‹ La coupe du roi de Thulé opéra en trois actes et quatre tableaux de Louis Gallet & Edouard BlauChapitre 16 sur 31 · CLARIBEL, UNE SIRÈNE · texte numérisé non relu

CLARIBEL, UNE SIRÈNE

LA SIRÈNE

Reine, vous soupirez? Depuis longtemps une ombre A couvert votre front charmant.

CLARIBEL

Un rêve est dans mon cœur, à la fois doux et sombre. Je souffre et bénis mon tourment.

LA SIRÈNE

L’ennui qui vous oppresse.

Pourquoi ne nas l’avouer sans détour?

CLARIBFL.

Oui! tu m'as devinée, et ce mal... c’est l’amour. LA SIRÈNE.

Eh bien ! vous êtes reine et vous êtes déesse !

Quel roi, quel dieu ne vous aimerait pas ?

CLARIBEL

Un prince I un dieu ! sais-tu comme il se nomme? C’est un pauvre pêcheur, un hopime 1 Et pourtant, c’est en vain que je lui tends les bras.

Oui, c’est vrai, je suis reine;

On m'adore en tremblant;

Le flot soumis se traîne Pour baiser mon pied blanc.

Mais cet homme que j’aime Passa, jusqu’à ce jour.

Sans voir le diadème Que j’offre à son amour.

Oui, je suis immortelle,

Et toujours, sur mon front, '

En écartant leur aile.

Les siècles passeront.

Mais cet homme que j’aime Doit mourir quelque jour Sans qu’un -regard suprême Réponde à mon amour.

LA SIRÈNE, regardant Claribel.

Elle pleuré 1

(A ses compagnes qui reviennent toutes ensemble.) Pourquoi revenir avant l’heure?

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