XIX. — COMPOSITION DE LA PALETTE
Une palette sobrement composée est , en général , la meilleure. De plus , il va de soi qu'il faut en exclure soigneusement toutes les couleurs signalées plus haut comme dangereuses. Nous croyons satisfaire la curiosité de nos lecteurs en réunissant ici les palettes de quelques-uns des maîtres les plus illustres. Ce sont là des exemples qu'il est intéressant de connaître et d'étudier ; ils complètent ce que nous avons dit sur l'histoire des couleurs. Mais on aurait tort d'en espérer un profit plus immédiat. Noire vision a évolué ; nos connaissances chimiques se sont perfectionnées. Nous devons nous faire à nous-même notre instrument en tenant compte de cette évolution et de ces découvertes. Les palettes d'Ingres et de Géricaultne suffiraient pas plus aux exigences nouvelles, que l'on ne pourrait réaliser les riches orchestrations de la musique moderne , avec les clavecins et les basses de viole dont on accompagnait une partition de Rameau ou de Lulli.
D. Diderot (1713-1784).
Santerre1, dont le coloris était tendre et vrai, n’employait