‹ La côte des Esclaves et le DahomeyChapitre 45 sur 65 · SOLO · texte numérisé non relu

SOLO

Tu es grand, tu es fort, ô Jalodé, tu aurais pu rivaliser de puissance avec Chango ' ; mais être méchant et terrible t'a paru

' Chango, dieu de la foudre.

indigne d'un oricha, et tu préfères te signaler par les bienfaits de ta protection. Nous avons confiance en toi, ô Jalodé ; soisnous favorable.

TOUS

Jalodé, bon oricha, conduis-nous, écarte tout malheur.

Tu es si fort que l'on te craint alors même qu'on t'aime. Mais toi, de qui donc as-tu rien à craindre? La zagaie ne peut entamer ta peau; la balle qui t'atteint glisse et va se perdre : on ne peut rien contre toi. Toi, rien ne te résiste. Celui que tu protèges n'a pas besoin de veiller : il s'endort tranquille, et ton œil est ouvert sur lui.

Nous nous confions à toi, ô Jalodé, sois-nous favorable.

TOUS

Jalodé, bon oricha, conduis-nous, écarte tout malheur.

Vois dans la pirogue ce voyageur venu de la terre des blancs. Qu'il ne lui arrive aucun mal dans ta lagune : il croirait que tu es méchant comme Legha^. S'il périt, on croira que nous n'en avons pas pris soin. Montre au blanc que tu gardes les hommes : conduis-nous sans encombre.

TOUS

Jalodé, bon oricha, conduis-nous, écarte tout malheur.

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