‹ La coupe enchantéeChapitre 51 sur 61 · SCENE XVII D · texte numérisé non relu

SCENE XVII D

M. Tobie.

C'est chez vous qu'elle a sucé ce mauvais lait-là.

M. Griffon.

Oui, oui, cadédis ! l'absynthé n'est pas plus amère que lé lait que je lur fais sucer... Bersez, bersez, veau Ganymède... Bous allez boir, veau-frère... A la santé de la compagnie. (Il veut boire, et la coupe lui fait sauter le vin au nez.) Josselin.

Haïe ! haïe ! haïe !

M. Griffon.

Ouais! c'est que je né la tiens pas droite. (// essaye encore, et elle répand.) Josselin.

Prenez donc garde.

Anselme.

Voyez, voyez.

[Tout se répand.) M. Griffon.

La main mé tremble.

Oh! Ton approche votre domaine de plus près que de la banlieue.

M. Tobie.

Je savois que ce n'ctoit pas ma faute. Je n'ai garde de donner ma fille à votre fils : il n'en feroit qu'une vraie rien qui vaille.

Perrette.

Madame, à quelque chose le malheur est bon.

M. Griffon.

Ma foi! je n'y comprends plus rien. Monsur est von, l'on lé trahit ; je suis rigide, et l'on mé trompe. Sandis, comment faut-il donc faire abec ces diantres d'animaux-là ?

Thibaut.

Morgue, ça est embarrassant.

M. Griffon.

On s'en mordra les doigts. Sans adiu.

(Il sort.)

Page 1