SCÈNE XVII
JOSSEI.IN.
Voilà un différend qu'il est assez facile d'accommoder. Ces Messieurs se disent les choses de si bonne foi, qu'on ne peut s'empêcher de les croire; mais, pour savoir lequel des deux s'est fait le plus aimer de sa femme par se^ manières, votre coupe enchantée sera d'un secours merveilleux, et je suis sûr qu'elle les mettra d'accord; je vais vous l'apporter. Anselme.
Allez, Monsieur Josselin î cela finira la dispute.
(Josselin sort.)
M. Griffon.
Cet homme nous a fait récit dé cette coupe, et je serai rabi dé connoître par elle lequel est lé fat dé nous dux, je suis sûr que ce n'est pas moi.
M. Tobie.
Nous en allons voir tout à l'heure un bien penaud ! Je sais bien qui ce ne sera pas. Anselme, voyant revenir Josselin.
Voici la coupe.
(Josselin verse du vin dans la coupe.)
M. Tobïç.
Donnez, donnez. Je serois fâché de n'en |>as faire essai le premier, pour vous montrer combien je suis -ûr de mon fait.
Comme il approche la coupe de sa bouche, elle
répand, et le vin lui rejaillit au visage , ce qui
fait beaucoup rire M. Griffon.)
Josselin.
Ah! ah!
M. Tobie, fort surpris.
Que vois-je ? le vin est répandu, je pense?
Oh! par ma foi! le petit papa, le petit fanfan, le petit camuseï, en tient.
M. Griffon.
Eh! donc, qui dé nous dux est le fat, hein: Cadédis, mon veau-frère, bous mé ferez raison dé la conduite dé ma sur.
M. Tobie.
Voilà une méchante créature! je ne l'aurois jamais cru.
Josselin.
Quand elle viendra vous étouffer de caresses, je vous conseille de l'étrangler par bonne amitié.