AU RETOUR
Le feu est ardent : le feu n'arrête pas le forgeron, il ne l'empêche pas de forger.
Le feu pétille : le feu n'effraye pas le forgeron, il ne l'empêche pas de forger.
Acaba a détruit Jahasé; il a exposé comme trophée le tam-tam que Kpolou battait.
Jéhumé s'est servi de ce tam-tam, et il a pris le nom d'épée qui se jette dans la mêlée.
' Pitou, espèce de bière du pays.
Le tam-tam des combats est dans l'enthousiasme : le tamtam chante victoire au danseur.
Nous voici de retour !
A'. B. — Acaba et Jéhumé sont deux rois de Dahomey.
La pantomime et la danse sont l'accompagnement obhgé des chants du soldat dahoméen. Il est intéressant d'assister au spectacle d'hommes en armes, s'agitant, pirouettant et faisant des saints militaires. Ces fusils que l'on porte en sens divers; ces épées nues qui se meuvent avec dextérité au-dessus des têtes, en traçant mille sinuosités dans l'air; ces êtres humains qui grimacent et font des contorsions : toute cette mêlée forme un tableau dont il est difficile de donner une idée.
Pour saluer quelqu'un et lui faire honneur, au milieu de ces vives évolutions, les soldats tournent leur fusil contre lui, et portent sur sa tête ou sur sa poitrine la pointe de leur épée, tandis qu'ils passent auprès de lui en tournoyant.
Dans le chant de départ que nous avons cité plus haut, deux strophes sur trois tendent à mettre dans l'àme des combattants, non l'amour de la patrie (il n'en est pas question), mais le mépris de la mort. Quoi qu'ils fassent et quoi qu'ils disent, ces guerriers ont encore des appréhensions, fort naturelles, du reste. Us se chargent littéralement d'amulettes , que la superstition leur représente comme des préservatifs : ils en ont à la tête, au cou, aux bras, sur la poitrine, autour des reins, aux jambes, aux pieds, partout. Certains tiennent à la main et agitent devant eux une queue de cheval, de cabri ou d'autre animal, afin de chasser et de faire dévier les balles ennemies.