ANSELME, M. TOBIE, THIBAUT
JOSSELIN, LUC1NDE
et PERRETTE a la fenêtre.
Anselme.
Jusqu'au revoir.
Vous plaît-il boire encore un coup? (A Thibaut.) Oh çà, à vous le dez, pays! (Il lui présente la coupe pleine de vin.) Thibaut.
A moi ?
Lucinde, à Perrette.
Perrette, ton mari va boire.
Perrette.
A quoi s'amuse-t-il ! Ce n'est pas que je craigne rien; mais le cœur me tape.
Josselin.
A cause que vous êtes un bon frère, en voilà rasade : buvez.
Thibaut.
Parsangué ! je n'ai pas soif.
JOSSEI.IN.
Il ne s'agit pas d'avoir soif, et c^st seulement par curiosité et pour savoir si vous êtes aimé de votre femme : buvez.
Thibaut.
Non, morgue ! je ne boirai point. Et si le vin alloit se répandre, par hasard? Testigué ! voyez-vous, je suis maladroit de ma nature. Quand je saurois ça, en serois-je plus gras? en aurois-je la jambe plus droite? en dormirois-je plus que des deux yeux? en mangerois-je autrement que par la bouche? Non, pargué! C'est pourquoi, frère, je suis votre serviteur, je ne boirai point.
Lucinde, à Perrctte.
Je ne cioyois pas que votre homme fût si avisé.
JOSSELIN
Voilà un rustre d'assez bon sens.
Anselme.
C'est ce qui me semble, et je suis quasi fâché de n'avoir pas été de son humeur. M. Tobie.
Oh, pardi! mon fermier, vous avez plus d'esprit que votre maître; je vous le cède.