minima sont observés à 6 heures du matin et à 6 heures du soir ; les maxima à 10 heures du matin et à 10 heures du soir.
Les basses pressions s'observent en décembre et janvier; les hautes pressions en juin, juillet et aoiit. Le tableau suivant indique la pression barométrique mensuelle corrigée à 0 et notée à Bingerville (1) sur le baromètre Tonnelot à large cuvette n« 373.
7 heures 13 heures 18 heures
Octobre 1910 .... 755.5 754.7 751
Novembre 54.8 54 53.6
Décembre
Janvier 1911 . . . .
Février . . .
Mars.
Avril
Mai
Juin
Juillet
Août
Septembre
Octobre
(1) Altitude 70 mètres, cg = 1 mm. 93,
IjCn venin
A la mousson du S.-W. qui souffle régulièrement durant presque toute l'année dans la basse côte se substitue, pendant quelques jours du mois de janvier, l'harmattan froid et sec du N.-S. lequel abaisse brusquement l'état hygrométrique de l'atmosphère au point que les feuilles de papier s'enroulent. La force des vents est en général assez faible sauf entre 2 heures et 3 heures de l'après-midi, quand la brise de mer s'ajoute à la mousson du S.-W. que rafraîchit le courant marin contre-équatorial du Golfe de Guinée.
Dans le Sud du Baoulé, à Toumodi, les vents d'Ouest et du Sud-Ouest sont encore dominants. A Man, Séguéla, Dabakala, Korhogo et Bondoukou les vents sont de direction identique, sauf en saison sèche où souffle l'harmattan et pendant les tornades. En haute côte l'harmattan sévit parfois très violent et sans arrêt pendant des périodes de quatre à huit jours. Les indigènes l'appellent « vent du mil ».
Pli^^iKoinèiies fliverw
Les perturbations atmosphériques sont souvent marquées par des phéiiomènes élecinques intenses. C'est ainsi qu'au mois de mars 1911, il a été possible de compter, durant toute une soirée, une succession de vingt éclairs en moyenne par minute.
A Lahou, en décembre 1908, la foudre est tombée comme
attirée par la barre une fois sur le phare, deux autres fois sur le mât de pavillon d'une maison de commerce qui se trouvait à une quarantaine de mètres de la vague déferlante.
La brume et le brouillard apparaissent assez denses au moment de Tharmattan et pendant la saison fraîche et sèche.
Le halo lunaire est très commun en avril.
Les chauve-souris (roussettes) réapparaissent vers le 15 juillet (1). Elles sortent des îles lagunaires vers six heures du soir se dirigeant vers la forêt à la recherche des fruits mûrs notamment des ficus. Leurs vols restent nombreux pendant les mois d'août, septembre, octobre et novembre, mais commencent à se faire rares à partir du mois de décembre.
Les moustiques se multiplient surtout au cours des mois lourds et orageux, par exemple en novembre.
Des volées d'innombrables papillons entraînés par le vent du S.-W. ont été notées au mois de mai 1911.
La maturité des manguiers (arbre importé) a lieu aux mois d'avril, de novembre et décembre ; la maturité des goyaviers en septembre et octobre (1). Les herbes qui ont toute leur hauteur au mois de juillet sont brûlées en septembre et en janvier dans les savanes du Sud; elles sont développées dans le Nord en novembre et brûlées en décembre et janvier.
(1) Bingerville.