‹ La coupeChapitre 67 sur 82 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

ANGELO, seul.

Ces hommes vont m'admirer parce que je suis pire que Lupo ! Cette pensée me donne froid ! . . . Je ne sais si c'est un hommage, ou un affront... Où est donc Délia? La nuit est-elle devenue si obscure ou ma vue est-elle voilée de sang? Malheureuse courtisane ! je t'aimais, il y a une heure. Je buvais la vie sur ton sein vénal, j'oubliais tout, j'étais ivre... Quel réveil! Est-elie donc?... Oui, froide déjà! Cetle plaie est horrible... Son regard fixe m'éblouit et me brûle comme une flamme... Allons, je suis fou ! Sun œil est terne et reflète comme une vitre brisée le pâle rayon de la lune. Cachons ce cadavre ; j'espérais que Lupo souillerait

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sa main de ce meurtre, en trouvant sa concubine dans mes bras; mais il ne tue pas les femmes, lui! Tous les forfaits que je veux lui faire commettre seront-ils donc fatalement commis par moi?

(Il cache le cadavre dans les buissons.) AllûllS, repose dailS

les épines, fille de joie! voilà une triste fin pour une si pompeuse existence ! C'est pour ton malheur que tu m'as rencontré ! Adieu ton bain parfumé et ta couche de satin, que tu regrettais de quitter pour trois jours! A présent tu dormiras dans les aloës acérés, sur les cailloux tranchants.

[Il rit et sanglote.)

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