HYDROGRAPHIE
WjO, mer. I^c littoral
Tout le long de la Côte, qui se développe sur j^rès de 550 kilomètres, se produit sans répit le phénomène de la harre (1) commun en beaucoup de points du littoral africain.
Ainsi que l'indiquent les courbes bathymétriques des cartes marines, le plateau africain s'ir^cline doucement dans le Golfe de Guinée si bien qu'à 12 milles au large, en face Lahou, on observe par exemple que les fonds ne sont encore que de 200 mètres pour passer brusquement à cette distance à 600 et nOO mètres marquant la terminaison du plateau. Les eaux de fond provenant du large heurtent cette falaise sousmarine, leurs molécules s'ajoutent aux molécules de surface et entraînées dans le même mouvement, forment avec la houle du Sud un rouleau qui vient se briser et déferler avec fracas sur la Cote : c'est la barre (2). Les rouleaux (]ui se
(1) Les fortes barres se manifestenl aux mois de mai, juin et jiiillel.
(2) La longueur des lames diminue, leur hauteur s'accroît et comme leur force vive est relativement peu diminuée par les frottements sur
Joseph
Planche 1
Fig. 1. — La plage de Grancl-Bassam.
Fig. 2. — Baleinière de mer servant au transbordement.
Fig. 3. — La barre à Grand-Bassam.
suivent ainsi jettent sur le littoral de grosses masses du sable apporté par les rivières dans l'Océan et entraîné le long du littoral par le courant contre-équatorial d'Ouest dont la vitesse moyenne atteint deux nœuds à l'iieure. Le flux et le reflux se manifestent presqu'insensiblement. A certaines périodes de l'année, la barre ronge le littoral sableux sur quelques mètres mais les actions de retrait et d'apport se compensent pour ainsi dire à travers les temps.
Du large, la côte apparaît basse et monotone : une frange blanche marquée par la barre déferlante, puis une mince bande de sable et au-delà, fermant l'horizon, un sombre rideau de végétation caractérisent le littoral. Sur la côte Ouest apparaissent des collines et quelques pitons tel que celui du San- Pedro d'une altitude de 60 mètres ; sur la côte Est s'estompent, par beau temps, les éminences qui bordent le Nord des lagunes.
Le littoral sableux qui sépare les lagunes de la mer à partir de Fresco jusqu'à la Côte d'Or britannique est sensiblement rectiligne, dessinant cependant un angle obtus à la hauteur de Petit-Bassam au lieu dit « trou sans fond ».
11 est d'une largeur variable : réduit parfois, et c'est le cas pour Fresco^ à une cinquantaine de mètres, balayé par les fortes barres, il atteint jusqu'à 6 kilomètres ailleurs et comprend alors une succession de dunes sableuses fixées par une végétation où se remarque notamment un petit palmier dattier [phœnix spinosa). En avant de cette brousse et jusqu'à quelques mètres de la barre, croissent des plantes ram-
les fonds qui précèdent la plage, elle brise avec violence au contact de l'estran en produisant ce qu'on a improprement parlé appelé la barre (Ingénieur des Ponts et Chaussées Aron).
pantes, en majorité des papilionacées, qui fixent elles aussi les sables, et enfin, sur toute la Côte se rencontrent des bouquets de cocotiers dont les peuplements seront utilement développés en vue de l'exploitation du coprah. Le cordon littoral au lieu d'être rectiligne comme du côté de la mer (1) présente sur la rive lagunaire une série de rentrants, de petites baies que la marée, qui se fait sentir en lagune par les rares embouchures des grands cours d'eau, contribue à combler de dépôts de vase et de sable. C'est la zone propre au palétuvier représenté par deux variétés : le palétuvier rouge à racines émergeant de Feau en brosse et le palétuvier commun à racines aériennes en arceaux. A proximité des lagunes, les indigènes ont creusé dans les sables une ligne de puits où la nappe aquifère tantôt douce tantôt légèrement saumâtre se trouve à une profondeur de 2 à 5 mètres reposant sur une couche d'argile grise. Les replis des dunes forment ça et là de petits étangs.
De Fresco à la frontière libérienne, la côte change d'aspect par l'apparition de roches et de mouvements de terrain. A l'Est de Sassandra, des collines boisées terminent le plateau intérieur en falaises vers la mer. De grosses accumulations de roches se rencontrent. A travers ces accidents du sol débouclient quantité de petites vallées qui, s'ouvrant vers l'Océan, ont formé d'étroites plages sableuses où sont construites les agglomérations côtières. Les petits cours d'eau qui suivent ces vallées vont prendre leur source à une faible distance dans l'intérieur. La plupart sont des ruisseaux sans
(1) 11 ronvieni de signaler que Teslran nesl pas remanié sensiblement aux fonds dépassant cinq mètres, sauf aux barres 1res mauvaises.
importance dont la longueur ne dépasse pas 10 à 20 kilomètres. Le volume d'eau qu'ils roulent est tellement insignifiant que leur embouchure est généralement obstruée des sables apportés par la barre, ne s'ouvrant que de temps en temps en saison des pluies pendant quelques jours, jusqu'à ce que les dépressions côtières formées en véritables étangs se soient vidées.
Le même phénomène se retrouve jusqu'à Tabou. Ces arroyos sont si nombreux qu'à l'Est de Sassandra on peut en compter jusqu'à vingt sur une distance de 35 kilomètres venant s'anéantir dans ces poches d'eau. Gela donne à l'ensemble du réseau hydrographique côtier une allure spéciale que rend fort bien la carte Pobéguin au 1/500.000 de cette région.
Cette partie du littoral paraît lectiligne dans l'ensemble mais est, dans le détail, fréquemment accidentée de criques, de promontoires rocheux, de récifs contre lesquels viennent se briser les lames et qui émergent à une certaine distance en mer. Nombre de vapeurs se sont échoués sur ces roches, et c'est sur un récif de cette nature, non repéré par les cartes marines, qu'en 1913, à proximité de Tabou, se perdit le cargo « Amiral Exelmans » de la Compagnie des Chargeurs Réunis. Les dunes sableuses de la côte Ouest sont semblables à celles du littoral entre mer et lagune de la côte Est ; elles aboutissent même parfois à de petites poches d'eau que les indigènes utilisent pour se déplacer en pirogue.
lies lagunes
Si imprécise était encore il y a une quarantaine d'années la connaissance de l'hydrographie de la Côte d'Ivoire que
l'ainiral Fleuriot de Langie écrivait sur cette question : (( Diaprés toutes les recherciies que j'ai laites, la rivière de Grand-Bassam, celles connues sous le nom de rio Fresco, Saint-André, Biribi, Gavally, seraient les déversoirs d'une lagune intérieure recevant toutes les eaux qui s'écoulent des Monts de Kong. Les Grébos nomment cette lagune Glé ; ils affirment que ses eaux sont profondes, qu'elle a quatre milles de largeur et que les naturels la parcourent depuis le Lahou jusqu'au-dessus du Biribi et duCavally (1). "
L'exploration du pays a permis de prouver l'inexistence de ce grand réservoir comme des Monts de Kong. Elle a peu à peu révélé en ces vingt-cinq dernières années le détail de la topographie du réseau lagunaire et du système fluvial de la Côte d'Ivoire que nous allons essayer de décrire.
Les lagunes occupent une superficie de 2.400 kilomètres carrés. Elles constituent une voie navigable de premier ordre étant sur presque toute leur étendue navigables pour les chaloupes calant un mètre.
A l'origine, le cordon littoral sableux n'existait pas. Le Golfe de Guinée baignait la côte nord des lagunes, rocheuse, très échancrée, et formant un vaste arc de cercle de Fresco à Half-Assinie. Des récifs coralligènes se sont formés (2) en avant de cette côte primitive, et ont servi de substratum aux sables plaqués par l'action combinée de la barre et du courant d'Ouest, donnant naissance à la bande
(1) Tour fin inonfle du 2e semestre 1873 (Croisière h la Côle d'Afrique en 18(>S).
(2) Nous avons trouvé, en 1909, des calraires coralligènes à polypiers dans la higune de Labou (Le littoral et les lagunes de la Côte d'Ivoire, Gaston Joseph. lUiUetin de l'Afrique Française, juin 1910).
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Fig. 4. — \'a|jeur sur la lagune Ebrié.
— Le cordon littoral (rive lagunaire).
Fig. 6. — Rive de l'île Lauzoa (lagune de Laliou).
littorale et à une lagune unique. Mais les apports détritiques des mières se jetant dans cette mer intérieure ont formé à l'Est des embouchures des grands cours d'eau des comblements plus ou moins étendus divisant la lagune primitive en quatre : la lagune Aby séparée de la lagune Ebrié par le comblement de l'Akapless dû aux apports v de la Gomoé ; la lagune de Lahou séparée de la lagune Ebrié par le comblement de Crafy du aux apports de la Bandama ; la lagune de Fresco avec le comblement à'Ebbounou dû en partie aux apports delà rivière Daguiré. Les zones de comblement sont désertiques. Couvert d'une végétation semi-aquatique où dominent le palétuvier, divers carex, le calamus et le raphia, le sol marécageux de ces régions où subsistent quelques nappes d'eau est désigné par Fonomatopée « poto-poto n.
La lagune Aby à l'Est s'enfonce à 35 kilomètres dans les terres ; la houle s'y fait parfois fortement sentir au point qu'il est dangereux pour les piroguiers de s'y aventurer. Le rivage marécageux au Nord-Ouest, forme un arc de cercle à l'Est et présente une falaise de 60 mètres de haut, en partie calcaire. La lagune Ebrié s'étend sur 100 kilomètres environ ; c'est la plus importante de la colonie tant par son étendue que par l'activité commerciale qui se manifeste sur ses rives où se trouvent les principales agglomérations de la Cùte d'Ivoire [Bassam, Bitigervine, Abidjan, Dabou, etc.). L'abandon de Peiit-Bassa7n où l'on a vainement tenté de construire un port a amené l'étude d'un projet d'avaut-port (1) à l'embouchure de la Comoé et d'un port en eau profonde à Abidjan pour permettre le passage en lagune de cargos de fort
(1) Bulletin de V Afrique Française (mars 1913).
tonnage (1). La lagune de Laliou longue de 50 kilomètres comprend deux branches séparées par la presqu'île Brignan. Des travaux sont actuellement entrepris pour réaliser la jonction des trois lagunes précitées à travers les coinl)lements qui les séparent et où subsistent des chenals peut-être possibles à déblayer et à aménager sans trop grandes dépenses. Au point de vue géologique, les lagunes sont évidenmient en voie de comblement. Une bonne moitié de la lagune primitive est déjà envahie et son comblement progressif est facile à observer à Cvafij par la vase en suspens sur plusieurs kilomètres. Mais le travail de comblement est fort lent par le fait que la marée entraîne dans l'Océan une grosse partie des éléments détritiques amenés par les rivières. D'ailleurs, la formation du littoral sableux et conséquemment des lagunes paraît fort lointaine, à examiner les roches (calcaires à polypier) qui ont contribué à cette formation.
Des îles et des presqu'îles encombrent ces petites mers intérieures : les unes sont entièrement constituées par du sable et de la vase formant le delta à l'embouchure d'une rivière, les autres sont rocheuses, entièrement latéritiques [Lauzod).
Cours d'eau
En saison des pluies, les principales artères fluviales sont enflées démesurément par les apports d'innombrables affluents qui, sur une carte à grande échelle, figurent un réseau très serré de veines et de capillaires. Mais la plupart de ces tributaires restent marqués, en saison sèche (2), par
(1) Il existe des fonds de 17 mètres en face d'Abidjan.
(2) « Les cours d'eau issus des sources constantes sont fort rares, la
la trace d'un ravinement profond du sol, par des filets d'eau, des marigots et par un mince rideau de végétation dans les régions de savane.
Parmi les cours d'eau allant à la côte, il convient de distinguer ceux qui ont leurs sources dans le Soudan méridional entre le 9°5 et le 10<*5 de latitude Nord, en y comprenant le Gavally, des rivières lagunaires et côtières de moindre importance qui naissent dans la zone sylvestre.
Les quatre bassins de la Gomoé, de la Bandama, de la Sassandra et du Gavally divisent hydrographiquement la colonie. Le second s'épanouit largement au Nord et au Gentre ; toutefois le débit du fleuve est un peu moins considérable que celui de la Gomoé et surtout de la Sassandra. Ges grandes rivières ont un cours de 500 à 800 kilomètres, et, si leur direction générale est N.-S., on peut cependant remarquer leur tendance à prendre une direction normale aux ondulations N.-E. 30^ du sol de la colonie. Pareille tendance peut être observée dans le cours de la Sassandra entre son embouchure et Soubré, dans le cours de la Bandama entre son confluent avec la Marahoué et Tiassalé, dans le cours de la Gomoé à la latitude de Bondoukou, mais nous verrons que cette direction est aussi parfois nettement parallèle à ces ondulations du terrain. Il convient de noter en outre que les grandes rivières (Bandama, Gomoé, Volta, etc.) coulent de leur source vers le Nord-Est, puis prennent leur
plupart proviennent de sources temporaires dues aux infiltrations des eaux de pluies tombant sur les montagnes dénudées et coulant en cascade dans des ravins qui prennent, à quelques jours d intervalle, l'aspect d'un torrent impétueux ou celui d'une gorge sèche. » Delafosse dans la monographie du cercle de Korhogo {La Côte d'Ivoire 1906. Grété, éd.).
direction générale vers le Sud après avoir décrit une courbe plus ou moins vaste.
Les grandes rivières lagunaires (Bandama et Comoé) ont un cours inférieur sensiblement à l'état de sénilité, tandis que celui de la Sassandra, nullement en équilibre, eS|. encombré de seuils rocheux à peu de distance de la mer où la rivière débouche directement.
Bassin de la Bandama. — La Bandama dont on peut très approximativement évaluer le cours à 800 kilomètres est formée dans la région de Koroko par deux rivières principales mentiomiées sur les cartes sous les noms de Bandama blanche et Bandama rouge. La plus importante, la Bandama blanche prend sa source à 50 kilomètres environ à l'Ouest de Korhogo, se dirige vers le Nord, traverse la route reliant ce poste à Boundiali sous le nom de Kiaha, décrit une vaste courbe vers l'Est pour prendre définitivement la direction du Sud à 10 kilomètres au Nord-Est du village de Sinématiali. Nous l'avons traversée, en fin janvier, entre Ferkessédougou et Sinématiali sur la route de Kong à Koroko. En ce mois de grande sécheresse, la rivière était guéable, présentait un lit sinueux large d'environ 30 mètres et encombré de roches. Le lit majeur marqué par des berges de 5 à 6 mètres de haut environ paraissait avoir 50 à 60 mètres. A la liauteur de Tancien poste de la Bandama, le cours d'eau avait le même aspect, couJant entre des rives plus escarpées et couvertes d'un rideau de végétation. La région environnante est une plaine à savanes éclaircies où les indigènes entretiennent de vastes plantations d'ignames, de mil et de maïs.
Vers l'Est du village de Darakolondoitgoti s'aperçoivent à Thorizon une série de petites montagnes qui l)ordent la
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Planche
Fig. 7. — La Bandama aux basses eaux à Zambakro.
Fig;. 8. — Barrage rocheux sur la Bandama
rivière dont la largeur, en hivernage, atteint deux cents mètres à la hauteur de Marabadiassa. La Bandama blanche reçoit à droite la Sélémougoii^ le Bou, VOué et le Béré avec qui elle forme au Sud à'Andonié des marécages étendus et impénétrables pendant la saison des pluies (1). Elle coule ensuite dans la région de transition séparant la savane de la forêt et traverse un pays où les zones herbeuses alternent avec les bouquets de bois.
Pendant les basses eaux, au mois de mars, nous avons visité la rivière à hauteur de Bocabo, à plus de 300 kilomètres au Sud de Koroko. Large de 120 à 160 mètres, avec des rives argileuses escarpées et hautes de 7 à8 mètres, elle présente dans cette partie de son cours moyen un aspect nouveau. Tantôt elle file dans un chenal rocheux très étroit, tantôt elle s'étale dans un bief en un vaste lac où émergent des bancs de sable et de cailloux roulés. Avant de recevoir son affluent de droite la Bandama rouge ou Marahoué, elle traverse deux massifs YAkoiié sur la rive gauche, le Yaouré sur la rive droite. Son cours est coupé dans ce trajet de nombreuses bandes de schiste qui constituent des barrages dangereux parfois difficilement accessibles aux pirogues. Les montagnes riveraines lui envoient de nombreux ruisseaux torrentiels pendant la saison des pluies. Sur le flanc du Kokoyakro-Bocca (2) (rive gauche), nous avons remarqué la formation d'un placer aurifère exploité par les indigènes du pays, et qui n'est autre qu'un ancien lac provisoire formé au moment où la Bandama avait à se creuser un lit d'équi-
(1) Lieutenant Schiffer.
(2) Bocca signifie montagne en agni.
libre à travers un seuil jDuissant. Dans ce lac sont venues se déverser les eaux des hauteurs environnantes qui ont déposé en couches visiblement inclinées des alluvions diverses. Il s'est formé en dernier lieu un delta torrentiel typique facile à suivre jusque dans le lit même du cours d'eau où il est marqué sur chacune de ses rives par des accumulations de fragments de schiste.
La Marahoué est formée de nombreuses petites rivières dont la plupart prennent leur source à quelques kilomètres seulement à l'Est de la rivière Bagoé, affluent du Bani. Une b(nme partie de ses eaux viennent du massif de Nahoiilou et du Yani, tributaire de la rive droite qui passe près de Séguéla. La ligne de partage des eaux de la Marahoué (Bandama rouge) et de la Bandama (blanche) est déterminée par un vaste plateau ferrugineux d'altitude moyenne de 60 mètres. « La Marahoué guéable en saison sèche à peu près partout où aboutissent des routes devient en hivernage un véritable fleuve de 100 à 150 mètres de large. Sa profondeur varie de 12 à 15 mètres ; elle atteint 20 mètres au dire des indigènes (1) et s'étale dans une vallée d'inondation d'un kilomètre. »
A Zambakro, plus au Sud, la Bandama est encombrée d'amoncellements granito-gneissiques l^arrant la rivière dans la direction S.-S.-O.-N.-N.-E. Les schistes réapparaissent au contact du granité laminé (orthogneiss) près d'iVouadia, dans le voisinage du massif de Kokumbo. A proximité de Kumikro, le cours d'eau n'a guère plus de 20 mètres cubes de dé])it à Fétiage alors que la Seine roule à Paris plus
(4) Lieutenant Schiffer (1901).
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Fig. 9. — La Bandama près de Bocabo.
Fiff. 10. — Le Xzi aux environs de Dimbokro.
de 60 mètres cubes aux basses eaux. Un peu au Nord de Tiassalé, la Bandama reçoit son plus gros affluent le N'Zi qui prend naissance dans les collines situées en pays Pallaka au N.-O. de Kong et dont l'aspect à hauteur de Samba (route de Kong à Korhogo) est celui d'un ruisseau sans importance. Déjà large et encaissé à hauteur de Fétékro (route de Bouaké à Dabakala) où des montagnes schisteuses le bordent sur la rive gauche, le N'Zi entre ensuite en pays A g ha. « Son lit, parfois coupé de seuils rocheux, a une largeur de 40 à 60 mètres et est encaissé de 5 à 6 mètres. Aux hautes eaux, l'inondation s'étend sur 15 à 1.800 mètres à travers la savane basse qui le borde en beaucoup d'eu droits, ce qui explique l'absence de villages au voisinage immédiat de la rivière ; les rivières secondaires ne sont plus que ça et là des poches d'eau, et c'est grâce à l'humidité atmosphérique que la région est cependant propre aux cultures vivrières indigènes )) (1). 11 reçoit sur sa rive droite le Kan à quelques kilomètres au Sud de Dimbokro.
La ligne de partage des eaux du N'Zi, de la Gomoé et de l'Agnéby est constituée par une ride de terrain peu élevée, mais d'où surgissent des dômes isolés d'une hauteur de 200 à 250 mètres au-dessus du niveau de la mer.
(( A 10 kilomètres de Thiassalé, en face du petit village de Tabouatié, la Bandama d'un bond se précipite du haut des roches qui barrent le fleuve. Il se brise sur les rocs entassés au pied de la chute, rebondit, s'éparpille en écume, retombe, s'enroule en tourbillons d'eau neigeuse, se rue à travers le lit parsemé d'écueils. Plus bas, à 2 kilomètres de
(1) Commandant Betsellére (R. 25 mai 1905).
Thiassalc, le courant, au moment de s'apaiser, reprend une nouvelle vitesse ; des rapides sont formés par une ligne d'ilôts et de récifs parallèles à la rive droite, et ne laissent qu'un étroit chenal à l'écoulement du torrent (1). »
Mais les barrages deviennent rares plus au Sud. Le dernier rapide formant une ligne rocheuse de 50 mètres de large se trouve à Broubrou, point terminus de la navigation à vapeur sur le fleuve. Là commence le cours inférieur caractérisé par des méandres moins brusques, des berges moins abruptes, une plaine d'inondation plus large. La haute forêt est surtout marquée sur les deux rives par des fromagers formant une succession ininterrompue de gigantesques colonnades grises. Les villages indigènes sont établis sur les éminences des concavités constituées par des schistes à séricite très altérés présentant un feuilletage tout à fait typique à Tamabo et à Kanango. Des îles, des pointements de roche, quelques bancs de sable se rencontrent encore ça et là dans le lit de la rivière. Les derniers rocs schisteux émergent à Dombo à 25 kilomètres environ de la côte. Ensuite, le fleuve entre dans une région essentiellement latéritique, contourne les collines de Nandibo et de Dzida (40 mètres), coule dans une vaste plaine formée sur la rive droite par la presqu'île de la Bandama provenant en partie des apports lagunaires et présentant une savane herbeuse à rôniers. La rivière s'élargit, atteint 800 mètres, se divise en deux branches (2) par suite de la présence d'un delta à son entrée en lagune (î^).
(1) Baratier.
(2) Pobéguin. Notes sur les lagunes de Lahou, de Fresco et les rivières Bandama et Yokobouë {B. Société de Géographie^ 1897-1898).
(3) A une époque encore récente, la Bandama, alors appelée fleuve
Elle traverse celle-ci et s'ouvre dans le cordon littoral, pour se jeter dans le Golfe de Guinée, une embouchure de 450 mètres en moyenne, mais variable d'année en année et suivant les saisons.
En somme, la Bandama est caractérisée par un cours supérieur encaissé dans une vaste plaine, un cours moyen en escalier avec des biefs plus ou moins étendus, enfin un cours inférieur dénotant un lit en équilibre dans une plaine d'inondation assez basse.
Les eaux de la Bandama grossissent vers la fin du mois d^avril jusqu'au mois de mai, puis la rivière garde une hauteur moyenne jusqu'à la fin du mois de septembre. Les crues du Soudan, auxquelles s'ajoutent les chutes d'eau de la petite saison des pluies du Sud, enflent la rivière jusqu'en fin novembre. Les eaux baissent rapidement à partir du mois de décembre, et la Bandama atteint son niveau d'étiage en janvier pour demeurer ainsi jusqu'en avril (1).
Les chaloupes calant de 1 m. à 1 m. 10 peuvent remonter le cours d'eau jusqu'à Broubrou à 70 kilomètres environ du littoral ; certaines ont pu atteindre Tiassalé aux crues, mais aux basses eaux elles ne dépassent pas zXhuacré. Le cours inférieur de la rivière est en outre utilisé à l'évacuation des billes d'acajou provenant des chantiers forestiers des deux rives. Enfin quantité de biefs des cours moyen et su]3é rieur de la Bandama sont navigables pour les pirogues.
Bassin de la Comoé. — La Comoé est formée à la limite de la Côte d'Ivoire et du Haut-Sénégal-Niger par la réunion
Lahou, aurait été divisée en trois bras, séparés par des îles boisées, à son arrivée en lagune (Elisée Reclus, 1887). (1) Eysséric.
de la Léraba ou Gonioé occidentale et de la Comonoba ou Baoulé ou Gomoé orientale qui prennent toutes les deux leur source dans le pays Tagoua (cercle de Bobo-Dioulasso). Longue de 750 kilomètres environ, la presque totalité de son bassin est en Côte d'Ivoire. Son cours supérieur jusqu'à Gansé traverse une région à peu près désertique. 11 n'est alimenté que par des tributaires sans importance à droite le Koulouboko, le Taboiirouko, le Kinkené, le Segbono ; à gaucbe Vlringou^ le Kongo. Ges affluents dont les rives ne sont marquées que par des galeries boisées peu épaisses sont à sec une partie de Tannée laissant de distance en distance des points d'eau et des marécages. Dans son cours moyen, la Gomoé ne reçoit sur la rive droite aucun affluent de quelque importance notamment en pays Mango où Teau est si rare en certains mois que les indigènes vont la puiser dans la rivière à 10 et 15 kilomètres de leurs agglomérations. Le cours d'eau est alimenté sur sa rive gauche par la Nenguéré assez encaissée, la Baija grossie de YYfo qui lui apportent les eaux descendues de quantité de ruisseaux des petits massifs de direction N.-N.-E. et traversant le cercle de Bondoukou.
Signalons ensuite le Hétué, mais surtout le Manzan de rindénié grossi de l'Apronpron, en raison de la possibilité de le remonter en pirogue sur plusieurs kilomètres, en raison aussi de la prospection aurifère entreprise, il y a une douzaine d'années, dans sa vallée par diverses Sociétés européennes guidées par les travaux indigènes.
Si le lit de la Gonioé présente sensiblement le môme aspect que celui de la Bandama dans ses difl'érents cours, le bassin de la rivière est cependant beaucoup plus rétréci
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Planche V
Fig. 11. — Le poste d'Alépé et la Gomoé
Fig. 12. — Le Gavally à Fêté.
étant donné le peu de développement de ses tributaires de droite et leur extrême rareté sur la rive gauche.
A Groumania comme à Akakounioékro la Gomoé ne parait pas avoir plus de cent mètres de large avec des berges hautes de 8 à 10 mètres. iVux hautes eaux, le Capitaine Delacou fit en pirogue et en moins de trois jours la reconnaissance du fleuve de Groumania à Attakrou. L'Administrateur Tellier parvint à se rendre ensuite d' Attakrou à Bettié. Ces raids représentent en totalité 150 kilomètres de parcours ininterrompu (1).
Le lit de la Gomoé n'en est pas moins semé d'écueils, mais c'est surtout entre Daboassué et Malamalasso qu'il est impraticable par suite d'une succession de chutes, de barrages, de couloirs sur une distance de 40 kilomètres. Ge n'est qu'à partir de Petit Alépé^ quand la Gomoé a reçu le Tossan, que la navigation par chaloupe à faible tirant d'eau peut avoir lieu. De ce point jusqu'à Bassam, soit sur 60 kilomètres, le cours inférieur de la Gomoé rappelle beaucoup la Bandama. Il est alimenté par les eaux de la Ono qui est navigable pour les petits vapeurs et de la lagune Mpouna par laquelle on a essayé d'aller en chaloupe jusqu'à Assinie.
Les enseignes de vaisseau Delevoye et Bally furent chargés en 1903 d'étudier les améliorations à apporter à la navigabilité de la Gomoé. Leur conclusion fut que la navigation à vapeur dîAlépék Bettié n'aurait quelques chances de pouvoir s'effectuer qu'au prix de travaux hors de proportion avec les résultats à obtenir (2).
(1) On a noté qu'à 100 kilomètres de son embouchure le débit du fleuve ne dépassait pas 10 mètres cubes à l'étiage (janvier 1908).
(2) Rapport d'ensemble sur la situation générale de la Côte d'Ivoire en 1903.
Ajoutons que le régime du cours iVeau est semblable à celui de la Bandama. Les crues sont de 8 à 10 mètres avec une vitesse de courant de 14 à 15 kilomètres à l'heure au débouché vers rOcéan et la mer est parfois jaunie par le limon en suspens jusqu'à 8 kilomètres de la Côte (1).
Au cours des temps la Comoé s'est ouvert une embouchure en différents points faibles du cordon littoral. Trois anciennes voies d'accès du fleuve dans la mer sont connues à l'ouest de Bassani, l'une à deux kilomètres, les autres aux environs d'Azuretti.
Bassin de la Volta. — Au N.-E. de la Côte d'Ivoire, la Volta noire forme la frontière entre la colonie et la Côte d'Or britannique. A ce titre, elle mérite une mention. Venue des environs de Boho-Dioulasso, de Sifarasso, elle peut être parcourue en pirogue du 11^ de latitude Nord jusqu'à Tantama, cependant que de ce point à Gioumbalé son cours soit assez difficile. Mais au Sud, au delà de Vankoro surtout les amoncellements rocheux sont tels sur plusieurs kilomètres parfois que la rivière est imi^rati cable à la petite batellerie (2).
Le Goiilda, qui traverse la partie septentrionale des Monts Kinnta^ le Coladio et le Zorhola sont ses tributaires de la rive droite en Côte d'Ivoire. Secs une partie de l'année, ils montrent dans leur lit des schistes micacés, des quartzites et des dial)ases révélant une constitution géologique diiiercnte de celle des abords nettement orthogneissiques de la Comoé à l'Ouest.
Bassin de la Sassandra (3). — La Sassandra prend sa
(1) Elisée Reclus. Nouvelle géographie universelle, t. XII, 1887.
(2) Lieutenant Chaudron. Les Etats de Bou?ia.
(3) Je remercie particulièrement M. rAdministrateur Terrasson de
source sous le nom de Férédougouba en Guinée Française dans la région de Beyla. Elle coule d'abord vers l'Est passe à 12 kilomètres de Touba où elle a de 40 à 50 mètres de large avec des berges escarpées de 3 à 4 mètres de hauteur. En prenant la direction du Sud, elle reçoit un affluent important la Boa qui prend sa source au Sud de Kouroukoto-Sokourala, reçoit les eaux des petites collines du Barala, puis grossie du Sien et du Tien-Ba venus de la région d'Odienné roule un volume considérable aux hautes eaux dans un lit profond et encaissé. A 20 kilomètres au N.-E. de Semien, la Sassandra reçoit le Bafing descendu de la région de Beyla et grossi de la Nié qui lui aj)porte les eaux des montagnes du pays Dan au N.-E. de Danané. A la hauteur de Semien, le fleuve est à 230 mètres d'altitude (1). La pente moyenne de l'ensemble de son cours alors distant de 450 kilomètres du Golfe de Guinée, est donc de 0,005 par mètre. Sur sa rive droite, la Sassandra reçoit le Zô sur lequel le Capitaine Giroux put recueillir en juillet et août 1910 d'utiles renseignements. Cette jolie rivière de 40 mètres de large environ est calme, profonde, mais malheureusement parsemée de roches. Cet officier a pu la remonter en pirogue de son confluent avec la Sassandra jusqu'à Dougrou. Elle est accessible beaucoup plus haut, des Neyaux étant installés à deux jours en amont de ce village à Zaguié. Le Zô et son tributaire le Ko prennent leur source dans le massif montagneux des Dans qu'ils traversent du Nord au Sud dans des vallées
Fougères des précieuses indications qu'il a bien voulu me fournir notamment sur les régions du N.-O. de la Côte d'Ivoire. (3) Capitaine Laurent.
étroites dominées par des pitons de 800 à 1.000 mètres d'altitude.
Le Capitaine Giroux put également remonter la Sassandra jusqu'à Nouepoudou, Kouzié et Niable, et constater que ce cours d'eau forme entre File Badié et le rapide Balay un bief de 80 kilomètres qui est une voie navigable de premier ordre où les chaloupes pourraient circuler toute l'année.
Le rapide Balaij porté sur les premières cartes de la Sassandra comme infranchissable n'est en réalité dangereux que pendant les mois de septembre et d'octobre au cours desquels les pirogues sont halées sur une piste latérale (1). De File Badaij à Mamadimboco et à Soubré, la Sassandra présente un lit barré de roches et de rapides dont les plus importants sont ceux de Tapé^ de Vrê et les chutes de Nahoua.
En 1910, le Capitaine Bourgoin étudia la Lobo affluent de gauche de la Sassandra au point de vue de sa navigabilité par pirogue. De Guidéko, cet officier pénétra dans la Lobo par le l^ras sud large de 70 mètres mais encombré de bancs de sable. Par suite de son faible courant, la rivière se prête parfaitement au passage des pirogues. Elle coule entre des berges de six à huit mètres de haut, décrit autour de collines peu élevées des méandres à la convexité desquels se rencontrent des bancs de sable. En ces points de la rivière, sa profondeur ne dépasse pas 20 à 50 centimètres en saison sèche. Mais dans les biefs on trouve des fonds de 8 mètres, et à 15 kilomètres d'issia, point où parvint le Capitaine Bourgoin, le bief de Mabogué présente encore des fonds de
(1) Journal Officiel de la Côle d'Ivoire, année 1910, pages 451 et 470.
7 mètres pour une rivière large de 40 mètres. Avec les bancs de sable, les seuls obstacles rencontrés sont des arbres abattus dans le lit de la rivière, mais aux hautes eaux les pirogues passent sans aucune gêne au-dessus de ces obstacles.
Le dernier affluent de la Sassandra à signaler est la Davo qu'elle reçoit sur sa rive gauche à une faible distance de son embouchure et qui est navigable en pirogue sur une petite partie de son cours entre les rapides de Kokolocpozo et Gohienboko. La Davo descend du Nord de Gagnoa.
Entre Soubré et son embouchure, c'est-à-dire sur une distance de 150 kilomètres, la Sassandra encombrée d'iles sableuses et rocheuses, divisée en quantité de bras est obstruée par vingt-deux rapides constituant plutôt des ruptures de pente que des barrières de roches. Le cours d'eau après avoir traversé des biefs de deux à trois kilomètres tombe, en effet, brusquement à un étage inférieur pour s'étaler dans un dédale de roches (1). Malgré ce lit tourmenté, dont la largeur varie de 100 à 500 mètres dans le cours inférieur, les Neyaux de la Côte, qui forment une race éprouvée de pagayeurs adroits à franchir les rapides, remontent le fleuve depuis son embouchure, constituée par un delta large de six kilomètres, se heurtant au premier barrage rocheux à dix kilomètres du littoral à Graouloubré.
La Sassandra atteint son niveau d'étiage en janvier et février. Elle subit en juillet une légère crue consécutive à la saison des pluies de la basse Côte, et en septembre jusqu'en fin octobre une grande crue consécutive aux pluies du
(1) Administrateur Boudet.
Soudan. Elle garde sa liauteur normale pendant les autres mois de Tannée (1). Aux hautes eaux, les transports en pirogue sont interrompus.
Bassin du Cavally. — Le Gavally prend sa source sur le versant Nord du Monl Nimba sous le nom de Dioiigou; il coule ensuite Nord-Sud sous le nom de Yoiibou et, pendant une soixantaine de kilomètres, prend la direction S.-S.-O. du petit massif de Sahon pour reprendre enfin sa direction primitive vers le Sud. Son bassin est j)eu épanoui, ses tributaires, sauf le Davo sur la rive droite, sont de peu d'importance. En aval des rapides s'étendant entre F été. ai Tiboto^ le Gavally entre dans son cours inférieur encore marqué de roches et de bancs de sable mais surtout très encaissé. Très sinueux, c'est alors une fort belle rivière offrant les mêmes caractéristiques que la Bandama et la Comoé, avec un lit dont la largeur varie de 150 à 250 mètres, et alimentée de façon intermittente des eaux de quelques arroyos. Ses rives offrent la particularité d'avoir été en grande partie déboisées et d'être occupées par les rizières et les plantations de cacaoyer des villages assez nombreux de chaque côté. A proximité de la mer, peu après le village de Prolo le Gavally s'étale largement sur environ trois kilomètres avec trois îles au milieu de son lit. Il se jette à la mer par une estuaire, et son embouchure assez étroite est formée du côté Ouest par une pointe sableuse, du côté Est, à B Héron ^ par une pointe rocheuse. 11 est navigable pour les chaloupes jusqu'à Tibolo à 70 kilomètres de la côte au moment des crues et seulement
(1) La Sassandra. Supplément du Bulletin de V Afrique Française, novembre 4901. Administrateur (]. Thomann.
jusqu'à Taté en temps ordinaire. Ces crues ont lieu en mai et juin puis en septembre et novembre atteignant de treize à quinze mètres.
A la suite des missions Blondiaux et Hostains-d'Ollonne, on supposait que la Niion était un affluent du Cavally. Les reconnaissances laites par l'administrateur Joulia en 1906 et 1908 et par le Lieutenant Laurent permirent de différencier nettement la Nuon qui, selon toutes probabilités est le fleuve portant le nom de fleuve Saint Jean dont l'embouchure est sur la côte libérienne (1).
Les grands cours d'eau de la Côte d'Ivoire sont donc loin d'avoir atteint leur état d'équilibre. A Fexception de leur cours inférieur, ils sont peu utilisables pour la navigation. Malgré l'ampleur apparente du réseau fluvial sur une carte, la colonie est en somme mal arrosée par suite de la rareté des sources pérennes et par suite aussi de l'intermittence du débit des rivières en rapport intime avec le ruissellement ou mieux avec l'intensité des pluies.
Rivières secondaires. — Ces cours d'eau dont les plus importants ont une centaine de kilomètres prennent leur source dans la zone sylvestre.
Ils sont encore moins praticables que les cours d'eau précédemment décrits^ Tout juste peut-on signaler comme accessibles aux chaloupes à quelques kilomètres de leur embouchure en lagune la Bia qu'il est possible de remonter jusqu'à
(1) Administrateur Joulia. Deux missions dans le Haut-Cavally {Renseignements coloniaux et documents du Comité de l'Afrique Française, année 1909, pages 113 à 125 et 136 à 146).
Aboisso OÙ commencent les premiers amoncellements rocheux, et le Boxibo praticable jusqu'à Ekradon sur 20 kilomètres environ grâce à des travaux d'entretien constants et onéreux. Les rivières qui débouchent en lagune ont, au surplus, l'inconvénient de présenter à leur embouchure un delta et un arc de cercle de hauts fonds sableux. Extrêmement sinueuses, leurs berges sont inondées une partie de Tannée ; ce fait occasionne Técroulement de la végétation des rives à travers les cours d'eau, et il est fréquent, en les remontant en pirogue, de se trouver en face d'une véritable muraille de lianes et de branches entraînées dans la chute d'un gros arbre. Le lit lui-même, ainsi qu'il nous a été donné de le constater dans le cours moyen du Yokoboiié ou Gô est souvent envahi par une végétation d'arbres semi-aquatiques (calamus, raphia, etc.). Ces rivières ont deux crues annuelles consécutives aux deux saisons des pluies.
Citons encore YAgmHnj qui débouche dans la lagune Ebrié et peut être remontée en pirogue jusqu'à Agboville, mais dont le lit est obstrué d'arbres ; le San-Pédro, la Nono et la Dodo dont l'embouchure n'est jamais ou que très rarement encombrée complètement par les sables. Le Tabou qu'il est possible de remonter en baleinière sur une dizaine de kilomètres et la Nionnoiirou ont la particularité de serrer le littoral de très près avant de déboucher dans le Golfe de Guinée. Le lit du Tabou parallèle à la côte n'est séparé de la mer que par une seule dune sableuse n'ayant guère plus de 50 m<''trcs de large.
Enfin, au N.-O. de la Côte d'Ivoire prennent leur source et coulent sur un parcours assez grand des rivières appartenant au bassin du Niger, ayant de 40 à 60 mètres de large
et un débit assez important : le Gouahala ou Gouala^ navigable pour les pirogues une partie de l'année, le Bagouéy le Bafing, le Boulé.
Testaoés
Mollusques marins. — Peu de coquilles sont rejetées par la barre sur le littoral. Les plus fréquentes sont les donax, les porcelaines, les fuseaux, les seiches. Egalement arca senelis pecter exo tiens LK.
Echinodermes. — Parmi les échinodermes^ les astéries sont rares et toujours petites. Plus rares encore sont les échinidies représentées par le genre rotida. Il est très difficile en raison de leur fragilité de s'en procurer intactes. La barre broie la plupart. Botula se rencontre sur toute la Côte Ouest d'Afrique, mais diffère par le nombre de ses dentelures et son corps plus ou moins plat.
Mollusques lagunaires. — L'huître des palétuviers et Melania auritamûller sont excessivement abondants dans toutes les lagunes où se rencontrent aussi dreissensia^ corbiila^ cyprea, tympatomos fucus.
Dans un conglomérat coquillier récent recueilli dans la lagune d'Assinie, près d'Eboïnda, la présence de Melania tubercidata Miill. est à signaler.
Coquilles fluviatiles. — A remarquer dans la Bandama (Ahouem) la présence de galatea radiata (1).
(1) G. Joseph. Le littoral et les lagunes de la Côte d'Ivoire [Supplément du Bulletin du Co?nité de l'Afrique Française. Année 1911).