‹ La côte des Esclaves et le DahomeyChapitre 27 sur 65 · LITTERATURE · texte numérisé non relu

LITTERATURE

Le plus beau génie s'étiolerait dans le milieu où vivent les noirs. Leur vie matérielle et terre à terre en étoufferait les inspirations; ne cherchons donc pas le génie chez eux. Mais si leur pensée manque le plus souvent d'élévation, leurs discours dénotent une grande facilité et beaucoup de finesse. On ne saurait contester aux nègres un sens droit, le talent et la richesse d'imagination.

Point d'écriture; partant, le développement intellectuel est enrayé. L'écriture ne soulageant pas la mémoire, la pensée n'a pas tout son essor ; elle s'arrête au premier jet de l'improvisaîion.

Entraîné par la rapidité plus ou moins vertigineuse du langage, celui qui parle n'a pas le temps de rechercher le mot propre ; il ne rencontre souvent que des expressions vagues, sans précision et sans clarté. De là l'habitude de s'interrompre fréquemment par des interpellations de ce genre : « Ogbo ? Comprenez-vous ? »

Le langage des nègres est bref et rapide, d'autant plus énergique et expressif qu'à la parole se joint toujours l'action : vives et fréquentes exclamations, gestes passionnés, musique délirante, mimique continuelle. On n'a qu'à se rappeller ce que nous avons dit au chapitre sixième, en parlant des plaisirs et réjouissances. Ici, nous considérons les contes

OU alos simplement comme productions de l'esprit et monuments de littérature.

Ce que Laharpe disait des peuples de l'Orient est peutêtre plus vrai encore des nègres : « Ces peuples amollis par le climat et intimidés par le despotisme ne se sont pas élevés jusqu'à la vraie philosophie. Mais ils ont habillé la morale en paraboles et inventé des contes amusants. »

Les alos ont pour but principal de plaire et d'amuser. Outre ceux que nous citons dans ce chapitre, d'autres sont épars dans le corps de l'ouvrage.

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