‹ La couche optique (étude anatomique, physiologiqueChapitre 9 sur 43 · CHOIX DE L'ANIMAL · texte numérisé non relu

CHOIX DE L'ANIMAL

Nous avons expérimenté sur des animaux divers, en cherchant à nous adresser aux mammifères les plus élevés dans la série animale et dont le cerveau se rapproche le plus possible de celui de l'homme. C'est pourquoi, après avoir opéré un certain nombre de chiens et de chats, nous avons eu recours aux singes (macaques).Ce dernier animal malheureusement, supporte difficilement les interventions sur le cerveau et on a de la peine, dans nos pays, à le conserver en bonne santé, surtout en hiver, malgré les soins les plus minutieux. Ce qui fait que sur 8 singes que nous avons eus en expérience, nous n'avons pu en utiliser qu'un fort petit nombre. Un seul, en effet, nous a donné des résultats satisfaisants. Un deuxième survécut le temps nécessaire, mais la lésion dans ce cas n'atteint qu'une trop petite partie de la couche optique pour qu'il nous soit possible de l'utiliser dans cette étude.

Un point sur lequel nous voulons insister — et qui n'est pas sans avoir son importance dans la question du choix des animaux — est le suivant : il est tout à fait nécessaire d'utiliser des animaux dociles, apprivoisés, et se laissant facilement examiner après les expériences. Il faut donc que l'animal connaisse bien l'opérateur, que celui-ci ait cherché auparavant à acquérir sa confiance, afin que plus tard, lorsqu'il s'agira d'apprécier l'état de la sensibilité, de la motilité ou le degré de l'hémianopsie, on ait affaire à des animaux dociles et ne cherchant pas, dès le premier examen, à se sauver ou à mordre. Ceci est facile avec le chien dont il est aisé d'apprécier le caractère au bout de quelques jours, plus difficile avec le chat et surtout avec le singe, dont quelquesuns demandent de longs mois pour être apprivoisés. Cette particularité nous rendit tout à fait impossible l'examen de l'état

de la sensibilité d'un de nos singes et nous força à ne pas utiliser ce cas.

Il est enfin une dernière précaution à prendre, celle d'examiner au préalable la sensibilité de l'animal qu'on va soumettre à une expérience, afin d'apprécier les modes de réaction aux diverses impressions périphériques de cet animal, réactions qui non seulement varient avec chaque espèce, mais même avec chaque individu. On évitera ainsi de commettre, dans la suite, des erreurs d'interprétation, d'autant plus importantes qu'il s'agit d'apprécier les modifications du degré des perceptions sensitives, ce qui est loin d'être facile chez l'animal.

En résumé, des trois sortes d'animaux que nous avons successivement et simultanément employées dans nos expériences, toutes trois nous paraissent présenter des avantages et des inconvénients.

Le chien jeune, de 2 à 3 ans, est un bon sujet d'étude ; docile et résistant, il se prête facilement à l'observation minutieuse ; mais sa sensibilité cutanée superficielle et profonde est difficile à étudier et on ne peut tabler chez lui que sur des signes et des modifications grossiers.

Le chat a une sensibilité des téguments et des poils plus exquise et se prête plus particulièrement aux appréciations de la notion de position des membres (sens musculaire). Cet animal, par contre, est moins maniable et nécessite plus de précautions de la part de l'expérimentateur ; il est aussi moins résistant.

Le singe enfin, serait l'animal de choix par excellence — grâce à son développement cérébral plus complet — s'il n'était malheureusement si peu résistant aux infections etauxtraumatismes, et s'il n'était enfin si difficile à acclimater dans nos laboratoires.

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