‹ La couche optique (étude anatomique, physiologiqueChapitre 23 sur 43 · SUJETS D'ETUDE · texte numérisé non relu

SUJETS D'ETUDE

Avant de faire la description du syndrome thalaniique, il est indispensable, nous semble-t-il, d'établir quelles sont à notre avis les lésions en foyer utilisables parla méthode anatomo-clinique, pour l'étude physiologique et pathologique des localisations cérébrales.

Nous éliminons tout d'abord, les cas de tumeurs qui sont de mauvais sujets d'étude. Tantôt en effet, les néoplasies apparaissent lentement et progressivement ; elles refoulent alors et déplacent autant qu'elles détruisent les éléments nerveux, en per^ mettant l'apparition de phénomènes de suppléance et d'adaptation des éléments nobles, qui obéissent ainsi aux lois de la pathologie générale ; fréquents sont en effet les cas dans lesquels le diagnostic d'une tumeur des noyaux gris centraux n'est fait que sur la table d'autopsie. Tantôt les tumeurs peuvent déterminer, parleur développement plus ou moins considérable, soit des symptômes d'ischémie ou d'excitation à distance par hydrocéphalie, soit des accidents d'auto-intoxication, soit enfin d'autres phénomènes dus à des processus mal élucidés ; toutes causes qui viennent troubler le tableau symptomatique et ne permettent pas par conséquent, de rapporter les faits à leur véritable origine. C'est sans doute pour n'avoir pas assez tenu compte de ces faits, que nombre d'auteurs n'ont réussi jusqu'ici, qu'à embrouiller la question des localisations cérébrales, en attachant trop d'importance aux lésions en foyer néoplasic{ues.

Nous éliminons en second lieu, les cas d'hémorragies récentes et abondantes du thalamus, ne permettant qu'une survie de quelques heures à quelques jours, et dans lesquels il est impossible de faire une étude complète des symptômes présentés par les

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malades. Ceux-ci en effet sont, à la suite de l'ictus, plongés dans le coma ou le demi-coma et, si Ton peut observer chez un apoplectique les symptômes tels que l'hémiplégie, la déviation conjuguée de la tête et des yeux, l'hémianopsie quelquefois, il est beaucoup plus difficile d'apprécier chez lui l'état de la sensibilité superficielle, puisqu'on ne peut employer dans ce cas que des procédés de recherche élémentaires. Il est enfin tout à fait impossible, de rechercher l'état de la sensibilité profonde et les sensations subjectives On comprend en effet qu'un cerveau, dans lequel vient de se produire brutalement une lésion en foyer, soit dans un état d'ébranlement, de bouleversement général de tous ses éléments, et qu'il ne se trouve pas dans les conditions de fonctionnement physiologique normal ; vouloir en pareil cas chercher à faire la part des signes relevant de tel organe plutôt que de tel autre, et conclure de là à la fonction physiologique de l'un d'eux, serait une erreur grossière d'observation qu'on ne saurait trop éviter. Un bon nombre de symptômes de localisation cérébrale n'ontils pas autant de valeur par leur durée et leur évolution que par leur intensité ou leur qualité ? — Certainement, et c'est le cas, comme nous le verrons, pour les lésions thalamiques. On ne peut donc pas parler d'hémianesthésie persistante, d'hémiplégie régressive chez un malade qui survit tout au plus 15 jours à son attaque.

Il ne nous reste, en lin de compte, pour servir à notre étude que les lésions anciennes, cicatricielles de foyers hémorragiques ou mieux encore de ramollissement ; elles sont rares, il est vrai, et c'est là la cause de la difficulté du sujet, puisque, comme nous l'avons déjà dit, les hémorragies de la couche optique sont des lésions qui tuent ordinairement. Exceptionnelles sont celles qui se cantonnent en un petit territoire et laissent assez longtemps survivre les malades pour qu'on puisse attribuer aux symptômes toute leur importance. Et encore faut-il que la lésion soit d'une certaine étendue. C'est pourquoi les petits foyers des couches optiques sont si souvent latents, et si fréquemment de simples trouvailles d'autopsie. Nous voulons parler des lacunes de désin-

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tégration cérébrale étudiées par notre maître Pierre Marie (1), par Ferrand (2) et par Catola (3) et dont ces auteurs ont bien mis en valeur toute l'importance dans la symptomatologie de l'hémiplégie des vieillards.

Ces lacunes ne peuvent pas servir à l'étude de la question du syndrome thalamique ; leur faible dimension, leur multiplicité, leur localisation dans plusieurs des noyaux gris à la fois, sont autant de causes d'erreurs et de difficultés jusqu'ici impossibles à surmonter. Mais nous voulons croire que le jour viendra, où, connaissant mieux la physiologie pathologique des noyaux gris centraux, on saura faire la part des symptômes relevant de chacun d'eux et en particulier de la couche optique, dans les cas de lésions multiples lacunaires que nous considérons aujourd'hui comme latentes parce que nous ne savons pas les différencier des autres symptômes présentés par les lacunaires.

(1) P. Marie, Des foyers lacunaires de désintégration, etc.. Revue de médecine, T. XXI, avril 1901.

(2j J. Ferrand, Essai sur l' hémiplégie des vieillards. Thèse Paris, 1902.

(3) G. Catola, Etude clinique et anatomo-pathologique sur les lacunes, etc.. Revue de médecine, T. XXIV, octobre 1904.

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