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LA SUPERPOSITION DES COULEURS

gent de teintes par l'effet de l'air extérieur, lorsqu’elles ne sont pas mêlées avec des terres.

2° On ne doit pas glacer avec des teintes dans lesquelles il entre du blanc; car l’objet seroit de diminuer une teinte trop brune et ee but ne seroit pas rempli. Au bout de quelques tems, les parties de blanc mêlées avec les huiles et les autres couleurs acquièrent de l'épaisseur, et perdent le peu de transparence qu'elles avoient quand on les a posées. Le brun en dessous disparoît, le tableau prend un ton blafard, et devient monotone et plat. Carie Yanloo, dans ses derniers ouvrages, glaçoit avec toutes couleurs, content de l'effet brillant qu'elles faisoient en sortant de ses mains. Cette méthode mal entendue a causé l’étrange changement qui s'est opéré en peu d’années dans le coloris de ses tableaux...

3° Il est aussi des terres, telles que les ocres, qui glacent difficilement et, sans transparence...

4° Les meilleurs glacis se font avec des couleurs légères faites de sucs, de résine, etc., telles que les carmins, les laques, les stils de grains, et surtout l'asphalte et mieux encore la mnmia composée de résines...

5° Les glacis de stils de grains, laques, bleu de Prusse, etc., noircissent par la nature des couleurs dont ils sont formés...

...Concluons par dire que l’usage des glacis ne peut guère avoir un succès solide, que lorsque le peintre l'employe dès la première couche : manière qui caractérise ceux de Rubens et de son école.

Dictionnaire des arts de peinture , 1792.

F.-X. de Burtin.

Ce n'est pas sans raison que les vrais connaisseurs font tant de cas de la transparence dans les tableaux, car elle en aug-

mente le bien rendu par un charme inexprimable, qui séduit même les plus ignorans ! Tout l’artifice en consiste dans les glacis toujours assez transparens pour laisser paroître, plus ou moins selon le besoin, les formes et les couleurs subjacentes d'où seul peut naître une conformité parfaite de la nature.

La transparence n'est pas bornée aux ombres et aux demiteintes, qui ne peuvent s'en passer; mais l’artiste habile sait en tirer également parti pour les draperies, les arbres et la plupart des objets qui entrent dans sa composition, rompant ainsi la crudité des couleurs, et donnant de la chaleur à celles qui sont trop froides.

Le grand Rubens et ses disciples ont excellé dans cette partie.

Traité des connaissances nécessaires aux amateurs de tableaux , 1808.

Eug. Delacroix (1799-1803).

Couleur du panneau. — Ce qui donne tant de finesse et d’éclat à la peinture sur papier blanc, c’est sans doute cette transparence qui tient à la nature essentiellement blanche du papier... L'éclat des Yan Eyck et ensuite de Rubens tient beaucoup sans doute au blanc de leurs panneaux.

Il est probable que les premiers Vénitiens peignirent sur des fonds très blancs ; leurs chairs brunes ne semblent que de simples glacis laqueux sur un fond qui transparaît toujours. Ainsi, non seulement les chairs, mais les fonds, les terrains, les arbres sont glacés sur fond blanc, dans les premiers flamands, par exemple...

Journal (Plon, éditeur).

J. -G. Vibert (i 840-1903).

Superposition des couleurs. — Quand on ajoute aux couleurs matérielles opaques un liquide transparent, comme du vernis,

COMPOSITION DE LA PALETTE

ou qu'on les emploie en couches minces, on les rend transit cides...

Frottées sur des tons sombres, elles se rapprochent du bleu et deviennent plus froides. Frottées sur des tons clairs, elles se rapprochent de l’orangé et deviennent plus chaudes.

La science de la Peinture (Oliendorff, éditeur).

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