‹ La coupeChapitre 68 sur 82 · A M. E LO · texte numérisé non relu

A M. E LO

Vous prétendez encore commander ? La montagne ne vous appartient plus. C'est moi maintenant qui règne sur le désert. . .

LUPO I.IVKKAM 205

LTJPO.

Votre raison est troublée; mais je n'oublie pas que vous m'avez rendu service; je vous prie de vous retirer.

Tu veux tuer quelqu'un ici?. . .

LUPO

Peut-être.

ANGELO

Tu n'as plus le droit. . .

lup-o.

J'ai le droit de vider partout mes querelles particulières. J'attends ici un ennemi.

ANGELO

Je veux t' aider encore.

LUPO

Je ne veux pas de témoin.

ANGELO

Je veux être le tien.

LUPÔj surpris, s'uvançaut sur lui d'un air de menace.

Pourquoi?

ANGELO

Parce que mon sort est lié au tien sur la terre.

206 LUPO LIVERAXI

Je veux faire tout le mal que tu feras et te suivre au delà de la vie.

Vous parlez sans raison, je ne suis pas un exemple à suivre !

ANGELO

Mais vous croyez que vous irez au ciel, vous?

LUPO

Je ne me demande pas où j'irai , je n'en puis rien savoir ; mais c'est assez de vaines paroles ; va -t'en.

ANGELO

Un seul mot, voyons! Tu pourrais me sauver, peut-être !

LUPO

Comment '(

ANGELO

Si je te voyais faire le bien, je comprendrais l'arrêt céleste, je rentrerais dans la bonne voie, je retrouverais l'espérance; mais tu restes dans le mal, et tu es béni quand même. . .

LUPO

Béni, moi !

LUPO LIVRRAM 207

àNGELO.

N'as-tu pas vu la madone te présenter le Bambino et l'archange de la tapisserie étendre sur toi son bouclier?

Ami, si tu plaisantes, sache que je ne suis pas en train de rire . . .

A.XGELO.

Je parle sérieusement.

LUPO

Tu me présentes des symboles? Tu veux subtiliser avec moi? C'est peine perdue, va ! Je suis celui qui ne réfléchit pas, qui obéit au vent qui souffle, et qui n'a jamais approfondi le bien et le mal.

ANGELO

Pourtant, quand tu blasphèmes...

LUPO

Je ne blasphème pas. Si je dis de mauvaises paroles, cela ne fait pas sécher une herbe sur la terre ni pâlir une étoile au ciel... — Mais je t'ai assez répondu, et tu m'ennuies ; il faut...

208 LUPO LTVERANI

ANGELO

Tu es semblable à la brute. Le raisonnement ne te dit rien, tu es impatient de tremper tes mains dans le sang !

Assez, te dis-je. Tes paroles me fatiguent et me dérangent, il faut que je sois tout à l'heure sans pitié, et tu me rappelles qu'il m'en eoûte à présent d'être cruel...

AMIELO.

Il t'en coûte ! Tu connais donc ce qui est mal?

Qu'importe? Le meurtre enivre, on le commet dans la fièvre, et, après, il semble qu'on l'ait rêvé.

ANGELO

J'ai souvent rêvé le mal sans le faire. Dieu vivant ! ne suis-je pas le moins coupable ?

LUPO

Je n'en sais rien. Si tu rêvais le mal, c'est que tu l'aimais.

ANGELO

Me feras-tu croire qu'en le commettant tu le détestes ?

LUPO

Laisse-moi. J'appartiens au tumulte de mes pensées ! Si-, comme toi, j'avais vécu clans la science du bien, je ne sciais pas tombé dans les ténèbres du doute...

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