‹ La coupe enchantéeChapitre 53 sur 61 · SCENE XVIII bî · texte numérisé non relu

SCENE XVIII bî

Thibaut.

Jarnigué! je ne sais pas si je fais bian; mais je sais bian que je serois fâché de faire autrement. J'aime Parrette : aile est ma femme ; et quand aile seroit la femme d'un autre, aile ne me plairoit pas davantage. Je ne sais si je lui plais sincèrement : aile en fait le semblant, du moins : je ne rentre de fois chez moi, que je ne la retrouve tin telle que je l'ai laissée; il n'y a pas un iota à dire. Aile aime à batifoler ; je suis d'humeur batifolante : je batifolons sans cesse; et si je m'allois mettre dans la çarvelle tous vos engeingreigniaux, adieu le batifolage. Non, palsanguoi! je n'en ferai rian.

Josselin.

Voilà comme je veux être, si je me marie ; mais je ne me marierai pas.

Perrette.

Madame, je suis si aise que je ne saurois plus m'en tenir. Il faut que j'aille embrasser notre homme. (Elle se retire de la fenêtre.) Lucinde.

Attends, Perrette; que vas-tu faire?

Voilà la perle des maris.. Ami, touche là.

Thibaut.

Votre valet.

M. Tobie.

Voilà l'exemple des honnêtes gens... Embrasse-moi.

Thibaut.

Votre sarviteur.

Anselme.

Voila le miroir de la vie paisible.

Thibaut.

Votre très-humble.

Perrette, à son mari, en lui frappant sur VèpauU.

Voilà un vrai homme h femme. Oh ! que je te baiserai tantôt !

Thibaut.

Eh! testigué ! c^st Parrette.

Anselme, surpris.

Que vois-je? des femmes!

Thibaut.

Je n'ai, morgue! pas voulu boire dans la coupe : elle eût peut-être dit quelque chose qui nVauroit chagriné.

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