PROCÉDÉS DE DESTRUCTION EXPERIMENTALE DES COUCHES OPTIQUES
Pour résoudre le problème suivant : faire expérimentalement chez l'animal, des foyers de déficit localisés à la couche optique, après plusieurs tentatives infructueuses de procédés personnels, nous nous sommes simplement borné à nous servir des moyens employés par les auteurs qui nous ont précédé dans cette étude, en choisissant, cela va sans dire, ceux qui nous ont paru répondre le mieux aux conditions proposées. En effet, de quelque façon qu'on essaie de tourner la difficulté, on est obligé de choisir entre les deux méthodes suivantes :
l*' Faire dans la profondeur, en passant à travers ou entre les hémisphères — avec le moins de dégâts possible — des destructions de la couche optique par un procédé quelconque permettant de limiter la destruction à l'extrémité inférieure de l'instrument. C'est la méthode aveugle, difficile à réussir à coup sûr et dont le succès est trop souvent affaire de hasard ; mais c'est évidemment celle qui fait le moins de traumatisme et le moins de dégâts dans les parties avoisinantes du cerveau. C'est celle qu'ont employée sous des formes diverses, Veyssière, Probst, Sellier et Verger.
2° Faire lexérèse d'une partie du thalamus, en pénétrant dans le troisième ventricule, à travers le corps calleux et le trigone. C'est la méthode sanglante, qui, en permettant d'opérer au grand jour et de suivre au cours de l'opération exactement ce qu'on fait, a, par contre, le gros inconvénient de faire des dégâts considérables et d'occasionner des hémorragies abondantes. Celles-ci, jointes au traumatisme et à la malaxation forcée du cerveau dans l'écartementdes hémisphères, provoquent l'apparition desphéno-
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mènes d'irritation cérébrale chez les animaux et sont très souvent la cause de mort prématurée.
Pour pouvoir apprécier les avantages et les inconvénients respectifs de ces deux méthodes, il fallait les mettre toutes deux à contribution. C'est ce que nous avons fait. La deuxième, la méthode sanglante, ne nous a donné que des insuccès Nous rapporterons brièvement les expériences que nous avons faites par cette méthode.
La première, la méthode aveugle, nous a permis de conserver des animaux assez longtemps pour nous permettre de les étudier avec soin et de tirer de ces résultats expérimentaux, des conclusions intéressantes, relatives aux fonctions et aux connexions des couches optiques. Nous y insisterons donc plus longuement.
§ 1. — llétliocle sanglaaite.
Encouragé par les récentes tentatives de Lo Monaco, après de nombreuses opérations faites sur des cadavres d'animaux, nous avons procédé par ce moyen à des extirpations partielles de la couche optique chez 6 chiens, un chat et un singe,
Manuel opératoire. — Voici comment nous opérons. L'animal une fois anesthésié, on fait une incision cutanée, soit longitudinale, parallèle à la suture sagittale du crâne, soit de préférence une incision en demi-cercle, pour faire ainsi un volet cutané à insertion postérieure, qui donne plus de jour. Après section à leurs insertions et écartement à la rugine des muscles temporaux, on fait, avec le trépan de Doyen, un cercle de couronne de trépan de 7 orifices, qu'on réunit ensuite au moyen de la scie de Gigly, de façon a obtenir un volet osseux à charnière postérieure. En un mot, c'est la méthode du volet de Doyen, légèrement modifiée. On a découvert une surface cérébrale de 3 à 4 centimètres de côté, suffisante pour Técartement des hémisphères. Après avoir sectionné la dure-mère de chaque côté du sinus longitudinal supérieur et parallèlement à lui, on coupe celui-ci entre deux ligatures ainsi que la faux du cerveau et le sinus longitudinal inférieur. On introduit alors deux écarteurs malléables entre les hémisphères
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qu'on sépare ainsi l'un de l'autre, peu à peu, en s'enfonçant de plus en plus, jusqu'à ce qu'on arrive sur la face supérieure du corps calleux. Une fois celui-ci sectionné longitudinalement au bistouri, on tombe dans la cavité ventriculaire ; il suffît alors d'aller chercher avec la curette la couche optique, dont on enlève une plus ou moins grande partie. Nous avons omis au cours de cet exposé du manuel opératoire, de parler des hémorragies abondantes provoquées par la section ou la rupture des nombreux vaisseaux pie-mériens, que l'on ne peut éviter au cours de l'intervention, et qu'il est impossible de saisir entre les mors d'une pince. Aussi faut-il continuellement tamponner et comprimer au cours de l'opération et profiter, pour avancer, des quelques secondes pendant lesquelles le champ opératoire est dépourvu de sang. Ajoutons enfin, qu'après l'ouverture du ventricule, le liquide céphalorachidien vient encore gêner la vue en se mélangeant au sang.
Tout cela u'est pas fait pour faciliter les temps de cette opération,qui est fort longue et qui nous a toujours demandé de 1 h. 1/2 à 2 heures.
Une fois l'excision d'un fragment de couche optique pratiquée, on suture, s'il est possible, la dure-mère, mais souvent l'œdème et le gonflement cérébral empêchent de rapprocher les lèvres de la section, puis on rabat le volet osseux et on fixe par dessus par des points de suture, les plans musculo-aponévrotiques et cutanés.
Daus nos premières interventions, nous ne faisions pas de volet osseux ; mais nous enlevions à la pince-gouge la partie nécessaire de la voûte crânienne. Par ce procédé nous avons eu souvent dans la suite, des hernies du cerveau àtravers l'orifice osseux, c'est pourquoi la pratique du volet nous a paru préférable.
Voici, d'une façon résumée, le compte rendu de nos expériences :
Exp. 1. — 21 juin 1904. — Chien, fox terrier, 8 kil. Anesthésie au chloralose. Exérèse d'un fragment de la couche optique gauche. L'opération est commencée à 2 heures et terminée à 3 h. 1/2. A 5 heures, l'animal dort encore. On le replace dans sa cage.
28-9 heures. — L'animal est couché sur le flanc, il gémit et se plaint Roussy .5
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beaucoup, il frissonne ; il ne réagit pas à la piqûre ni d'un côté, ni de Taiitre. A 2 heures, on le place sur le flanc, il fait des mouvements de galop dans l'espace. Excitation cérébrale.