‹ La côte des Esclaves et le DahomeyChapitre 58 sur 65 · SACRIFICES HUMAINS · texte numérisé non relu

SACRIFICES HUMAINS

Nous ne nous étonnons pas de ce que le roi de Dahomey juge les sacrifices, et même les sacrifices humains, nécessaires à la conservation et à la prospérité de l'État. Ce n'est point par pure superstition ou par simple préjugé qu'il croit à l'efficacité du sacrifice. Tous les peuples y ont cru comme lui, et avec raison; car l'homme, condamné à mourir à cause de son péché, doit racheter sa vie en livrant

' C'est pourtant lui qui ralimente.

volontairement la vie d'une victime. A Rome, chez les

Phéniciens, à Carthage, en Egypte, dans l'Inde , nous

trouvons des sacrifices partout, et presque partout des sacrifices humains. Jusque-là. le Dahomey ne fait pas exception.

Ce qu'il y a de particulier dans ce royaume, c'est la mul-« titude des victimes; c'est la barbarie que l'on étale dans ces sacrifices ; c'est que les sacrifices humains y sont une coutume et une fête. Tous les ans, vers les mois d'août et d'octobre, ont lieu des massacres en masse, massacres dont on se fait un jeu et dont on se glorifie.

Je ne puis me rappeler sans frémir d'indignation et d'horreur ce que j'ai entendu raconter par des témoins oculaires, de ces orgies de cannibales, oii le rire et le ricanement répondent au râle de l'agonie. Il me semble voir encore la terreur peinte sur le visage d'un muet (jui, à Wydah, me représentait par une pantomime animée ce qu'il avait eu sous les yeux à Abomey, durant les coutumes. J'ai vu, à Porto-Novo, des crânes incrustés dans les murs du temple de la mort, des tètes exposées sur des pieux, au milieu d'une place publique; des cadavres pendus aux branches d'arbres ; des cadavres mutilés, abandonnés dans les champs, dévorés à demi par les bètes; des ossements épars çà et là... Je frissonnais... Et dire que tout cela n'a rien d'horrible, eu comparaison dea fêtes des coutumes l...

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