I, ES MOVTAOVKS 0 K LA ROM) A
la'jp de ceci. Il y a un moyen bien simple de lerniiner tout cela ; que ce «{eutilliomme s'en retourne à Xérès, demain au soir il sera à Cadix, et, sur mon âme, il fera mieux que de nous suivre, et qu'il me croie, car c'est un ami qui lui donne ce conseil.
— Et moi je lui défends de partir, — reprit Tiiitilla d'un air arrofjant.
— Kt moi je reste, » ajoutai-je en pensant aux daugcrs que pouvait courir cette pauvre Française qui était si mal entourée.
Tintilla, voyant dans ma résolution un acquiescement il sa volonté, voulut me prendre la main pour m'en remercier ; je la repoussai : je ne sais pour- (|uoi dès ce moment elle me dé;|oùta et me devint insupportable.
Le calme se rétablit peu à peu, et je me mis à marcher seul derrière la \oiture, et l'examinai d'un (pil curieux. C'était une grande berline; sur un des panneaux il y avait une couronne de comte que surmoiilait un chiffre. Ce qui me paraissait singulier, c'était de ne voir aucun domestique sur les sièges (|ui paraissaient disposés pourtant pour recevoir les gens; j'étais occupé de ces pensées, lorsque l'homme au manteau parfit au grand trot et disparut derrière le versant de la montagne.
Fort alarmé de ce manège, j'armai silencieusement ma carabine, qui reposait dans un porte-crosse, comme un fusil à la chasse, et j'attendis. Dix minutes après, il revint tranquillement dire à Hiislh'y :
.1 I,es ladrones • des volein's).
I7i LA COUCARATCHA.
« Je suis dans un coupe-gor{]o, — pensai-je ; — mais je vendrai cher ma vie et celle de cetle femme qui est là-dedans, mais ma première balle sera pour Tintilla qui m'a conduit ici. »
En effet, une vingtaine d'hommes, dont quelquesuns étaient à cheval, parurent sortir comme par enchantement de toutes les crevasses des rochers qui bordaient la route, mais sans cris, sans désordre; tous étaient fort calmes et fort posés. Le cocher arrêta ses mules de lui-même, et l'homme qui paraissait commander la bande s'approcha d'Hasth'y.
Celui qui s'était avancé à sa rencontre lui montra je ne sais en vérité quel talisman ; car à l'instant qu'il l'eut vu, le chef donna son indigne main à Hasih'y, et lui dit : a Allez avec Dieu, mon compère.
— Que les saints vous protègent, messeigneurs ! » — dit à son tour Hasih'y.
Et la voiture reprenant le trot, nous laissâmes derrière nous cette mauvaise compagnie, dont nous venions d'êlre délivrés d'une si miraculeuse façon.
CHAPITRK III.
J'avais été si fort étonné de la sin;;ulière et Iranquille retraite des voleurs, qu'au bout d'un quart d'heure seulement je m'approchai de Tintilla afin de savoir le mot de cette énigme.
LKS MONTAGNES DE LA ROXnA. l'h
La Bohémienne paraissait rêveuse et absorbée , et je fus forcé de la secouer assez rudement par le bras pour en obtenir une réponse.
a Tinfilla, — lui dis-je, — que signifie tout cela? quels sont ces hommes , et de quelle diabolique Influence peut user votre père pour les obliger à nous laisser causer ainsi ]ii)rement?
— Ce que cela signifie? — reprit la Bohémienne avec exallation... — ce que cela signifie? c'est que tout à l'heure je te disais de rester, et que maintenant je veux que tu partes, entends-tu... je le veux. «
Et sa main me serrait le poignet d'une assez vigoureuse façon.
li Quant à cela, — lui répondis-je, — ça ne sera pas, car je reste... oui, je reste... Ainsi ôte la main de dessus mon bras , car tu t'abîmes les ongles , et voilà tout.
— Et moi je te dis que tu partiras , — reprit la Bohémienne ; — et pour t'y décider, s'il le faut, je partirai avec toi cette nuit même; nous retournerons à Cadix ; mon père nous joindra plus tard... Je suis sûre de son consentement.
— Merci, ma chère, de votre offre ; mais, encore une fois, je resterai, — lui dis-je d'un ton ferme qui annonçait une volonté qu'elle savait bien être inébranlable.
— Mais, par Mahomet, tu ignores donc qui je suis, quel est mon père , quel est son métier?
— Je m'en doute, et c'est pour cela que je reste.
17»; I, \ coL'c \K \T(:n \.
— Ah! tu le sais , corps de Clirist, lu sais (\uo mon père est un des chefs de la haude de los ladroues dp Confrato ' , des voleurs à l'amiahle qui rançonnent les voyageurs, et leur lait payer quelquefois cher, par Mahomet, les sauf-conduits qu'elle accorde ! Sais-tu aussi que, si les gardes de ronde nous surprenaient, nous serions tués sur la place... le sais-tu... et par la hande de mon père? Il serait beau de voir un officier du roi de l''rance pendu comme complice d'une hande de voleurs et d'assassins bohémiens. Maintenant tu sais fout... méprisemoi , chasse-moi comme nue voleuse , je le souffrirai , mais va-t'en ; emmène-moi comme esclave , je te suivrai,... ordonne-moi de rester ici, je resterai ; mais, par ^yiahomet , va-t'en... par pitié, va-l'en...- VA la liolu-mienne, quittant les rênes de son cheval, me prenant le bras de ses deux mains, nie snppliail avec 1rs plus vives instances.
.le compris parfaite: lent.. Ce peu de mots m'expliqua le paisible far-nienle d'Hasth'y et le mystère
' Il exisliiil à (liidix et à Xcips, l'n l82i:J , une siii;[ulic'n> pspi'rc dv compagnie d'assurancr , pour .Tinsi dire Inlrire ji.ir la police ; les vo- ItMirs à l'amiahle , comme on les appelle , moyennant nne prime assez i'orle, donnaient des sauf- rondnils pour traverser l'Andalousie jusqu'à Séville, et mettaient ainsi les vojajjeurs à peu pris à l'abri des i ioleuei's et de» rapines de deu^ on (rois liandes sans doute organisées par la compagnie , et qui rendaient alors cette roule extrêmement dangereuse. Kn I82S, je crois, les cortés lircut arrêter et juger les assnrours, qui rureal envoyés aux galères ou pendus; mais les routes n'en furent |i.fs plus sûres; an contraire, car les mesures d'une pcdice inlialiile ne donnèrent pas même an\ voyageurs l'espèce de garanlie que le.ir offrait li ciunpagnie d''» vulcins .1 l',irui;iMt>