‹ La côte nord du Saint-Laurent et le Labrador canadienChapitre 20 sur 23 · IJ'Z LA COTE NORD · texte numérisé non relu

IJ'Z LA COTE NORD

L'île aux Goélands qui forme partie du groupe des îles de la Tête-à-la-Baleine, possède un bon havre et n'est occupée que par une famille. Elle est dépourvue de bois ; en revanche, on remarque, au centre, un lac d'une superficie de cinq acres et d'une profondeur de trois pieds.

Les habitants de Tête-à-la-Baleine ne connaissent pas d'autre industrie que celle de la pêche. Ils prennent de la morue, du homard et du loup-marin. On estime que chaque famille peut se faire un revenu de $400 à $600.

Sourilaba?t. — Ce poste qui porte un nom montagnais que l'on peut traduire par « endroit où il y a de l'argent », se trouve placé à huit milles environ de la Tête-à-la-Baleine.

Trois familles y passent l'hiver et font la chasse qui leur rapporte en moyenne $200 par année.

Souri labari constitue un très beau havre pour des vaisseaux de 50 à 60 tonneaux.

Baie-Plate. — Ce poste de pêche que l'on rencontre au nord des îles de la Tête-à-la-Baleine, donne asile l'hiver à une dizaine de familles qui se livrent à la chasse et gagnent par ce moyen leur existence.

On ne peut aborder en cet endroit qu'à marée haute.

Lac Sale. — Ce lac, d'après M. l'arpenteur C.-E. Lemoine, forme une extension de Fishing Harbout. Il mesure environ 2]/2 milles de longueur sur i1/^ mille de largeur, est peu profond et s'assèche, en certains, endroits à marée basse.

Quatre familles habitent ce poste durant l'hiver, afin de se livrer à la chasse.

Baie-des-Moutons. — Le village de la Baie-des-Moutons est situé sur la côte-est de la baie du même nom, à une quinzaine de milles de la Tête-à-la-Baleine. C'est un des

plus anciens hameaux de la côte, ayant été fondé sous le régime français.

Le port d'entrée n'est pas très vaste, mais offre une grande sécurité. Des montagnes d'une altitude de quatre à cinq cents pieds le protègent de tous côtés.

La population, qui comprend 300 âmes, est d'origine anglaise et appartient à la religion épiscopalienne.

On y remarque une église, un bureau de télégraphe et un bureau de poste.

Les maisons Thompson, de Halifax, Nouvelle-Ecosse, et R. C. Brown, de Toronto, y ont installé des magasins assez considérables. A un mille du village, un canadien-français y a aussi ouvert un établissement du même genre.

La principale ressource des habitants est la pêche à la morue durant l'été et la chasse aux loups-marins, pendant l'hiver. Cette double exploitation leur procure un revenu qui varie entre $500 et $1000.

Gros-Mêcatina. — Ce poste de pêche se trouve à un mille à l'est de la Baie-des-Moutons. Il n'est occupé que par deux familles qui doivent leur subsistance à la pêche à la morue et à la chasse au loup-marin.

Leur pêche annuelle, d'après le rapport de M. C.-E. Lemoine, A. G. de 1906, est de 200 à 250 quintaux de morue, et de 200 à 300 loups-marins, ce qui peut leur rapporter environ $1,200.

Le havre du Gros-Mécatina peut recevoir des vaisseaux de 100 à 150 tonneaux.

Ile du Gros-Mêcatina. — L'île du Grand-Mêcatina ou encore du Gros-Mëcatina, comme l'appellent plus communément les gens de la Côte, mesure trois milles de largeur ; sa plus grande hauteur au centre est de cinq cents pieds.

Plusieurs îlets se trouvent dans le voisinage et protègent l'intérieur des baies.

Cette île possède deux bons havres où les plus gros vaisseaux peuvent mouiller en sûreté. Elle fourmille d'oiseaux de mer, et est très fréquentée par les bâtiments pêcheurs de la Nouvelle-Ecosse et de Pile de Terreneuve qui vont y faire la pêche de la morue, du maquereau et du hareng. On y tue aussi beaucoup de phoques ou loupsmarins au commencement de l'hiver et du printemps.

Cette île avait été affermée, en 1897, à M. Ant. L. Howard, puis elle était passée aux mains de la Halifax Fishing Co, et en dernier lieu la Cie R. C. Brown, de Toronto. Cette dernière qui est propriétaire d'un certain nombre de goélettes, emploie une cinquantaine d'hommes, six mois de l'année, à la pêche à la morue. Elle s'occupe aussi du commerce.

Plusieurs autres personnes de l'île se livrent aussi à la pêche à la morue.

L'île du Petit-Mécatina mesure 7 y2 milles de long sur 3 milles de longueur. Elle est formée de collines dont la plus haute ne dépasse point 170 pieds au-dessus du niveau de la mer. Du côté est de l'île se présente le Havre au Lièvre ou Hare Harbour, assez profond pour accommoder les vaisseaux de bonne dimension.

La Tabatière. — Le hameau de Saint-Joseph-de-la-Tabatière avec église et presbytère se trouve au fond d'une vallée. Les sombres rochers de la Côte s'écartent ici pour faire place à une vallée bien étroite, et c'est dans cette vallée que se trouve l'église catholique.

La baie de la Tabatière est reconnue excellente pour la pêche à la morue et jouit encore d'une plus grande renommée poui sa pêche aux loups-marins. Cette dernière pêche

se fait ici avec des filets que l'on place dans les anses fréquentées par ces animaux

Le havre de la Tabatière est très fréquenté, même un peu trop par les maraudeurs qui ont déjà ruiné plusieurs iles en s'emparant des œufs d'oiseaux et en poursuivant sans relâche le gibier. Il se prend ici des canards.

Le village de la Tabatière et celui du Vieux-Fort comportent une population de 50 personnes.

Baie Rouge. — A deux milles environ de la Tabatière.

Ce poste compte une quinzaine de maisons, et les habitants font la pêche à la morue, au hareng et au homard. La pêche, jointe aux produits de la chasse, leur permet de se créer un revenu de $300 à $500.00.

Ce petit poste est doté d'une église catholique desservie par les PP. Eudistes.

Tête-à~la- Baleine de PEst. — On rencontre ce poste à douze milles en bas de Kékarpoui, et à 30 milles plus bas que la Tête-à-la-Baleine de l'ouest.

Un des meilleurs endroits pour la pêche à la morue.

Trois familles seulement résident ici en permanence.

IJ y a quelques années, le capitaine Howard, d'Ontario, avait fondé ici un grand établissement pour la pêche du homard et sa mise en conserve, mais cet établissement est fermé. Il est question maintenant d'en faire la réouverture.

Baie des Galluchons. — Située à l'embouchure de la Baie des Ha ! Ha ! Le fond de cette baie est boisé de sapins, d'épinettes et de bouleaux.

Trois familles qui font la chasse au loup-marin habitent cette baie durant la saison d'hiver.

Havre de V Aigle (Eagle-Harbour). — Excellent poste de

pêche pour la morue, le saumon, le homard et le loupmarin.

La rivière Kécarpoui a son embouchure dans la partie nord de ce havre, et l'on y a tout l'espace nécessaire pour y bâtir une scierie. C'est aussi l'un des bons havres de la Côte, la profondeur de l'eau allant de huit à trente-six pieds.

Baie de Shëcatica. — Eloignée d'une vingtaine de milles du poste de Saint-Augustin. On arrive à cette baie par un canal très profond mais fort étroit. Jacques Cartier, le découvreur du Canada, s'y arrêta lors de son premier voyage.

La baie de Shécatica est encore tenue pour une bonne place de pêche. Elle est surtout excellente pour le homard.

Il y a ici deux îles contigùes assez rapprochées de la terre ferme : l'île Shècatika qui a un demi mille de long et 150 pieds de haut et l'île Mistanoque qui est un peu plus considérable. On trouve du bois en abondance sur ces îles.

Vieux-Fort. — Situé à dix-huit milles à l'est de la baie des Rochers et à cinq milles à l'ouest de Bonne-Espérance, dans le nouveau canton de l'Archipel du Vieux-Fort. Le seul chenal qui y donne accès est celui de l'île à la Baleine.

Les rochers du Vieux-Fort sont nombreux et bas ; ils s'étendent à trois quarts de mille au sud-ouest de l'île à la Baleine.

La baie du Vieux-Fort est tenue en haute estime par les pêcheurs. On y trouve du saumon et de la truite en abondance.

Sur les instances des pêcheurs de l'endroit, le ministère des Terres de Québec a fait opérer la subdivision de seize

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petits lots qui constitueront autant d'emplacements pour les pêcheurs.

L'île à la Baleine est d'une hauteur moyenne et d'un diamètre d'un mille et demi. Des myriades d'îlots de toute forme et de toutes dimensions la réunissent à la baie des Esquimaux.

L'île à la Baleine est excellente pour la pêche à la morue. C'est aussi un des meilleurs endroits pour y tendre des trap-nets.

Les Américains et les Terreneuviens viennent en grand nombre, chaque année, pêcher au large de cette île.

Baie-des-Esquimatix. — Cette baie qui se trouve enclavée dans le canton de l'archipel du Vieux-Fort est très profonde et d'une grande largeur à son entrée. Elle va se rétrécissant jusqu'à Rigoler, ensuite elle s'élargit de nouveau et forme une petite mer intérieure jusqu'à l'endroit où elle reçoit la décharge de la grande rivière des Naskapis.

On a relevé sur les bords de cette baie de nombreuses installations de pêcheurs. Notons celles de MM. D. Cheval ier, Henry Grimn, John Paquet, Thom Nather, John Buckle, Sam. Thomas, Owen Chevalier, John Swoot, Vigneau, E. Grimn, John Goddard, Charley Goddard, W. Tucker, George Pringle, T. Robert, James Holmes, Robert ec Nad. Dunn, Jack Blanche, Bob Dunn, Henry McAllister.

On y voit encore une église protestante avec maison d'école, et en ces derniers temps on a fixé le site d'un emplacement pour une église catholique.

La baie-des-Esquimaux contient aujourd'hui vingt-cinq lots arpentés, chacun ayant à peu près un demi acre d'étendue.

Bonne-Espérance. — Ce poste est éloigné d'environ quarante-cinq milles de la rivière Saint- Augustin, et de 757

milles de Québec.

La Baie de Bonne-Espérance est tenue pour un des plus vastes ports du Labrador ; il est complètement abrité par deux ou trois rangées d'îles, et l'on peut y entrer par quatre passages différents.

L'île de Bonne-Espérance qui se trouve dans la baie du même nom est assez considérable. Elle a une contenance de 235 acres et est occupée par les MM. Whiteley qui y ont un grand établissement de pêche à la morue (1).

De Bonne-Espérance à la baie de Brador, il y a peu d'îles. Toutes sont désertes, sauf l'île au Perroquet et l'île Verte. Ces deux îles sont couvertes de perroquets de mer qui pondent dans des trous pratiqués dans le sable. Ces oiseaux sont assez peu farouches ; on les capture au moyeu de filets à mailles. Les chasseurs en tuent aussi beaucoup au fusil (*).

Des centaines de bateaux viennent visiter chaque année ces îles et en même temps qu'ils font la pêche, se livrent à une chasse intensive des oiseaux réfugiés sur les îles.

Ile-aux-Pigeons, — Dans la baie de Bonne-Espérance. Cette île a une superficie totale de 42 acres. On y voit un bel établissement de pêche tenu par M. John Buckle.

Il y a aussi un autre îlot qui se trouve placé entre l'île de Bonne-Espérance et l'île aux Pigeons. Cet îlot mesure une superficie de cinq acres.

Ile-au- Caribou. — Cette île n'a que six acres en étendue. On y avait installé autrefois une manufacture de guano. Aujourd'hui, le principal établissement est celui de M. Whiteley, qui, on l'a vu déjà, fait en grand la pêche à la morue.

(1) J.-C. Demenles, A. G., J904

(1) M. A.-E. Joncas, rapport de 1906.

Baie-au~Saumon. — Les pêcheurs comptent ici plusieurs établissements. Quelques-uns de ces pêcheurs retournent à Terreneuve après la pêche, d'autres passent l'hiver dans la baie de la rivière des Esquimaux où ils se sont érigé des maisons. La saison d'hiver se passe en bonne partie à la chasse dans l'intérieur (*).

Citons en passant la rivière du Saumon qui est plutôt un gros ruisseau ayant le double mérite d'être d'accès facile et de constituer un bon havre. Ce ruisseau abonde en truites, et le saumon lui-même ne dédaigne pas d'y remonter.

Ile de la Maison {House Islande). — Située au nord-ouest de l'île au Caribou. Elle a une étendue de quinze acres et renferme quelques établissements de pêcheurs.

Baie de Brador. — Cette baie est à vingt milles de Bonne- Espérance, dans le nouveau canton de l'archipel du Blanc- Sablon. Sa profondeur est de six milles et l'entrée accuse une longueur de dix milles. Elle porta autrefois le nom de baie de Phélypeaux.

C'est un des beaux havres de la côte du Labrador. Les vaisseaux y trouvent un abri contre tous les vents.

Cette baie était réputée autrefois un endroit de pêche exceptionnel pour le saumon, la morue, le hareng, le maquereau et le loup-marin. Elle a quelque peu diminué, mais elle n'en reste pas moins tout de même un lieu privilégié pour la pêche. Les pêcheurs qui la fréquentent font encore chaque année d'excellentes recettes.

A l'instigation de ces pêcheurs, le ministère des terres a fait subdiviser en 1904, dans la baie de Brador, dix-huit lots de peu d'étendue chacun. Ils sont assez vastes toutefois pour permettre d'ériger maisons, hangars, charïauds,

(1) J.-C. Demeules, A. G. 1904.

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etc, pour chaque pêcheur. M. Alexandre Biais est devenu en ces derniers temps le propriétaire de trois de ces lots.

Au fond de la baie, nous remarquons un groupe de petites îles d'aspect très pittoresque séparées par d'étroits canaux les unes des autres. Les principales îles sont Vile au Cochon^ — quatre acres et demi en étendue, Vîle aux //a/s, et Vîle Ude/L

L'île UdeU, — quatre acres et demi — avec une autre île de même étendue, ferment presque l'entrée du havre. M. Udell y tient un grand établissement de pêche.

Sur l'île aux I/o/s, plusieurs pêcheurs tiennent feu et lieu : MM. Thomas Joncas, Frédéric Poor, E. Penny, A. Biais, Geo. Eshidge, George Hobbs, F. Jones, J. Harris, Udell, père et fils.

M. l'arpenteur Demeules fait remarquer que le climat est très rigoureux dans cette partie du bas du Labrador.

Le village est bâti du côté est de la baie, sur un terrain uni et sablonneux, traversé par plusieurs ruisseaux. De même que Bonne-Espérance, la baie de Brador est le lieu de rendez-vous de tous les vaisseaux côtiers pendant la belle saison.

Havre-des-Cinq-Lieues. — Excellent havre à l'est de la Baie-des-Esquimaux, dans l'archipel du Blanc-Sablon. Deux lots, dont l'un de cinq acres et l'autre de vingt-trois, ont été arpentés.

Baie-dii-MUicu. — A peu de distance du havre des Cinqlieues, dans le canton de l'archipel du Blanc-Sablon. Les pêcheurs ont ici quelques établissements. Huit petits lots d'une contenance totale de douze acres ont été subdivisés.

Baie-des-BeUes- Amours. — Située à l'est de la Baie-du- Milieu. M. F. Penny fait ici la pêche à la baleine. Deux lots ont été subdivisés pour les pêcheurs de l'endroit.

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Lourdes-de-Blanc-Sablon. — La Longue-Pointe, centre d'une mission nommée aujourd'hui Lourdes-de-Blanc-Sablon, termine à l'est la baie de Brador, et à l'ouest la baie de Blanc-Sablon. C'est le lieu d'atterrissage du câble télégraphique qui relie l'île d'Anticosti à la Côte-Nord.

Il y a ici sept familles, et vingt-quatre lots ont été subdivisés en 1904. Ces familles établies là depuis trente ans environ, sont venues principalement de la baie des Chaleurs.

A trois milles au large de la Longue-Pointe, l'on rencontre Vile- Verte (Greenly Island) repartie en cinq lots d'une superficie totale de 175 acres. Deux de ces lots sont occupés par M. Alexandre Biais. L' Ile-Verte compte un établissement de pêche très important dirigé par des terreneu viens, MM. Job & frère.

Baie-de- Blanc-Sablon :. — Cette baie d'une assez grande étendue, commence à la Longue-Pointe, et fait pour ainsi dire partie du détroit de Belle-Isle. Elle tire son nom des sables blancs d'une petite rivière qui lui apporte le tribut de ses eaux.

C'est la dernière station de pêche de la province de Québec. Les établissements des pêcheurs sont installés au fond de la baie.

La baie de Blanc-Sablon est large d'un demi-mille avec une profondeur de vingt-cinq arpents. Elle est exposée aux vents de l'ouest qui y soulèvent une forte mer et en font un mouillage peu sûr, surtout en automne.

Du fond de la baie s'étend une longue pointe qui forme une belle grève de sable adossée à un plateau plus élevé.

En face de Blanc-Sablon émergent les îles au Bats et Greenley. Ces deux îles sont basses et ont été depuis quelques années complètement dépouillées de leurs bois.

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