ET SES COMEDIES XV
égrillard, est cependant rendu très présentable à la scène dans la jolie et fine comédie de La Fontaine et Champmeslé. Il leur eût été facile de développer davantage le personnage de l'innocent Lélie , qui tourne un peu trop court, mais ils risquaient de prolonger une situation très délicate, qui n'était, en somme, acceptable que traitée fort légèrement. La réussite de la Coupe enchantée a été très grande. Elle a eu tout d'abord vingttrois représentations de suite, et elle est toujours demeurée au répertoire dans le dernier siècle. On l'a reprise aussi plusieurs fois dans le nôtre, soit à la Comédie-Française, soit à l'Odéon.
Nous n'avons aucune donnée sur la distribution originaire de la pièce. Le grand registre de la
au XVI0 siècle, et rajeunie par Caylus ( les Manteaux, 1779), a été introduite par Legrand d'Aussy dans son recueil. L'on connaît la version en moyen haut allemand, Der Mantel, et les ballades anglaises The Boy and the Mantle, qui ont le même sujet; tout dernièrement MM. G. Cederschioeld et F. -A. Wulff ont publié, dans les Acta Uiwersitatis Lundensis (XIII, 1S76-1877, 2e série), la Mottuls Saga et les Skikkju Rimur , versions nordiques du fabliau français. Dans les imitations nombreuses de ce conte, ce n'est pas toujours un manteau qui sert à l'épreuve : dans Perceforest (4e partie), c'est une rose; dans une nouvelle de Bandello, un miroir; c'est enfin un cornet à boire (comme dans la version primitive) dans le Tristan en prose et dans Percevat, d'où l'Arioste a tiré son épisode de la Coupe enchantée, imité ensuite par La Fontaine. »