‹ La couleur. Choix de textes précédés d'une étudeChapitre 19 sur 45 · PROPRIÉTÉS DE CERTAINES COULEURS · texte numérisé non relu

PROPRIÉTÉS DE CERTAINES COULEURS

Une lumière chaude provoque une ombre froide; une lumière froide provoque une ombre chaude .

Du Dessin et de la Couleur (Fasquelle, édit.).

Raphaël R/lengs (1728-1779).

Le jaune est une couleur claire par sa nature. Il s’ensuit de là qu'il faut l'employer partout où l'on veut que la lumière soit brillante .

Le rouge est la couleur la plus vive, mais, en même tems, la moins fine, parce qu’il n’a, par sa nature, aucun rapport, ni avec la lumière, ni avec l’obscurité ; cependant il est propre à l'une et à l’autre, en perdant sa pureté, ainsi que je l'ai observé plus haut. Il faut l’employer là où l'on veut mettre les parties les plus brillantes, les plus saillantes; vu que sa nature ne permet pas de le placer beaucoup en arrière, sans le mêler avec l'orangé et le violet. Lorsqu'on voudra s'en servir dans la partie éclairée du tableau, on pourra le faire sans le rompre avec du blanc, sinon il sera toujours mat, cru et sali.

Le bleu est, par sa nature même, une couleur obscure ; il faut par conséquent s’en servir dans les parties sombres du tableau ; et l'on aura soin alors de ne pas le rompre avec du blanc, lequel produit toujours une teinte aérienne, qui, au lieu de le faire sortir, en détruiroit l'effet, en lui faisant perdre sa force et sa qualité.

L'orangé peut, par les mêmes raisons, être employé sur les parties éclairées et saillantes.

Le vert est la plus douce de toutes lëà couleurs, à cause qu'il est composé d'une couleur claire et d’une couleur sombre; ce qui fait qu’il forme une demi-teinte fort agréable.

Leçons pratiques de Peinture .

P.-H. Valenciennes (4750-1819).

Le noir absorbe toute la lumière; par conséquent, plus il y aura de noir dans une couleur quelconque, plus il ôtera à cette couleur la faculté de paraître lumineuse.

Le blanc, que Ton croirait devoir produire un effet tout contraire, en produit cependant un très analogue au premier ; car quoique, par sa nature, il soit le plus propre à réfléchir les rayons lumineux, néanmoins, comme de toutes les couleurs, c'est la plus opaque, plus elle dominera dans une teinte, plus elle altérera l'intensité de la couleur et la ternira, en lui transmettant son opacité.

Ainsi l’on conçoit que toutes les couleurs impures que nous voyons sur la surface de presque tous les objets terrestres, ne doivent leur altération qu'à la présence du noir et du blanc.

Élémens de perspective pratique.

Pour mettre V exemple à côté de la théorie , et, en quelque sorte , illustrer celle-ci, nous demanderons à des peintres tels que Gérard de Lairesse, Delacroix et Fromentin, de nous révéler quelques-uns des secrets des maîtres, et de nous dire comment ils ont obtenu leurs effets les plus émouvants. « Les maîtres commentés parles ma Ares », tel pourrait être le titre de ce chapitre .

Gérard de Lairesse (I64i-i7ii).

Il faut se rappeler que les objets peints en petit ne peuvent pas être pris pour la vérité ni même pour l'apparence de la

vérité ; car il est certain que les tableaux qui représentent ainsi les objets ne doivent être considérés que comme la nature elle-même vue dans l'éloignement, au travers d’une porte ou d’une fenêtre, soit au dedans, soit au dehors d’une fabrique, de sorte qu’il faut qu’ils soient peints de manière qu’étant pendus contre le mur, ils ne paraissent pas un panneau ou une toile peinte ; mais qu’ils ressemblent véritablement à une fenêtre au travers de laquelle on aperçoit réellement la nature, ce qui ne peut pas s’obtenir par la force des ombres chaudes ni par des couleurs brillantes, mais par des couleurs douces et faibles, rompues par l’interposition de l’air ambiant suivant qu’il est plus serein ou plus chargé de vapeurs.

Cité par Ch. Blanc. Hist . des Peintres.

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